‹ MammifèresChapitre 55 sur 86 · FAUNE ÉLÉMENTAIRE FAMILLE DES FELIDÉS · texte numérisé non relu

FAUNE ÉLÉMENTAIRE FAMILLE DES FELIDÉS

Genre Chat

(Felis, L.)

Caractères. — Tête courte et arrondie, oreilles assez grandes, triangulaires, museau court et obtus; pattes longues fortes, digitigrades, à ongles aigus, recourbés et rétractiles; cinq doigts devant, quatre derrière; pupille allongée verticalement pendant le jour; queue variable, moyenne ou longue. Langue rude.

Formule dentaire : 1. &; CG. +; Pm. =; Carn. <=: M. =; = ;f; 30 dents.

La mâchoire est très courte, et c'est ce qui explique le petit nombre de dents dont elle est armée : la carnassière supérieure est très grande, et suivie d’une tuberculeuse petite et transversale; cette dent manque en bas, et la carnassière, qui se trouve la dernière, est formée de deux pointes ou ailes égales. Toutes les molaires (sauf la première prémolaire supérieure, rudimentaire et caduque), sont en forme de carnassière, ce qui indique un régime exclusivement carnivore. Les animaux de cette famille, en effet, ne font que déchirer la chairet l'avalent | sans la mâcher.

Deux espèces se trouvent en France à l’état sauvage, et chacune d’elles peut être considérée comme type d’un.

sous-genre différent : S.-G. Chat (Felis), et S.-G. Lynx (Lynchus).

Tableau des espèces du genre Chat (Felis).

a. Taile du renard; queue aussi longue que

la moitié du COTPS ; oreilles dépourvues

de pinceaux de poils à leur pointe

longueur du corps — 0m, 600, queue —

Om, À. ANRANERRE NUE Le CHAT SAUVAGE (Felis catus). b. Taille du loup; queue. plus longue que la

tête, mais moins longue que le quart du

corps : oreilles terminées par un pinceau

de poils ; longueur du Lits — Om, 830,

queue — 0m,200. . . . . .. . LE CHAT LYNX (Felis lynx).

Sous-genre Chat (Felis).

Le Chat sauvage.

(Felis catus, L.)

Caractères. — Pelage long et bien fourni d’un gris fauve en dessus, fauve clair en dessous, ondé de bandes noirâtres qui ont la disposition suivante : quatre bandes parallèles sur le sommet de la tête et sur le dessus du cou : elles sont suivies de deux bandes plus larges, en croissant à concavité externe, qui se terminent aux épaules; entre ces deux bandes nait une ligne noire qui occupe tout le milieu du dos jusqu'à la naissance de la queue, et d'où partent des bandes obliques et interrompues qui deviennent transversales sur les flancs, trois ou quatre bandes horizontales sur le haut des pattes; queue cylindrique égale et bien poilue dans toute son étendue, annelée de six à huit bandes noires et terminée de noir. Une tache d'un blanc jaunâtre sur la gorge. La

face est d'un gris roux avec quelques lignes noirâtres en. dehors des yeux; le dedans de l'oreille est d’un jaune blanchâtre. — La femelle est plus fauve, le mâle d’un gris brunâtre.

Longueur de la tête et du corps = 0 ", 600; queue = 0", 300; pied de derrière — 0 ", 128; hauteur au garrot = 0 *, 400.

La description précédente ne permet pas de confondre le chat sauvage avec les chats domestiques redevenus sauvages que l’on rencontre quelquefois dans les campagnes; ceux-ci ont toujours une taille bien inférieure, une tête moins grosse, des moutaches moins fournies, des pattes moins robustes; 1l n’ont pas le même système de coloration avec une tache blanchâtre sous la gorge, enfin leur queue va en s’amincissant vers le bout, tandis que celle du chat sauvage est égale dans toute son étendue et terminée par un fort bouquet de poils noirs. Cet animal atteint la taille du renard.

Le chat sauvage se rencontrait autrefois dans toute la France : aujourd'hui, il est devenu très rare et ne se montre plus que dans les grandes forêts et les régions montagneuses des Alpes, du Jura et des Pyrénées. On en signale encore de temps en temps dans les départements du centre et du midi, tels que Maine-et-Loire, Sarthe, Seine-et-Marne, Var, etc., etc.

Le chat sauvage vit isolé ou par paires dans les forêts ou il se nourrit de petits rongeurs et d'oiseaux. Il préfère les sites sauvages et montueux et établit sa retraite dans les anfractuosités des rochers, mais quelquefois aussi dans les terriers du blaireau, du renard ou même du Japin qu'il agrandit à sa commodité. Il est nocturne,

orimpe avec agilité sur les arbres, y passe des journées entières tapi sur une branche et y cherche un refuge, quand ilest poursuivi. Il chasse la nuit, mais comme il se fatigue vite à la course, il préfère attendre sa proie à l'affût, ou bien il va la surprendre pendant son sommeil. Lorsqu'il trouve le lièvre au gite il lui saute sur le dos et

Fig. 94, Chat sauvage (Felis catus), vu de face (1/6 de gr. nat.)

lui coupe avec les dents les carotides. Il ne poursuit jamais un animal qu'il a manqué du premier coup. Mais, d'habitude il se nourrit de proies plus faibles, d'oiseaux qu'il surprend sur la branche ou de souris dont on a trouvé jusqu’à vingt-six dans l'estomac d’un seul individu. En hiver, poussé par la faim, il se rapproche des villages et s'installe même dans les granges. Il fait courageusement

tête aux chiens, et lorsqu'il est blessé, peut devenir dangereux pour l'homme lui-même, car sa vigueur est extrème et ses griffes font de profondes blessures. | La femelle porte neuf semaines, et met bas en avril dans un creux d'arbre, une crevasse de rocher, un ter- : rier abandonné. Les petits, au nombre de cinq à six, naissent aveugles comme ceux de nos chats, dont ils ont toutes les allures. Pour les sevrer, la mère leur apporte des souris, des campagnols et des oiseaux. Bientôt, ils grimpent aux arbres et jouent entre eux au milieu des branches derrière lesquelles ils savent se dissimuler au moindre danger. |

Sous-genre Lynx (Lynchus, Rafinesque).

Le Chat Iynx.

(Felis Lynx, L.)

Synonymie. — Fes cervaria, Temminck; — Zoup cervier, des chasseurs et des fourreurs. | Caractères. — Pelage plus court en été qu'en hiver,

roussâtre avec de petites taches d'un roux brun semées par tout le corps; quatre ou cinq bandes ondées sur le front et sur les joues qui portent de iongs favoris d'un fauve clair; queue de la longueur du quart du corps, noire à la base, puis obscurément annulée de roux et terminée de noir. Le ventre, le dedans des jambes, le haut de la gorge, les lèvres, le tour des yeux et l’intérieur des oreilles sont blancs ; un gros pinceau de poils noirs à l'extrémité de celle-ci; la face est fauve clair. — Ces teintes sont assez variables suivant les individus.

Longueur du corps avec la tête — 0", 830; queue — 0,200: pied post. — 0",215; hauteur au garrot = 0,600. — On en a vu qui avaient plus de 1 mètre de long, non compris la queue.

Cette espèce se trouve encore dans quelques régions boisées des Alpes et du Jura, ainsi que dans les Pyrénées mais elle devient de jour en jour plus rare. Les départe-

Fig. 95. — Chat lynx (Felis lynx), 1/10 de gr. nat.

ments où on l'a signalée dans les temps modernes sont les suivants : les Hautes et les Basses-Alpes, l'Isère, la Drôme, le Jura, les Pyrénées-Orientales et les Hautes- Pyrénées. Une espèce de ce sous-genre est signalée en Corse, mais on ne sait encore si elle appartient à la même espèce ou bien au felis pardina, qui se trouve en Sardaigne et dans le sud de l’Europe, et qui diffère de celleei par sa taille plus petite et sa queue un peu plus longue.

Le lynx habite les forêts des montagnes dans les parages déserts et rocheux où il trouve facilement une retraite à son goût; il se loge dans une caverne ou dans un terrier de renard ou de blaireau. Il aime à se tenir le jour sur un endroit élevé, sur un quartier de rocher ou sur la maîtresse branche d’un arbre où il se rase, tout prêt à s’élancer sur les animaux qui passent à sa portée. Il s'attaque aux plus forts gibiers aux cerfs et aux chevreuils, leur saute sur le dos et leur ouvre les artères du cou, restant assis sur sa proie jusqu'à ce qu'elle soit morte. Il aime le sang et tue sans besoin ; on l’a vu égorser trente moutons en une seule nuit. Il ne mange qu'une faible partie d’un animal de grande taille et abandonne le reste aux loups et aux renards quile . suivent comme leur pourvoyeur habituel. Le plus souvent il se rabat sur le menu gibier, lièvres, marmottes, petits rongeurs et oiseaux de toutes sortes. — Sa force, comme l'indique sa taille, est bien supérieure à celle du chat sauvage, et dans certaines circonstances il ne craint pas d'attaquer l’homme lui-même. Sa voix ressemble au hurlement d’un chien.

L’accouplement a lieu en janvier et février : au bout de six semaines, la mère met bas dans quelque caverne bien cachée sous les broussailles, ou dans un terrier de renard qu'elle élargit à son gré, deux ou trois petits aveugles, auxquels elle apporte bientôt des souris, des taupes ou de petits oiseaux. f

FAMILLE DES CANIDÈES

Genre chien,

(Canis, L.)

Caractères. — Tête longue, museau allongé; cinq doigts aux pieds de devant, quatre à ceux de derrière, munis d'ongles peu crochus, souvent émoussés par la marche, non rétractiles; membres digitigrades plus allongés et moins robustes que dans le genre précédent ; queue moyenne ; langue douce.

Formule dentaire : $, G. :7:, Pm. 5, Carn.

M. 2 = 2 = 42 dents.

Les chiens ont des molaires plus nombreuses que celles des chats, la mâchoire étant plus allongée, et ils possèdent deux paires de tuberculeuses à chaque mâchoire derrière la carnassière, ce qui indique un régime plus omnivore que celui des chats; ils peuvent, en effet, se nourrit de matières végétales, comme on le constate en captivité, et leurs dents leur permettent de broyer complètement les os dont les chats n’avalent que les parties les plus molles et toujours sans les broyer.

Ce genre renferme deux sous-genres bien distincts par les mœurs : les chiens ou les loups (C'anis ou Lupus), et les renards ( Vulpes). Chacun de ces deux sous-genres ne renferme en France qu'une seule espèce à l'état sauvage

à NIV EME "SE".

Tableau des espèces du genre Chien (Canis).

a. Queue ne dépassant pas le tiers de la lon-

gueur du corps, peu touffue; corps assez

haut sur jambes, pupille de l'œil arrondie ;

longueur du corps — 1m, 120, queue —

Om, 380 (S.-G. Lupus). . . LE LOUP commun (Canis lupus). b. Queueplus longueque la moitié du corps,

bien touffue; corps bas sur jambes ; pupille

de l'œil allongée dans le sens vertical ;

longueur du corps — 0,610, queue —

Om, 370 (S.-G. Vulpes). . LE RENARD COMMUNE (Canis vulpes).

Sous-genre Loup (Lupus, Brisson).

Le Lou commun

(Canis lupus, L.)

Synonymie. — Lupus vulgaris, Brisson. — C'anis lycaon, Schreber.

Caractères. — Pelage d’un gris fauve en dessus, plus clair en dessous avec une raie noire sur le devant des jambes antérieures; museau noir, queue droite, plus sombre que le corps, noirâtre à l'extrémité. Oreilles droites et pointues. |

La variété entièrement noire (C. lycaon), est très rare, et représente un mélanisme purement accidentel et individuel.

Longueur du corps et de la tête = 1*,120; queue = 0",380 ; pied postérieur = 0",230.

Répandu autrefois dans toute la France, le loup n’habite plus aujourd’hui que les grandes forêts d’où il sort | souvent pendant l'hiver pour se rapprocher des villages et des lieux habités. L

Il vit généralement solitaire, mais se réunit en troupes plus ou moins nombreuses pour aller chasser au loin de concert, quand la neige couvre la terre et que le gibier lui fait défaut dans les forêts qu'il habite d'ordinaire. Il

… évente le lièvre à la manière du chien de chasse, le fait partir et l’atteint en trois ou quatre bonds. Quant il at-

Fig. 96. — Loup commun (Canis lupus), 1/10 gr. nat.

taque une famille de chevreuils, il cherche à séparer l’un d'eux du reste de la bande pour en venir plus facilement à bout, joignant toujours la ruse à la force. Le mâle et la femelle s'associent souvent pour cette chasse : l’un détourne le gibier et le force à se diriger vers son com- .. pagnon qui l'attend à l'affût. Quand il est poussé par la famine, le loup attaque non seulement les moutons etles

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chèvres qu'il vient enlever dans les pâturages où dans la cour des fermes, mais encore les chiens de la plus forte taille, les chevaux et les bœufs, et l’homme lui-même, surtout les femmes et les enfants. La rage est une maladie qui se développe chez lui comme chez le chien, et il devient'alors plus dangereux encore.

L'accouplement a lieu en hiver : après une gestation d'environ deux mois, la louve met bas, de février en mai, cinq à neuf louveteaux dans un fourré bien épais, au fond d’un bois, sur un lit de mousses et de feuilles. Les vieilles femelles mettent bas plus tôt que les jeunes. La mère élève ses petits jusqu’à l’âge de dix à douze mois et les défend avec courage. Dans le courant de la troisième année, les jeunes sont en état de se reproduire.

La voix du loup est une sorte de hurlement qui rappelle celui du chien.

Sous-genre Renard (Vulpes, Brisson).

Le Renard commun

(Canis vulpes, L.)

Synonymie. — Canis alopex, L.; — Vulpes vulgaris et crucigera, Brisson ; C'anis melanogaster, Bonaparte.

Caractères. — Corps plus allongé, plus bas sur pattes et à membres plus minces que celui du loup ; museau plus pointu; oreilles assez grandes, droites et pointues, noires … par derrière; pupille oblongue. Pelage épais d'un fauve rougeâtre, quelquefois grisâtre en dessus, blanc ou gris en dessous; queue droite, très touffue, de la couleur du

dos et terminée de blanc. — Il existe plusieurs variétés accidentelles ou locales :

Le renard charbonnier (C. alopex), d'un roux fencé à pieds et bout de la queue noirs. | |

Le renard croisé (C. crucigera), semblable au précédent, mais avec une bande noire le long du dos, les épaules et les pieds noirs, le bout de la queue blanchâtre.

Le renard à ventre noir (C. melanogaster) est une variété méridionale propre au sud de l’Europe, et qui n'est pas rare dans les Alpes-Maritimes, aux environs de Nice et en Corse.

Longueur du corps avec la tête — 0",610; queue = 0®,370 ; pied postérieur = 0,150.

Le renard est assez commun dans toute la France.

Le renard se creuse un terrier profond et muni de plusieurs issues, presque toujours placé au flanc de quelque colline ; mais trop intelligent et trop rusé pour faire un travail inutile, il s'épargne presque toujours la moitié de la peine en s’emparant de vive force ou sournoisement du terrier d'un blaireau ou d’un lapin qu’il aggrandit et accommode ensuite à ses habitudes. Ce terrier est très compliqué et multiple; les chasseurs y distinguent le maire ou l'entrée, la fosse qui est le magasin, et l’accuy au donjon qui est le logis proprement dit et sert à la femelle pour élever ses petits.

Les ruses que le renard met en œuvre pour se procurer sa nourriture sont généralement connues. Pendant le

jour, il se tient caché dans quelque fourré au voisinage de

son terrier, et s’y réfugie en cas d’alerte ou de mauvais temps : c'est la nuit seulement qu'il commet ses rapines. Lièvres et lapins, perdrix et cailles avec leurs œufs,

Pre FR ETC NN ET RE : TETE. NRA

mulots, souris et campagnols, tout lui est bon; au besoin, il se rabat sur les insectes et sur les cadavres qu'il rencontre. Il ose même s'attaquer au hérisson qu'il force à s'étendre, par force ou par ruse, et qu’il mord au ventre, seule partie vulnérable de l'animal. Il s’introduit la nuit dans les fermes et saccage les poulaillers. Il lance Je

Re Ep :

Fig. 97. — Renard commun (Canis vulpus), 1/10 de gr. nat.

lièvre et le poursuit en jappant ; ses cris avertissent la femelle qui coupe la retraite au fuyard et tous deux en viennent facilement à bout. Son cri est une sorte de glapissement

L'accouplement à lieu en février ; en avril, la femelle met bas dans le terrier de trois à sept petits, qui restent aveugles jusqu’au quatorzième jour, et ne sortent guère avant d’avoir un mois ou six semaines. Vers le milieu de

Rien te Ets D: - À |

l'été, ils quittent définitivement le terrieret, à l'automne suivant, ils ont la taille des adultes, et sont en état de se reproduire.

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