LES ANCÈTRES DES MASTODONTES SUD-AMÉRICAINS
Les Proboscidiens paraissent être originaires du continent africain. : Le type Palæomastodon de TOligocène d'Égypte, que nous a révélé M. Andrews, est déjà très différent de la forme Meæritherium à peine différenciée comme Proboscidien.
Palæomastodon a dû avoir, comme descendants directs, des Mastodontes à quatre défenses {Tetrabelodon), à longue symphyse mandibulaire, à dents mamelonnées avec trois rangées de collines (Trilophodontes). Ces animaux ont vécu d'abord en Afrique, puis dans l'Europe occidentale, au Miocène inférieur et au Miocène moyen (Mastodon angustidens). Hs n'ont pas tardé à passer dans l'Amérique du Nord où, dès le Miocène moyen, ont vécu des espèces voisines de celles d'Europe : Mastodon proavus, M. brevidens, des Tricholeptus-beds, décrits par Cope, mais encore peu étudiés. Ceux-ci ont eu pour descendants, sur le continent américain, au Miocène supérieur, des Mastodontes à quatre défenses dont le mieux connu, décrit également par Cope, le M. productus, ressemble beaucoup à notre type de M. angustidens, mais a déjà une symphyse plus courte,
De ces Mastodontes à molaires mamelonnées, non tapiroïdes, sont probablement issues certaines espèces du Texas, de la Floride, du Mexique, de Californie dont les molaires ressemblent à celles du M. andium : la moitié de chaque colline ayant l'aspect d'un trèfle, l'autre moitié l'aspect d'une courte crête formée de mamelons accolés.
Certaines de ces espèces du Miocène supérieur (Loup Fork) ont encore
quatre défenses; tel, le M. serridens\). D'autres, plus récentes, vraiment pliocènes, ont une symphyse courte et leurs défenses inférieures sont plus ou moins complètement atrophiées. Tels les M. muirificus et M. Shepardi®), qui ont vécu au Texas, en Californie, au Kansas, au Mexique, et qui, par tous leurs principaux caractères, peuvent être considérés comme des proches parents ou des ancêtres du M. andium. Celui-ci a pu franchir l'isthme de Panama peu après l'émersion de cette terre et trouver, dans la région andine, des conditions favorables à son existence jusqu'au voisinage du 35° parallèle S.
Dans le Miocène supérieur ou le Pliocène inférieur des États-Unis, ül ya encore un Mastodonte à quatre défenses, le Tetrabelodon campester, dont le crâne est déjà élevé {à en juger du moins par la figure restaurée qu'en donne Cope), dont la région alvéolaire pour les défenses supérieures est relativement courte, et dont les molaires sont à doubles trèfles, tous caractères qu'on serait tenté de considérer comme précurseurs de ceux de la forme M. Humboldti, mais le M. campestre est déjà tétralophodonte. Ses molaires sont donc plus évoluées que celles du M. Humboldti qui ne saurait par suite en provenir.
Peut-être pourrait-on voir dans le Mastodon tropicus Cope, du Pliocène du Texas et du Mexique, et issu de la même souche que les précédents, un ancêtre direct du M. Humboldti. Mais il importe de remarquer com-
bien cette dernière espèce est beaucoup plus évoluée qu'on ne l'avait
supposé jusqu'ici, en la considérant comme tellement voisine du M. andium qu'on l'en pouvait à peine distinguer. Les caractères éléphantiques de son cräne, l'absence de toute bande d’émail à ses défenses, la complication de l'émail de ses molaires formant des doubles trèfles, l'éloignent beaucoup des formes archaïques.
M. andium, tout en étant aussi plus évolué que les Mastodontes miocènes à quatre défenses, a gardé beaucoup plus de souvenirs de ses origines : forme surbaissée du crâne, défenses inférieures rudimentaires,
© Cope a figuré des molaires de la plupart Cette espèce, aux molaires tapiroïdes, est voisine de ces espèces, dans l'American Naturalist, 1889, de notre M. turicensis et se rattache plutôt ainsi à P: 193-210. l'ascendance des M. Borsoni et M. americanus.
Falconer avait indiqué la découverte au Mexique ® Cope a d'abord considéré M. Shepardi d'un Mastodon andium pourvu de défenses infé- comme une espèce à quatre défenses; puis, en
rieures ; il est probable que c'était un M. serridens. 1889, comme une espèce à deux défenses.
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