COLONNE VERTÉBRALE
La collection du Muséum comprend une centaine de vertèbres de Mastodontes, parfois en séries de quatre ou cinq. Malgré cette abondance relative de matériaux, il n'est pas possible de reconstituer une colonne vertébrale complète, ni même de décrire d’une façon précise chacun des éléments du rachis, les apophyses des vertèbres étant généralement brisées.
: Dans l'ensemble, les vertèbres du Mastodonte des Andes différent peu de celles des Éléphants.
Le cou, construit pour porter une tête lourde, est court, peu mobile; les premières vertèbres présentent un développement considérable des insertions pour les one cervicaux.
L'atlas (pl. VIE, fig. 1, 1°) est remarquable par la grandeur de ses apo-
0): uv, Descriptive Catalogue of the Ter- ® De Brainvise (Ostéographie, p. 38) avail tiary Vertebrata of the Fayum, Londres, 1906. déjà noté ce fait.
physes transverses, beaucoup plus développées que chez l'Éléphant de l'Inde, le Mammouth et le Mastodon americanus ; ainsi que par l'épaisseur et la rugosité de son arc supérieur. Les cavités glénoïdes pour les condyles occipitaux sont énormes, leur contour est à peu près hémicirculaire. Ces dispositions ont pour but d'unir fortement la première vertèbre au crâne. La surface d’articulation avec l'axis est également plus développée que chez les Éléphants; l'espace pour l’apophyse odontoïde de l’axis est ici à peu près du même diamètre que la partie médullaire, tandis qu'il est moins large chez les Éléphants actuels). L'atlas, vu de profil, paraît sensiblement plus plat que celui du Mammouth, un peu plus plat même que Ds des Éléphants actuels.
L'axis (pl. VII, fig. 2, 2°, 2°) est remarquable par le développement de l'a pophyse épineuse et d bre odontoïde, plus volumineuse que chez les É léphants et chez les Stegodon ? . Iest plus fortement uni à l’atlas. Vu de profil, il diffère aussi un peu de l'axis des Éléphants. Sa face inférieure est plus oblique; ses apophyses articulaires postérieures sont dirigées plus horizontalement. Le cou des Mastodontes n'aurait pas eu, semble-t-il, tout à fait la même direction que celui des Éléphants. Pohlig a cherché à montrer que le cou des Mastodontes et des Stegodon était plus long que celui des Éléphants. Si l'on compare les figures qu'il a données pour les Stegodon à une belle pièce de Tarija comprenant six vertèbres cervicales en connexion (pl. VII, fig. 3, 3°), on peut voir pourtant que Mastodon andium avait le cou plus court. Par contre, les vertèbres de cette espèce ont des corps plus épais, des apophyses transverses plus massives que les cervicales d’ Éléphants actuels et, par suite, le cou devait être plus long que celui des Élé phants!(.
Les premières vertèbres PR de M. andium ont de très longues apophyses épineuses, dirigées très obliquement en arrière. Celle qui est re-
présentée ici (pl. VI, fig. 4, 4*) est la 2° ou la 3°. Son apophyse épineuse
® A ce point de vue, le Palæomastodon est Trinil-Expedition. . . 1910, pl. XXVI, fig. 2, et
moins éloigné du type moyen des Mammifères que les autres Proboscidiens, et le Mammouth, dont la tête est aussi très lourde, a également un large espace libre dans l'atlas pour loger l'apophyse odontoïde de l'axis.
Pouuc, in Fr. SELENKA et BLANCKENHORN,
p- 198, fig. à
®) Loc. cit., p. 198-199.
‘La longueur totale des six vertèbres en connexion de M, andium est de o m. 42; cette même longueur n'est que de o m.35 sur six vertèbres homologues d'un Eléphant actuel.
sf" a près de om. 40; elle se termine par une partie élargie, rugueuse, assez
volumineuse. Les apophyses transverses sont aussi très développées: Les muscles, qui allaient de ces vertèbres au cou et au crâne, étaient donc très puissants. Il est intéressant d'observer que le Mammouth, aux énormes défenses, à la tête très lourde, avait des vertèbres dorsales très semblables à celles de M. andium, mais encore un peu plus couchées.
Les dernières dorsales et les lombaires ne sont pas assez bien conservées pour se prêter à des comparaisons utiles avec les vertèbres des autres Proboscidiens.
Le sacrum est composé de quatre vertèbres, comme chez la plupart
des Éléphants; il ne diffère guère, par ses proportions générales, du
sacrum de ces animaux et il ressemble notamment beaucoup à celui d'E. africanus figuré par de Blainville.
Les côtes sont peu nombreuses dans la collection et mal conservées. Le thorax de M. andium différait peu sans doute de celui des Éléphants. Nous ne figurons ici (pl. VIT, fig. 5) que la plus courte de ces côtes.