‹ Mammifères fossiles de TarijaChapitre 13 sur 61 · Molaires plus allongées, for · texte numérisé non relu

Molaires plus allongées, for

Molaires plus carrées, formant mant par usure un seul trèfle par usure un double trèfle pour

pour chaque colline. chaque colline.

h. Trilophodonte, mais avec un | 4.

talon assez développé pour présenter parfois une tendance vers

Trilophodonte.

la forme tétralophodonte.

de Zoologie du Voyage dans les parties centrales de l'Amérique méridionale, publiée sous la direction du comte de Castelnau, 1855, p- 14).

®) Bunueisrer, Bericht über Mastodon An-

() Laurirzarp, Article Mastodonte dans le Dict. univ. d'Hist. natur. de d'Orbigny, t. VUE,

@ Gay, Histoire du Chili, Zoologie, t. I,

pl. VII, fig. 1-6. L'auteur figure une molaire , un atlas, un tibia, un calcanéum, un quatrième métalarsien, une partie de symphyse; celle-ci d’ailleurs semble restaurée.

® Gervais (P.), Recherches sur les Mammi-

fères fossiles de l'Amérique méridionale (Extr.

dium (Sitzungsb. Ak. d. Wiss. Berlin, 1888, 2H; C'IE)

6) E, NonpexsksôLo, Saügetierfoss. des Tarijatals. L. M. andium (Kgl. Svenska Vetensk.. Akad. Handlingar, XXXVH 1903).

.… Émail généralement moins plissé. 9. Emaïl présentant généralement un aspect plus plissé, sur les

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molaires usées.

6. Symphyse plus longue et moins 6. Symphyse de la mâchoire inarquée vers le bas. férieure plus courte.

. Fossile surtout dans les Hauts 7. Fossile surtout dans les Pampas Plateaux des Cordilières. de Buenos-Aires et du Brésil.

Les différences indiquées dans ce tableau par les chiffres 3, 5 et 6 ne sont pas toujours tranchées; il est souvent difficile de les constater sur des dents isolées et très usées, ou sur des fragments de mâchoires. Les véritables caractères distinctifs, du moins les plus faciles à apprécier d’après ce tableau, seraient fournis par les défenses. Les deux espèces représenteraient donc deux formes contemporaines et assez rapprochées d'une même branche, différenciées par suite d'adaptations à des conditions géographiques diverses, l'une ayant vécu surtout dans les montagnes des Andes, l'autre dans les plaines des Pampas. Elles auraient gardé un assez grand nombre de caractères communs pour qu'il fût très difficile de les distinguer d'après des fragments de leur squelette.

Or ce n'est pas tout à fait la vérité. I y a lieu de faire intervenir la morphologie cranienne.

Le Muséum! national possède, depuis 1851, un crâne de Mastodon Humboldti tiré d’un lac au Paramo du Cucuy, près de la frontière du Vénézuéla, par M. Lewy. C'est une fort belle pièce, aux molaires fortement usées en double trèfle. Nous ne croyons pas qu'elle ait jamais été décrite et figurée, bien qu'elle soit exposée depuis plus d'un demi-siècle dans les galeries du Muséum. Gervais l'a pourtant mentionnée à plusieurs reprises. D'abord, dans ses « Recherches sur les Mammifères fossiles de l'Amérique méridionale », à propos du M. andium : « Le crâne de Mastodonte des Andes, dit-il (p. 22), paraît avoir aussi ses caractères particuliers; malheureusement les deux exemplaires, lun jeune et l'autre adulte, que M. Weddel s'était procurés à Tarija, ont souffert pendant le long et difficile voyage qu'on a dû leur faire subir pour les transporter à Paris, et, tout en établissant qu'ils ne diffèrent pas notablement des crânes (sic) du Mastodonte humboldtien que M. Lewy a déposés au

Abe PROBOSCIDIENS. 6 Muséum, nous sommes dans l'impossibilité d'en donner une description __ complète.»

: Plus tard, Gervais fit scier le crâne pour obtenir le moulage de la cavité encéphalique et, dans son «Mémoire sur les formes cérébrales propres à différents groupes de Mammifères », il fait allusion à ce moulage et à celui tiré d’un crâne d’Elephas insignis de l'Inde!)

Les belles pièces de Tarija nous permettent aujourd'hui d'étudier comparativement le crâne du Mastodonte des Andes et le crâne du Mas-

todonte de Humboldt. Contrairement à l'opinion de Gervais, ces crânes

Fa My PAR EEE enanes ee

Fig. 32.

Crâne de Mastodon Humboldti, vu de face et de profil. (Muséum national d'histoire naturelle. ) 1/10° de la grandeur vraie.

sont très différents. Il suflit, pour s'en convaincre, de jeter un coup d'œil sur la figure 32 qui montre, vu de face et de profil, le crâne rapporté par Lewy et de la comparer aux figures analogues que nous avons données des crânes de Tarija, soit dans le texte, soit dans les planches. |

= On peut caractériser d'un mot la morphologie cranienne du M. Humboldti en disant qu’elle est beaucoup plus éléphantique, aussi bien dans son aspect extérieur que dans son architecture interne (fig. 3, p. 23). 0 Journal de Zoologie, t. 1, 1872, p. &30.

MAMMIFÈRES DE TARIJA. 9

Vüe de profil, la partie cérébrale du crâne de M. Hamboldti est relativement beaucoup plus développée que la partie faciale. Le crâne est haut, comme celui des Éléphants, son profil est convexe; la région alvéolaire pour les défenses est relativement très réduite; les condyles occipitaux sont beaucoup plus élevés par rapport au plan alvéolaire des molaires, ce qui implique une plus grande élévation de la branche montante de la mandibule.

Vue de face, la région frontale se montre beaucoup plus vaste et les narines externes paraissent situées beaucoup moins en arrière. Les arcades zygomatiques sont très visibles, à cause d’abord de leur plus grand écartement, et ensuite parce que les apophyses post-orbitaires sont relativement moins développées et moins saïllantes. La région alvéolaire des défenses est aussi beaucoup moins large et moins longue, tout en étant aussi plus divergente que chez les Éléphants actuels.

La section sagittale et médiane du crâne (fig. 3, p. 23) montre des caractères qui se tiennententre ceux de la section d'un crâne de M. andium et ceux de la section d’un crâne d'Éléphant actuel, tout en étant beaucoup plus voisins de ces derniers : obliquité de l'axe de la cavité encéphalique par rapport au plan du palais; élévation des condyles occipitaux, grand développement des cellules aériennes du diploé de la masse osseuse fronto-pariéto-occipitale; grand développement des bosses occipitales qui font des saillies considérables; direction différente du large conduit nasal; réduction de la masse osseuse des maxillaire et prémaxillaire , etc.

On voit que, par tous ces caractères, le Mastodon Humboldti est beaucoup plus évolué, plus différencié, plus perfectionné dans le sens proboscidien que le M. andium, dont la morphologie cranienne est encore bien voisine de celle des Mastodontes miocènes. On voit surtout que les deux espèces sont très différentes et que leur distinction sera toujours des plus faciles quand on aura des crânes entiers ou des portions importantes de crânes. En

Cette étude nous fournit un nouvel exemple de la nécessité où se trouvent les paléontologistes d’avoir toutes les parties du squelette des animaux dont ils cherchent à établir les affinités. Tous les auteurs qui, Jusqu'à présent, ont eu à déterminer des restes de Mastodontes de l'Amérique du Sud, éprouvant de grandes difficultés à distinguer les molaires

du ARS des Andes des molaires du Mastodonte de Humboldt, ont pe que ces deux espèces étaient très voisines. L'étude comparative des crânes montre au contraire qu'elles présentent des différences considérables et d'une grande importance philosophique. M. andium est un représentant à peine évolué des vieux Mastodontes. M. Humboldti est une espèce bien plus éloignée de ses origines et qui a fait de grands progrès dans une direction où les Éléphants marquent de plus grands progrès encore.

D'autres espèces de Mastodontes de l'Amérique du Sud, moins bien connues que ne l'était M. Hamboldti, ont été décrites par Ameghino, Philippi, Pompeck;. À Les formes décrites par Ameghino!) se distingueraient les unes des autres par les caractères des défenses et des molaires. En voici le

tableau :

L Molaires dont l'usure moyenne des collines produit l’aspect d’un seul trèfle.

A. Taille considérable :

a. Défenses fines, peu arquées, tordues en spirale, avec bande d'émail longitudinale... . M. andium. Rene ; Chüli, Pérou, Équateur, Bolivie.

b. Défenses fines, presque droites, sans bande

CT CORRE ANTT SR NC M. platensis.

Prov. de Buenos-Aires.

c. Défenses plus massives, sans bande d'émail,

droites ou presque droites. ............ M. rectus. La Plata, Buenos-Aires.

B. Taille plus petite (2/5) que les espèces précédentes. Défenses courtes, fines, presque droites, non tordues en spirale, avec une bande d'émail lon-

gitudinale RATE PT ES PE ee se M. argentinus. N.0, de la République Argentine, n Répidas diagnoses de Mamiferos fôsiles ouvrage : Contribucién al conocimiento de los

| nuevos, 1888, p- 7: La description détaillée a été Mamiferos fôsiles de la Repüblica Argentina, donnée, en 1889, par Ameghino dans son grand p. 640 et suiv.

IL. Molaires dont l'usure moyenne des collines produit l'aspect d'un double trèfle; pas de bande d'émail : a. Défenses très arquées, diminuant régulièrement de diamètre de la base à la pointe... M. Hamboldti. République Argentine, Uruguay, Paraguay, :

Brésil, Nouvelle-Grenade.

b. Défenses moins arquées, avec un maximum de diamètre vers le milieu. ............ M. superbus. Santa-Fé.

I semble bien que ces espèces devront être réunies, les unes à M. andium, les autres à M. Humboldti, les caractères invoqués par Ameghino n'étant que de l’ordre des variations individuelles. Les figures qu'il en a données portent à penser que M. platensis et M. superbus sont de simples variétés de M. Humboldti, lequel est caractérisé par la forme courbe de ses défenses et l'absence de bande d’émail. La dénomination M. rectus a pu être appliquée à une anomalie ou à un échantillon mal conservé de M. andium.

Le M. argentinus rappelant assez les Mastodontes miocènes d'Europe par la forme et la longue bande d'émail de ses défenses, on pourrait supposer qu'il représente une forme ancestrale du M. andium. Mais l’âge exact de son gisement est inconnu.

Mastodon chilensis, trouvé sur les bords du lac Tagua-Tagua au Chili et décrit par Philippi!}, paraît n'être qu'une race locale de M. andium. Ses caractères distinctifs seraient surtout la brièveté relative de la gouttière symphysaire et la présence de deux saillies en forme de lèvres à la face inférieure de la symphyse. La première de ces distinctions résulte de l'interprétation d’une figure erronée de d'Orbigny ©; la seconde, nous l'avons montré précédemment, n'est qu'un trait individuel de certains M. andium.

Mastodon bolivianus, d'UHoma (Bolivie), décrit sommairement par Philippi et plus longuement par Pompeckj, est caractérisé surtout par la largeur, la brièveté, la courbure brusque de la gouttière symphysaire, la présence de traces de petites alvéoles divergentes pour les défenses

® Pari, Zeitsch. der deutsch. Geol. Ge- (2 Voir ci-dessus, p. 30, à la note infra-pagisellsch., t. XLV, 1893, p. 88. pale.

inférieures, l'existence de saillies en forme de lèvres à la face inférieure de la symphyse et d’une légère apophyse pour le génioglosse à la face interne. Ce sont là en partie des différences individuelles, en partie des caractères sexuels. Le M. bolivianus est vraisemblablement un mäle de M. andium; tout au plus pourrait-on admettre, en raison de sa grande taille et de l'altitude considérable de son gisement (3,800 m.), qu'il s'agit d'üne race locale!”

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