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INTRODUCTION

des paysans peuvent vous procurer, il ne faut guère compter sur eux : écrasés à coups de bêche ou de sabots, ils feront triste figure dans la collection. Le mieux est de tendre soi-même des pièges et de les visiter régulièrement, afin d'avoir des sujets aussi frais que possible.

Quant aux chauve-souris, il est très difficile de les prendre au filet, ou mème de les abattre à coups de fusil, en raison des crochets continuels qu’elles font en volant. On. dit qu’on les attire au moyen d'une lanterne allumée ou d’un drapeau blanc qu'on agite et autour duquel elles viennent voleter : c’est ce que nous n'avons pu vérifier. On se les procure plus facilement en visitant, pendant le jour, les arbres creux, les greniers, les clochers et les trous des vieux édifices, mais surtout, pendant l'hiver, en allant les surprendre, à la lueur des torches ou des bougies, dans les cavernes, les caves, les carrières el autres souterrains à température constante, où on les trouve engourdies et souvent rassemblées en quantités considérables, lorsque la neige couvre la terre. Il est cependant des espèces qui ne se rencontrent jamais dans les souterrains, et qui passen probablement l'hiver dans des trous d'arbres ou autres lieux élevés, étant apparemment moins frileuses que celles dont nous venons de parler.

Préparation des Mammifères pour les conserver en collection. — Nous ne pouvons donner ici que des notions très élémentaires sur l’art de préparer et de conserver les animaux : c’est ce qu’on appelle

YI INTRODUCTION.

Taxidermie. Pour plus de détails, nous renverrons aux traités spéciaux sur la matière *. |

Pour dépouiiler un mammifère dont on veut conserver et monter la peau, on étend l’animal sur le dos, on écarte à droite et à gauche les poils du ventre, et on pratique avec un scalpel? une incision longitudinale à la peau, depuis la printe du sternum jusqu'aux parties génitales. Il faut éviter de diviser les muscles abdominaux, ce qui donnerait issue aux intestins. — Saisissant alors un des bords de l'incision, on dégage la peau, en s’aidant du manche du scalpel, jusqu’au dos de l'animal; on coupe les muscles des jambes et on désarticule les fémurs qu on laisse dans la peau; on coupe le rectum près de l'anus, et on dépouille la queue de sa peau en la retournant comme un doigt de gant, ce qui n’est quelquefois possible qu’en s’aidant de quelques incisions, ou bien en faisant glisser la queue entre les deux pinces d’un bâton fendu et serré fortemeut sur la racine de la queue, qui a d'abord été dégagée.

On dépouille ensuite la partie antérieure du corps jusqu'aux épaules, on désarticule l'humérus, qui doit rester dans la peau, p'uis on fait glisser la peau jusqu'au cou, et on sépare le tronc de la tête.

On nettoie de leurs muscles les os restés dans la

1 On peut consulter avec profit le Guide du Naturaliste préparateur, par M. G. Capus, aide-natura 1.te au Muséum 1879), ouvrage

auquel nous empruntons les principaux détails techniques que nous donnons ici.

2 Les scalpels, les pinces et tous les instruments nécessaires pour là préparation des mammifères, se trouvent chez M. Emile DEYROLLE, naturaliste, 23, rue de la Monnaie, Paris.

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tête.

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