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DU MASTODON ANDIUM ET DE SES VARIÉTÉS

Les indications de divers auteurs, notamment de Gervais, d'Orbigny, H. von Meyer, Cope, Branco, Lydekker, Broili, E. Nordenskjôld, Pompeckj, Lull, montrent que M. andium et ses variétés ont occupé une grande partie de l'Amérique méridionale. Ses débris ont été trouvés dans des gisements d'aspect lithologique assez constant, graviers, sables

ou limons, mais à des altitudes variables, de 1,800 mètres en Bolivie

(Tarija), sinon plus bas, jusqu'à 4,000 mètres au Pérou.

Ses restes ont été recueillis dans toute la région des Andes, en Bolivie (Tarija, bords du Desaguadero, désert d'Acatama), peut-être en Colombie (Santa-Fé de Bogota), au Brésil®}, au Chili (environs d'Ulloma, lac Tagua-Tagua et jusqu'au Sud du Chili d'après les indications anciennes de Gay), à l'Équateur (Quito, Cotocollao, Mojanda, près de Malchingui, à 2,800 mètres, Imbaburra). Leidy® a indiqué la présence d’une forme sinon identique à M. andium du moins très voisine dans le Honduras.

H. von Meyer!" a signalé, comme ayant été trouvés près de Maochacan

(Mexique), des ossements d’un Mastodonte qu'il désigne sous le nom de M. Humboldti, mais qui appartiennent au M. andium. Cette dernière espèce a été observée sur d'autres points de l'Amérique du Nord,

® Mastodon australis, qui avait été décrit par O) Wixce, Museo Lundi, Binde II, Forste Owen comme un Mastodonte d'Australie, n'est Halfbind, Copenhague, 1906, pl. IX. probablement, suivant Falconer (Palæontological ®) Leroy, Extinct Mammals of Dakota and Memoirs, t. I, p. 271), qu'un Mastodon andium Nebraska, 1866, p. 127, fig. 14. de l'Amérique du Sud, dont la provenance a été ® Palæontographica, t. XVI, pl. VI:

tal indiquée.

encore au Mexique, d'après Copel, et même au Texas, d'après Lydekker ).

M. Humboldti a une répartition toute différente. Ses restes ont été recueillis surtout dans les régions de plaines, dans la Pampa, et principalement aux environs de Buenos-Aires, mais aussi dans le Brésil, dans l'Uruguay(. I représenterait donc l'espèce des pays plats, tandis que M. andium serait l'espèce des régions montagneuses. Cette opposition a été admise trop facilement; elle est loin d'être absolue.

La présence de M. Humboldti ayant été indiquée à Tarija par Enrico de Carles et par Ameghino, nous avons pensé, au début de ces études, que certaines pièces de la collection de Créqui-Montfort avaient appartenu à cette espèce, mais un examen plus attentif nous a fait admettre, avec M. Erland Nordenskjôld, qu'il n'y a à Tarija qu'une seule espèce de Mastodonte.

Par contre, on a attribué au M. andium une importante trouvaille faite près de Riobamba (Équateur) et qui doit être rapportée sans aucun doute possible au M. Humboldti. Cette découverte remonte au mois de novembre 1904, comme en témoignent des photographies, avec notice imprimée, que M. le D° Rivet, assistant au Muséum, a bien voulu nous remettre. Nous n’en connaissons d'autre publication que celle parue dans le numéro du 3 janvier 1903 du journal français Cosmos. I s'agit d'un squelette presque complet découvert par le D' Proaño, doyen de la cathédrale de Riobamba (Equateur), dans la vallée de Chalan, près de Punin, province du Chimborazo, à une altitude de 2,800 mètres.

Le fossile était «enfoui à 36 mêtres de profondeur, dans une couche de terrain quaternaire ou diluvien ». Ce « Mastodonte du Chimborazo», comme le désignent les notices, a été attribué à l'espèce M. andium. Or il suffit de jeter un coup d'œil sur les photographies pour se convaincre qu'il s'agit d'un bel exemplaire de M. Hamboldti : le crâne ressemble

® Proceed. Am. Phil. Soc., XXI, p.5, 1884, Mastodontes dans l'Amérique du Nord et l'Amé- % Catalogue Brit. Mus. foss. Mamm., t. IV, rique du Sud (Yale Univ. Peabody Museum. p- 16. Evolution of Elephant [American Journ.of Science, ®) Luzz a donné une carte, d’ailleurs rudi- 1908, p. 204]). mentaire, de la répartition de divers groupes de

tout à fait à celui du Muséum dont nous avons donné la description ; les défenses sont relativement courtes, trapues et recourbées; les molaires sont à double trèfle, etc. Le M. Humboldti a donc étendu son habitat des plaines jusque dans les régions de hautes montagnes et il est possible que beaucoup de débris isolés, provenant de divers autres points de l'Amérique du Sud, aient été rapportés au M. andium sans raisons suffisantes et devront être attribués un jour, après révision sérieuse, au M. Humboldti. On sait que celui-ci a été trouvé dans l'Amérique du Nord

(Texas).

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