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— Rorqual de Sibbald (Baléænoptera Sibbaldi), long. totale — 17m,54,
Fig. 135.
tions d’un individu femelle, échoué à l'ile d'Oléron, sont les suivantes : : Li Longueur totale — 17,54; pectorale = 1,94; caudale 4 —=32,56.dé large.
Cette grande espèce, spéciale à l'Atlantique du Nord, s’est échouée une ou deux fois sur nos côtes de l'Océan.
On ne sait rien de ses mœurs, mais c’est une des es- « pèces que les pêcheurs désignent sous le nom de g2bbar. Elle se nourrit non seulement de poissons, mais encore. de crustacés, et peut fournir une bonne quantité d'huile.
‘ Le graveur p'a pas indiqué cette très petite nageoire dorsale |
sur la fig. 435 ; à l'échelle de cette figure, du reste, cette nageoire | n'aurait pas un ÉUibie de haut, sur huit millimètees de long. ‘4
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| Sous-genre Mégaptère (Megaptera, Gray).
Le KRorqual Jubarte
(Balænoptera boops (Linné), Fabricius.)
Synonymie. — Kyphobalæna boops, Eschricht; — Balœna longimana, Rudolphi; — Gibbar et Jubarte des baleiniers.
Caractères. — Corps court et épais, formes beaucoup moins élancées que chez les précédents; pectorales très grandes et très longues, ayant le tiers ou le quart de la longueur du corps; dorsale petite, aux deux tiers de la longueur du dos. — D'un noir bleuâtre en dessus, d'un blanc rosé en dessous. Nageoires blanches à bord noir. Fanons petits et noirâtres. Des plis sur la gorge et la poitrine seulement. Taille — 16 à 17 mètres de long. Les proportions d’un jeune échoué sur les côtes de la Vendée, en 1877, sont les suivantes :
Longueur totale — 12",50; pectorales — 3,50; caudale — 5" ; longueur de la mâchoire inférieure — 4",
Cette espèce, qui est des mers du Nord, se montre dans l'Atlantique, et vient s’'échouer quelquefois sur nos côtes de l'Océan.
Les Mégaptères sont aussi vifs que les autres Baleinoptères, mais ils sondent la tête la première, comme les cachalots, en levant en l’air leur large queue. Leur souffle est double comme celui des Baleines franches, mais il monte moins haut. Ils se plaisent dans les baies où l’eau est profonde, et, dans les parages où ils se trouvent, on
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entend souvent pendant la nuit le bruit métallique de leur respiration tout près des navires. Ils peuvent fournir une huile peu abondante, mais de qualité supérieure, presque égale à celle des cachalots : leur chasse est dangereuse en raison de la brusquerie de leurs mouvements, et l'on ne peut les attaquer avec fruit que dans des baies où leur cadavre revient sur l’eau au bout de quelques
Fig. 136. — Rorqual Jubarte (Balænoptera boops), long. totale — 12,50,
jours, car ils coulent immédiatement après la mort comme les autres Baleinoptères (Jouan).
Dans le nord, ce cétacé se dirige en hiver vers la haute mer, pour revenir en été et surtout en automne vers les côtes du Groënland : il séjourne sur le littoral d'avril en novembre, époque où il descend vers l'Atlantique. C'est en effet pendant l'hiver qu'il vient s'échouer sur nos côtes, toujours à la suite de quelque tempête.
Genre Baleine
(BalϾna, L.)
Caractères. — Pas de nageoire dorsale; pas de plis sur la gorge, le dessous du corps étant parfaitement lisse;
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pectorales courtes et arrondies ; tête grosse, comprimée latéralement, museau obtus, fanons généralement grands; caudale très grande ; corps épais et lourd.
Une seule espèce se montre sur les côtes de France.
La Baleine des Basques
(Balæna biscayensis, Eschricht.)
Synonymie. — Baleine franche des baleiniers ; {a Sarde des Basques ; Nordkaper des Hollandais (longtemps confondue sous le même nom avec la Balæna mysticetus, (Linné) des mers du Nord); — £'ubalæna et Hunterrus biscayensis, Flower et Gray; — Balæna tarentina, Capellini ; — et probablement aussi Zalæna cisartica, Cope.
Caractères. — Entièrement noire; tête beaucoup plus petite que dans la baleine franche du Nord (2. mysticetus) ; fanons plus courts et noirâtres, lèvre inférieure, comme tronquée en avant, munie de lèvres qui se relèvent en demi-cerele, de telle sorte que l'angle de la bouche forme une dépression immédiatement en avant de l'œil; mâchoire supérieure beaucoup plus courte que l'inférieure.
Longueur totale — 12 * à 16" (et plus chez l'adulte) ; pectorales = 1%,85 ; caudale — 3",50 ; fanons — 0",30.
La tête ne représente que 1/4 ou même 1/5 de la longueur. du corps chez les jeunes individus (tous femelles), que l’on a pu étudier sur les côtes de France; il est possible qu’elle soit un peu plus longue chez le mâle adulte comme elle l'est chez la Balæna cisartica des côtes de l'Amérique du Nord (qui n’en diffère probablement pas), et dont la tête atteint = de la longueur totale. — Chez la
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330 FAUNE ÉLÉMENTAIRE Balæna mysticetus du Nord, la tête représente le tiers (1/3) de la longueur totale. ‘ Cette espèce se montrait autrefois régulièrement en hiver (janvier-février) dans le golfe de Gascogne : aujourd'hui elle est devenue beaucoup plus rare ; cependant on l’a prise encore sur nos côtes en 1852 et 1878, et même dans la Méditerranée en 1877.
La baleine des Basques a dü être connue des anciens :
Fig. 137. — Baleine des Basques (Balæna biscayensis) (jeune de 7m,56 de long. totale, pris à Saint-Sébastien le 17 janvier 1854; long. totale chez l'adulte — 16 mètres),
Pline le naturaliste parle de baleines qui viennent tous les ans dans une vaste baie de la mer de Cadix pour mettre bas, et ces mœurs, ainsi que l'époque qu'il assigne à leur apparition, concordent bien avec ce .que l’on sait des migrations de l'espèce actuelle, qui pénètre jusque dans la Méditerranée; ce passage ne peut s'appliquer, comme le croyait Cuvier, au rorqual (Palænoptera musculus), qui ne vient pas mettre bas dans les baies de l'Europe tempérée (Fischer).
__ Cette même espèce a été chassée par les pêcheurs basques du golfe de Gascogne pendant tout le moyen
âge : on la harponnait à la manière des baleiniers modernes et on l’achevait à coups de lances, puis on la remorquait vers le rivage pour la dépecer : on mangeait sa chair et la langue en particulier était considérée comme un mets délicat dont on faisait hommage aux églises. Le lard salé de l'animal était vendu dans une grande partie de l'Ouest de la France et servait particulièrement pendant le carême, étant considéré comme poisson. Les mâchoires inférieures étaient placées de chaque côté de la porte des églises, et les vertèbres servaient de sièges, comme on en a trouvé dans les vieilles maisons de Biarritz, et comme on en voit encore en usage en Irlande. Quant aux fanons, on en faisait des aigrettes pour les casques de guerre. — Cette baleine était déjà rare sur nos côtes au dix-huitième siècle, et le souvenir de cette pêche semble s'être complètement perdu chez les habitants du littoral. Ce n’est que tout récemment que l’on a pu reconstituer l'histoire de cette espèce dont 3 ou 4 individus, encore jeunes, ont été pris sur nos côtes depuis une vingtaine d'années.
Les baleines accomplissent des migrations régulières, et les baleiniers ont depuis longtemps distingué deux saisons dans la pêche de ces animaux : la saison du large et celle des baies qui est l’époque de la mise bas. Pendant la première, les mâles ou taureaux se réunissent aux femelles, et l’on rencontre alors des games ou petites bandes de #4 à 8 individus, qui font souvent beaucoup de bruit en se roulant ou sautant hors de l’eau. Bientôt les couples s’isolent, et on les rencontre toujours deux par deux, jusqu’au moment où les femelles quittent les mâles pour entrer dans les baies et mettre bas dans une eau
tranquille. Le baleineau, ou veau, à peine né, nage au- « tour de sa mère qui l’allaite en se tournant sur le côté, de manière que le mamelon affleure la surface de l’eau : le petit, qui n'a pas encore de fanons, le saisit entre son palais et sa langue, et le lait coule dans son arrièrebouche, grâce aux contractions de muscles spéciaux qui viennent en aide à la succion du jeune. A deux mois, ses fanons sont assez développés pour qu'il cherche sa nourriture, mais la mère ne l’abandonne pas avant qu'il soit assez fort pour se joindre à une game. Les baleiniers qui connaissent ce fait abusent de son amour maternel: ils commencent par harponner le baleineau, sûrs que la mère ne l’abandonnera pas, et par conséquent finira par tomber sous leurs coups. C’est ainsi que la mère du jeune, de 7%,56 de long, qui fut pris en février 1854, dans la baie de Saint-Sébastien, réussit à entrainer son baleineau blessé en l’étreignant avec ses nageoires et plongeant avec lui, et brisa d’un coup de queue les lignes qui l’attachaient. Le lendemain, le jeune fut trouvé mort en mer et remorqué à Saint-Sébastien : la mère le suivit dans la baie et malgré les coups de fusil qu’on lui tira, ne s’éloigna que le lendemain.
Malgré leur grande taille, les baleines ne se nourrissent pas de poissons, mais bien de très petits crustacés, de mollusques ptéropodes et de petites méduses, dont elles suivent les bancs, épais de plusieurs mètres, et qui colorent la mer en vert et en rouge quelquefois sur une grande étendue : c’est ce que les baleiniers appellent le manger ou la boëte des baleines. Elles vont quelquefois chercher cette nourriture à une grande profondeur, et restent alors sous l’eau plus longtemps que de coutume. Elles en en-
gloutissent une grande partie avec l’eau de mer qu'elles laissent s’écouler de chaque côté par l’angle de la bouche, pendant que leur énorme langue rassemble tous ces petits animaux en une seule bouchée, entre les deux murailles formées par les fanons, dont l'extrémité frangée fonctionne comme un vaste crible laissant passer l’eau, mais retenant toutes les matières solides.
En pleine mer, la baleine marche avec une vitesse de
Fig. 138. — Pêche de la Baleine.
5 à 7 kilomètres à l'heure, mais qui peut atteindre 14% à 18 kilomètres si elle est inquiétée, bien qu'elle ne puisse soutenir longtemps celle allure. Elle nage d'ordinaire entre deux eaux, et quand elle remonte pour respirer, un large remous annonce sa prochaine apparition: on voit d'abord.le bout du museau, puis le petit cône qui porte les évents : le souffle s’en échappe bruyamment, . montant tout droit à 6 ou 7 mètres, et uniquement composé de vapeur et d'air, ainsi que nous l'avons déjà dit. Au moment où il va s’évanouir, la baleine s'enfonce un peu en continuant à nager, puis au bout d'une minute
334 FAUNE ÉLÉMENTAIRE | DEA ou une minute et demie, elle souffle de nouveau : elle” respire ainsi7 ou 8 fois en 10 minutes. Le dernier souffle est, comme le premier, plus prolongé que les autres, et. | indique que la baleine va sonder (plonger). Elle s'enfonce « la tête la première, élevant doucement en l’air sa A caudale qu’elle balance plusieurs fois d'avant en arrière, et disparaît pour un temps variable qui dure de 10 à 10. ou 50 minutes, puis elle recommence à respirer toujours de la même manière. Cette manœuvre a lieu par tous les: temps, de jour et de nuit, au point qu'on s'est demandé | si les baleines prenaient le temps de dormir, supposition beaucoup trop paradoxale, du reste, pour qu'on puisse s’y arrêter (Jouan). |
Il est probable que la baleine des Basques passe l'été k sur la côte orientale de l'Amérique du Nord, remontant” au printemps jusque sur les côtes de l'Irlande qui est sa limite boréale, et c’est en janvier et février que les femelles, accompagnées de leurs petits, se montrent sur ! les côtes de France et d'Espagne et s'égarent Jusque dans la Méditerranée, comme le prouve la capture faite le | 9 février 1877, dans le golfe de Tarente.