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Flower a montré depuis longtemps que l'ordre des Édentés est hétérogène; qu'il est formé de deux groupes bien distincts au point de vue anatomique, n'ayant probablement pas une origine commune, mais dans chacun desquels un même genre de vie, une même alimentation ont pu produire des formes semblables : le groupe des Édentés vivants et fossiles du continent américain, les Xenarthra; celui des Édentés de l'ancien monde, les Nomarthra!.
Il est certain que les Édentés sud-américains, vivants ou fossiles, sont des animaux tout à fait aberrants. Ils ont atteint leur apogée précisément à l'époque où se déposaient les couches de Tarija, quand vivaient les gigantesques Megatherium, Lestodon, Mylodon, Scelidotherium; quand les Glyptodon coexistaient avec des Tatous peu différents des Tatous actuels. Ces énormes animaux ont passé, vers la même époque, dans Amérique du Nord où ils se sont avancés, en se modifiant un peu, jusque dans le Kentucky et la Pensylvanie. Nous verrons qu'on trouve leurs ancêtres, déjà très différenciés, dans le Miocène de Patagonie et ces ancêtres sont issus de bonne heure de Mammifères placentaires primitifs encore inconnus.
Les Edentés, dont on a recueilli les ossements à Tarija, appartiennent, les uns, au groupe des Édentés cuirassés, à carapace épaisse et rigide (Glyptodontes) ou à carapace mobile (Tatous ou Dasypodes), les autres au groupe des Paresseux gigantesques (Gravigrades).
0) Ces termes de Xenarthra et Nomarthra, pro- ticulation anormal des vertèbres; ils ont un plus posés par Gill en 1884, indiquent l'existence, grand nombre de zygapophyses que tous les chez les Édentés sud-américains, d'un mode d'ar- autres Mammifères.
GLYPTODONTES.
GLYPTODON CLAVIPES Owen.
La présence de restes de Glyptodon à Tarija a été signalée , il ya soixante ans, par Paul Gervais, d'après les récoltes de Weddel. La collection de Créqui-Montfort comprend deux carapaces en assez-bon étatl, de nombreux fragments de carapaces, des restes de crànes, des vertèbres, des os des membres.
Tous ces ossements paraissent provenir d'une seule espèce. Mais il est peu d'animaux qui aient reçu autant de noms que ce Glyptodon. Lydekker estime que le terme de Glyptodon clavipes Owen a la priorité, et qu'il doit être adopté”. Pour éviter toute complication nouvelle, nous admettrons sans critique cette manière de voir. Le fait important est qu'il n'y à à Tarija qu'une seule espèce de Glyptodon.
Ornementation de la carapace. — Les plaques composant la carapace sont d'assez grande taille; elles présentent l'ornementation en forme de rosette caractéristique, avec un disque central généralement très net, concave ou plan (pl. XXV, fig. 18). Dans les sillons débouchent des canaux verticaux, au nombre de quatre en général. Chez quelques individus, que Lydekker considère comme des jeunes, le tissu osseux des plaques est moins compact, moins dense, et ces plaques ont, au pourtour, un aspect plus rayonné.
(Ces carapaces ont été reconstituées avec des fragments ayant appartenu à divers individus et ne sauraient par suite servir de base à une étude précise.
® Lypekker (Paleont. argentina), après avoir examiné une cinquantaine de carapaces ayant appartenu à des individus d'àges différents, réunit, sous le nom de G. clavipes, au moins douze espèces décrites par Owen, Nodôt, Burmeister, Gervais et Ameghino. Les noms de G. subelevatus, Oweni, principalis, Munizü, correspondraient à la variété la plus commune, chez laquelle l'ornementation des plaques comprend un disque
central très net, d’où partent, vers la périphérie, des sillons rayonnants : ce serait le G. -clavipes sensu stricto. Les termes de G: reticulatus, typus, asper, spinicaudatus, elongatus, lævis, perforatus, rudimentarius, Falkneri s'appliqueraient à une variété de la même espèce, dans laquelle le disque central de chaque plaque est moins nettement distinct, la plaque ayant ainsi un aspect réticulé au lieu d'un aspect de rosette : ce serait le G. clavipes var, reticulatus.
Les deux variétés ont existé à Tarija, mais le Glyptodon clavipes sensu striclo est de beaucoup le plus abondant.
- Certaines plaques d'animaux adultes présentent une ornementation plus irrégulière, dans laquelle le disque central n’est pas plus grand et pas mieux délimité que les secteurs périphériques, tous les sillons étant également larges et profonds; il en résulte un aspect réticulé. Cette forme, considérée ‘par Lydekker comme une variété, paraît être rare à Tarija. Rs |
Tout le bord de la carapace est orné d’une série de grandes plaques portant des pointes coniques. L'étui caudal était composé d'une huitaine d'anneaux également garnis de pointes. La collection de Créqui-Montfort comprend quelques fragments de ces anneaux et des gaines terminales (pl. XXV, fig. 17), parfaitement identiques aux pièces correspondantes du Glyptodon clavipes des Pampas.
Nous n'insisterons pas sur la description du Glyptodon. Tous les grands Musées européens!” et américains contiennent des squelettes de
ce fossile, bien connu par les mémoires de Burmeister, Lydekker et
les travaux anciens d'Owen?.
Os des membres. — Notre collection de Tarija comprend un assez grand nombre d'os des membres; nous jugeons inutile de les figurer. Les naturalistes ayant à déterminer des ossements d'Édentés sud-américains consulteront la monographie fondamentale des Glyptodontes publiée par Burmeister) il y a une quarantaine d'années, avec de nombreuses planches. |
Ces os des membres sont courts, massifs et diffèrent notablement de ceux des Tatous, d'abord parce que les Glyptodontes ne sont pas des animaux adaptés pour fouir!, ensuite parce que leurs membres doivent servir à supporter une carapace beaucoup plus lourde et plus rigide.
(®-Jl y a en particulier, dans la galerie de Paléontologie de notre Muséum national , un squelette complet sans carapace et un autre squelette un peu moins complet, recouvert de sa carapace.
@) Owex in Parisa , Buenos-Aires and La Plata, 1838, p. 78 et 79. — In., Trans. Geol. Soc. London, 1839.
Huxcey, Philos. Transactions, 1865, p. 31.
… Poucuer (G.), Journal de l'Anat. et de la Physiol., 1866.
Burweisren, Monogr. de los Glyptodontes en el Mus. de Buenos-Aires (Ann. Mus. Buenos: Aires, t. II, 1870-1874).
Lyvekken, Paleontologia Argentina, vol. HT, part. Il (Ann. Mus. de la Plata, 1894).
6) Bunmeisren, loc. cit., Ann. Mus. Buenos- Aires, 1870, p. 228 à 355, pl. XXIX à XXXV:
(% Leurs pattes à cinq doigts se terminäient par des phalanges onguéales larges, disposées comme pour porter des sabots.
Mœurs des Glyptodontes. — Les Glyptodontes constituent un rameau éteint, très spécialisé, du tronc des Édentés cuirassés. Comme tous les animaux appartenant à un groupe près de s'éteindre, les Glyptodon de Tarija et des Pampas sont de grande taille.
Leurs dents, beaucoup moins rudimentaires que celles des Tatous, indiquent un régime beaucoup plus herbivore. Avec leur fût allongé, prismatique, leurs lames d'émail compliquées, elles rappellent les molaires des Rongeurs et semblent correspondre à une alimentation de branchages, de feuilles et de plantes herbacées!". Des animaux de cette taille ne pouvaient vivre que dans une région où la végétation était abondante et formée plutôt de prairies et de forêts que de buissons secs.
Répartition des Glyptodontes. — Les restes de Glyptodontes sont abondants dans le limon des Pampas. Ils ne sont pas rares dans les cavernes du Brésil et on a signalé leur présence dans l'Amérique du Nord, jusqu'au Texas et au Mexique. |
Comme les carapaces sont rarement recueillies entières, il est très difficile de savoir quelle a été l'extension de l'espèce qui a vécu à Tarija et dans le Pampéen de l'Argentine.
Les Glyptodon de l'Amérique du Nord semblent d'ailleurs spécifiquement, sinon génériquement, différents de ceux de l'Amérique du Sud, quoïiqu'ils soient leurs proches parents! et qu'on les rencontre presque toujours avec les Megalonyx et les Mylodon qui sont également des immigrés venus du Sud au Pliocène. On trouve leurs squelettes dans les terrains pliocènes"” et quaternaires®. Ils ont disparu lorsque la tempé-
® Poucuer a fait connaitre la disposition très particulière du cou de Glyptodon : plusieurs cervicales sont soudées de facon à permettre à l'animal de rétracter sa tête vers la carapace, mais cette disposition devait le gêner fortement pour brouter à terre.
® IL semble que le Glyptodon clavipes de Tarija soit un peu plus petit que celui des Pampas de Buenos-Aires, mais il est impossible de l'affirmer d'après nos carapaces, toutes reconstituées avec les restes de plusieurs individus. Cette réduction de taille serait un fait général pour la faune de
Tarija (Mastodon, Megatherium, Machairodus) et
pourrait s'expliquer par la différence d'altitude des gisements.
®) Ossorx, Glyptotherium lexanum, a new Glyptodon from the lower Pliocene of Texas (Bull. Amer. Mus., vol. XIX, 1905, p. 491). — Brachyostracon, a new Genus of Glyptodon from Mexico (Bull. Amer. Mus., vol. XXXI, 1919, p- 167).
1 Osrorx a donné la photographie d’une carapace de Glyptodon dans son gisement même, les Blanco beds du Pliocène (The Age of Mammals, p-+ 360).
Dans les Equus-beds.
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ÉDENTES. 209
rature s’est ‘refroidie, au moment de l'extension des glaces sur l'hémi-
sphère Nord.
Ancêtres des Glyptodontes. — Ce groupe d'Édentés cuirassés est fort ancien et originaire, à coup sûr, de l'Amérique du Sud. On connaît, en eflet, dans le Miocène de Patagonie (Santa-Cruzien) plusieurs genres d'Édentés, plus primitifs que les Ch ous du Pampéen et qui, tout en possédant déjà une carapace formée de plaques dont l'ornementation est remarquablement semblable à celle des plaques de: Glyptodontes, comblent la lacune entre les Tatous à carapace mobile et les Glyptodontes à carapace rigide.
Certains de ces genres de Glyptodontes primitifs du Santa-Cruzienl) sont éteints à la fin du Miocène sans laisser de descendants (Æucinepeltus, “4 Cochlops); d’autres (Asterostemma, Palæohoplophorus) peuvent être, suivant M. Scott, considérés comme les ancêtres des Glyptodontes du Pampéen, tant par les caractères de leur crâne et de leurs os des membres que par ceux de leur carapace.
Hs sont de petite taille. Leur tête est plus allongée, plus normale que celle des Glyptodon. L'apophyse jugale n'est pas aussi longue, mais la formule dentaire est la même. Les dents sont à peu près semblables. Les os des membres sont plus grêles et les pattes plus normales. Les 4 vertèbres dorsales et lombaires sont déjà soudées en une sorte de tube 4 pour soutenir la carapace.
| Celle-ci n’est pas complètement rigide, mais ne flexible, car elle présente, près des bords, dans la région antérieure, deux ou trois rangées de plaques imbriquées tout à fait comparables aux plaques des bandes mobiles des Tatous.
Le nombre des bandes mobiles, chez ces Édentés du Santa-Cruzien , est d’ailleurs variable; il n’est même pas toujours identique à droite et à gauche sur le même individu, d'après M. Scott. On ne saurait imaginer un exemple d'évolution plus typique : c'est exactement le stade où la carapace est en train de perdre toute mobilité.
0) Ameemino, le premier, a signalé ces ancètres (Princeton expedition to Patagonia, vol. V, part. II, des Glyptodontes, mais c'est Scorr qui en a fait 1903) et aussi: A history of Land Mammals in l'étude complète et en a montré les aflinités the Western hemisphere. New-York, 1913.
MAMMIFÈRES DE TARIJA. 27
TATOUS ou DASYPODES.
Les dépôts de Tarija contiennent des ossements et des plaques de véritables Tatous. La collection de Créqui-Montfort permet de distinguer trois espèces. Deux d’entre elles, appartenant au genre Dasypus, paraissent être encore représentées dans la faune actuelle; la troisième, appartenant au genre Tatusia et de grande taille, ne vit plus maintenant dans l'Amérique du Sud.
DASYPUS cr. VILLOSUS Des.
Un certain nombre de plaques de la carapace et quelques os des membres, notamment un cubitus (pl. XXV, fig. 16), ne semblent pas différer de ceux du Dasypus villosus actuel, mais ces pièces sont trop incomplètes pour pouvoir aflirmer l'identité absolue du fossile de Tarija et de l'espèce actuelle.
Nous rappellerons seulement que H. Gervais et Ameghino ont, en 1880, signalé, dans le Pampéen, un Tatou qu'ils ont désigné sous le nom de D. aff. villoso.
Le Dasypus villosus habite actuellement surtout la Pampa mais on le trouve jusque sur les Hauts Plateaux de Bolivie"). I ne creuse pas de terriers et se nourrit surtout de cadavres d'animaux.
DASYPUS Gr. SEXCINCTUS Lanné.
P. Gervais a signalé, parmi les fossiles de Weddel, les restes d’un Tatou très voisin de l'Encoubert, ou Tatou à six bandes, actuel®. La tête examinée par P. Gervais, couverte de quelques plaques et portant quelques dents, se trouve encore dans les collections du Muséum; nous la figurons ici (pl. XXV, fig. 9, 9‘). H n’est pas impossible d’ailleurs que
® Neveu-Lemaire et G. Granpinier, Mammi- pl XII, fig. 1-2). AmeGnixo a donné, sans fères des Hauts Plateaux . .., p. 90-93. arguments probants, à ce fossile de Tarija le
EP. Gervais, Mammifères fosssiles de l'Amé, nom de Dasypus tarijensis (Mam. f6s. del Valle rique méridionale. (Voy. de Castelnau, p. 55, de Tarija).
“ÉDENTÉS.. 211 cette tête ait appartenu à la même espèce que les plaques et les os des membres que nous avons cru devoir rapprocher plutôt de D. villosus. Tout ce qu ‘on peut affirmer c’est qu’il y avait à Tarija des Tatous extrêmement voisins des Tatous actuels.
On sait que le Tatou à six bandes ‘est très commun dans l'Amérique du Sud, au Brésil, au Paraguay, dans l'Argentine et qu il vit jusqu'à une altitude de 1,300 mètres environ. à
Les restes de Dasypus sont abondants dans le limon des Pampas. Ameghino et Lydekker!? en ont fait connaitre quelques espèces. Le groupe atteignait son apogée au Pléistocène inférieur dans l'Amérique du Sud. I est maintenant plutôt en voie d'extinction.
TATUSIA GRANDIS AMEGy.
On trouve à Tarija les plaques de la carapace d'un Tatou de grande taille qu Ameghino a décrit en 1889, d'après des fossiles du Pampéen, sous le nom de Propraopus grandis®) et que Lydekker a, peu après, placé dans le genre Tatusia, en examinant une carapace complète qui se trouve au Musée de la Plata!)
La longueur de la carapace de ce T°. grandis dépasse o m. 70 et la longueur de l'animal, de la tête à la queue, devait atteindre environ 1 M. 20.
La collection a Créqui-Montfort ne contient guère que des plaques isolées (pl.XXV, fig. 10 à 14). Les unes, allongées, avec une partie lisse et une partie ornée de deux sillons divergents en forme de lyre, ont appartenu aux bandes transversales mobiles, les autres, pentagonales ou hexagonales, avec des ornements en forme de rosettes et une ou deux perforations, proviennent des boucliers rigides antérieur ou postérieur.
Si les figures de T. grandis données par Ameghino sont exactement de grandeur naturelle, les individus de Tarija seraient un peu plus petits que ceux du limon des Pampas.
w Lypekker, loc. cit.,p.56etsuiv., pl.35à 43, ®) Lypexker, Pal. Argentina, 1893, P- 66, ®) AmeGmino, Mam. fs. de la Rep. Argent., pl. 44. p. 862, pl. 67, fig. 1 à 6.
Les Tatusia actuels habitent non seulement l'Amérique du Sud, mais aussi la partie méridionale de l'Amérique du Nord jusqu'au Texas.
Histoire des Tatous. — Les Encouberts et les Tatous proprement dits paraissent avoir totalement accompli leur évolution dans l'Amérique du Sud. On trouve en effet des plaques de carapaces isolées dans l'Éocène (couches à Notostylops) et dans l'Oligocène (couches à Pyrotherium). Dans le Miocène {Santa-Cruzien), les genres et les espèces sont nombreux et bien connus depuis les travaux de M. Scott”. Certains de ces Tatous du Santa-Cruzien sont des types primitifs comme Peltephilus, dont le crâne n’a pas encore acquis la furme allongée, caractéristique des Tatous actuels; comme Stegotherium, dont toutes les plaques de la carapace paraissent avoir été mobiles les unes par rapport aux autres. Dans d'autres genres, ancêtres des Tatous actuels (Prozsaëdius, Stenotatus), les boucliers antérieur et postérieur commencent à se former. D'autres enfin sont les ancêtres d’un genre très commun dans le Pampéen mais actuellement éteint, le genre Eutatus, qui est inconnu à
Tarija.
GRAVIGRADES.
Quatre genres de « Paresseux gigantesques» ont .vécu à Tarija : Megatherium, Lestodon, Mylodon, Scelidotherium, et paraissent y avoir été représentés par des espèces identiques à celles, depuis longtemps connues, du Pampéen, ou par des variétés bien peu différentes.
®? Ceci ne paraît plus être exact. Dès 1904,
Ossorx (Bull. Amer. Mus. Nat. Hist., vol. XX, 1904, p. 163) décrivait sous le nom de Metacheiromys les restes d'un mammifère de l'Éocène de Bridger, et il le considérait comme un Tatou n'ayant pas encore de bouclier osseux. Mais la position systématique de cet animal était restée incertaine. Or MarrHew vient de décrire, de l'Éocène inférieur du Wyÿoming, un nouveau fossile très voisin de Metacheiromys et qu'il nomme Palæanodon (Bull. Amer. Mus. Nat. Hist., XXXVII, 1918, P 420). Ces deux genres
seraient vraiment des Tat ous primitifs provenant de quelque forme inconnue du Crétacé. (Note ajoutée pendant l'impression.)
Quant aux prétendus fragments de carapace d'Édentés cuirassés qui ont été découverts en France dans les Phosphorites du Quercy et décrits par Filhol sous le nom de Necrodasypus Galliæ, on est d'accord maintenant pour les considérer comme des restes de Lacertiens voisins
des Hélodermes.
1 Princeton Expedition to Patagonia, vol. V.
MEGATHERIUM AMERICANUM BLUMENS.
RACE TARIHENSIS AMEGH.
Le genre Megatherium comprend une série d'espèces encore mal définies, pour la plupart découvertes dans les limons de l'Argentine, du Brésil et du Chili, de l'Équateur, du Sud des États-Unis() et décrites par Cuvier, Blumenbach, Owen, Lund, Ameghino, H. Gervais, Moreno, Mercerat, Philippi, Leidy. La plus commune de ces espèces est le M. americanum (M. Cuviert Desmar.), dont on voit des squelettes montés dans la plupart des grands Musées de Paléontologie.
Le Megatherium de Tarija n'en diffère guère que par sa taille plus petite; nous le considérons seulement comme. une. r race, une variété géographique. : :
P. Gervais avait déjà signalé dans ta date de Weddel®) une molaire dénotant un animal de taille inférieure à celle du M. americanum, «caractère que M. Lund signale comme servant à distinguer son Megatherium Laurillardi, des cavernes du Brésil». Plus tard, H. Gervais et Ameghino! puis Ameghino attribuèrent à ce Megatherianm de Tarija, qui leur paraissait être d'un tiers plus petit que le M. americanum, le nom de M. tarijensis.
La collection de Créqui-Montfort contient une vingtaine de pièces, mâchoires, fragments de crânes, ou os des membres, ayant appartenu à des individus d’âges divers.
Les dents ont le type général de celles du M. americanum (pl. XXIV, fig. 1). La première molaire supérieure est un peu plus triangulaire. Les molaires suivantes ont une section un peu moins carrée; elles sont un peu
( Le genre Megatherium n'a pas dépassé vers de N. le 35° degré de latitude (Texas, Géorgie, Caroline du Sud).
® P, Gervais, loc. ‘cit. p. 52, pl. XI, fig. 6, 6a.
6H. PE et F1 5 loc. cit., 1880, p- 138.
4) Amecmno, loc. cit., 1902, p. 252.
(Les restes de Megatherium seraient, suivant Ameghino, très rares à Tarija; cela ne paraît plus exact après les récoltes de la Mission de Créqui- Montfort, et M. Erland Nordenskjôld, en décrivant le gisement, ne fait nulle allusion à cette rareté: Ueber die Saügethierfossilien in Tarijathal Sud Amerika (Bull. Geol. Inst. of Upsala,
plus courtes dans le sens antéro-postérieur, mais les différences sont faibles et nos dents de Tarija sont trop aliérées, les variations individuelles de M. americanum sont trop considérables pour permettre d'affirmer l'existence constante de ces caraëtères qui feraient du Megatherium de Tarija une forme un peu plus primitive que le Megatherium du limon des Pampas.
La différence de taille ressort des mesures suivantes :
M. AMERICANUS. Race TARIJENSIS, | MÂCHOIRE SUPÉRIEURE.
Longueur occupée par les 3 molaires antérieures. . ... 0"152 0"128 : à TU SRE RNA NE A LS SO 0 035 Oo 030 1° molaire.
DRE SENS LS Te tn ec io 0 040 0 037 RENE RODENEUR LT S D R EN del R ose 0 046 o 038 GA Fe AN RE MAP AIEC TN AO AU USE O 044 0 043 RO RE LT ON ARE ANS h sure Longueur 0 049 oO 040 AU ANT RER PEN I ? 0 047 MÂCHOIRE INFÉRIEURE.
Longueur occupée par les 3 molaires antérieures. . . . 0155 0"130 ® : PRE RS AAA AMENER 0 042 0 034 1" molaire.
DR en nr de see does red e 0 047 0 040 Vis PU ER CRT D EE DRE 0 044 Oo 039 a , PRES Ta Dee Liebe eine e à ts EUR 0 044 Oo o41 . ( Longueur ....... PEN PAPE RUE o 045 0 037 3° molaire. 5 LRO Laden ace ae ee des 0 047 o 039 ’ LA . .
Os des membres. — L'examen des os des membres conduit aussi à
la conclusion qu'il s'agit d’une race de petite taille du M. americanum.
Les humérus ou les fémurs de la collection de Créqui-Montfort, ayant appartenu à de jeunes individus, sont dépourvus d'épiphyses; ils ne peuvent servir à la comparaison qui nous intéresse.
Le radius a une longueur de o m. 47o environ, tandis que celui du squelette de M. americanum monté au Muséum a o m. 620. L'os de Tarija n'est pas seulement plus petit, il est aussi plus grêle. Les crêtes d'insertions musculaires, dont Owen a indiqué, il y a longtemps,
le fort développement sur le radius du M. americanum des Pampas, sont moins saillantes.
Parmi les ossements du pied antérieur, nous ne possédons qu'un 4° et un 5° métacarpiens. Le 4° est sensiblement plus grêle que celui du M. americanum; ses facettes articulaires proximales sont moins développées; sa longueur est de o m. 220 seulement, tandis que celle du même os chez le M. americanum est de o m. 275. Le 5° métacarpien provient d'un autre individu et sa taille est plus voisine de celle du M. americanum : o m. 242 pour le fossile de Tarija, o m. 255 pour celui des Pampas; sa forme est moins massive.
Le calcanéum (pl. XXIV, fig. 8) esttrès semblable à celui que P. Gervais a figuré() et que son état d'usure lui a fait attribuer à une espèce différente de M. americanum. L'exemplaire intact que nous reproduisons . montre au contraire que les facettes articulaires ne diffèrent pas sensiblement de celles du calcanéum de M. americanum.
Le 3° métatarsien est un peu moins réduit, un peu plus allongé que celui de M. americanum; sa poulie articulaire distale est un peu plus normale. Comme le calcanéum , il est d’ailleurs de taille inférieure aux os correspondants du pied postérieur du Megatherium des Pampas.
Histoire des Megatherium. — On connaît une série d'ancêtres des Megatherium montrant que ce groupe a accompli toute son évolution dans l'Amérique du Sud. Il a eu comme contemporains, dans le Pléistocène, une série de genres voisins dont quelques-uns (Nothrotherium, Neoracanthus) ne dépassaient pas la taille d'un gros chien et étaient peut-être complètement arboricoles. Ses précurseurs pliocènes étaient {nterodon et Promegatherium, dont les dents avaient une couche d'émail sous le cément et qui ont été précédés eux-mêmes, dans le Miocène supérieur de Patagonie, par Planops et Prepotherium, dont M. Scott a mis en évidence les affinités. Dans l'Oligocène même (couches à Colpodon) ce dernier genre est déjà représenté.
0 P. Gervais, loc, cit., 1850, pl. XII, fig. 6, 6 a.
LESTODON ARMATUS P. GERVAIS.
À côté des Megatherium vivaient à Tarija des représentants d'une autre famille de Gravigrades, les Mylodontidés, dont les molaires prismatiques ont une section ovale ou triangulaire (), une surface masticatrice sans crêtes transverses. Le plus commun dei Mylodontidés de Tarija est le Lestodon armatus P. Gervais.
Cette espèce, assez commune d'ailleurs dans le limon des Pampas, est précisément le type du genre Lestodon Ÿ, que P. Gervais a défini en 112 d'après quelques FRA de mâchoires rapportés de Buenos-Aires «Ce genre ubreira: dit-il, des Édentés gigantesques qui ae RE beaucoup d'analogie dans la conformation de leur squelette avec les Mylodon, mais dont la première paire de dents est caniniforme, à la manière du Cholèpe Unau, et plus ou moins écartée des molaires proprement dites ». Le même auteur a donné, vingt ans plus tard, la description de portions importantes de la tête de cette espèce et a fait connaître les os du membre postérieur (". Le Lestodon armatus a été surtout l'objet d'une monographie de Reinhardt . C'est un Mylodontidé de grande taille, adapté à un régime impliquant une mastication très énergique : il devait arracher et broyer des végétaux ligneux, peut-être même se nourrir parfois de chair.
Notre collection comprend une tête presque complète (pl. XXIIT, fig. 1), une mâchoire inférieure, plusieurs fragments de mâchoires (pl. XXIV, fig. 3 et 4), des dents isolées, et des os des membres. Lestodon armatus n’était donc pas une espèce rare à Tarija.
Tête et dentition. — La tête, dont les mâchoires n'ont pu être séparées, montre bien l'énorme dent caniniforme, à section triangulaire, à usure oblique (pl.'XXII, fig. 1). Les dimensions sont d'un tiers environ supé-
1 Sauf la dernière molaire inférieure, dont la mifères fossiles propres à l'Amérique méridionale
section a plutôt la forme d'un 8. 1 (Mém. Soc. Géol. de Fr., 2° sér., t. IX, 1875, ® Anoris, brigand; 68oûs, obévros, dent. p.21), pl. XXV et XXVI.
9 P, Gervais, Mamm. de l'Am. Mérid, Voy. ® J. Renmarpr, Om kjaempedovendyret Les -
de Castelnau, p. 46, pl. XI, fig. 1-2. todon armatus (Vidensk. selesk. skr. Kjôbenhaven, 9 P, Gervais, Sur plusieurs espèces de Mam- 5' série, XI, 1875).
midi cé à
ÉDENTÉS. 217 rieures à celles de la tête de Mylodon robustus. La branche du jugal, qui s'unit à l'apophyse jugale du temporal, est plus développée chez Lestodon que chez Mylodon. Lestodon a une assez puissante crête sagittale. Sur la face externe de la mandibule, près du bord inférieur, un sillon bien marqué correspond à l'insertion de muscles masticateurs puissants.
Les molaires supérieures, au nombre de quatre, à section elliptique, ne présentent aucune particularité importante (pl. XXIV, fig. 3). La mâchoire inférieure (pl. XXIV, fig. 4) montre bien la forme tronquée du large museau de Lestodon, la dernière molaire en forme de 8, les autres. à section ovale, la forte dent caniniforme, séparée de la dent suivante par une longue barre et précédée d’une encoche destinée à loger la canine supérieure. La dent caniniforme est d’ailleurs variable suivant les individus et suivant le degré d'usure. Les échantillons assez nombreux rapportés de Tarija montrent bien sa variabilité et prouvent que l'espèce à dent plus triangulaire que P. Gervais avait cru devoir distinguer sous le nom de L. trigonidens " n'est tout au plus qu'une variété.
Os des membres. — Les os des membres de Lestodon, lourds, trapus sont difficiles à distinguer de ceux de Mylodon autrement que par leur taille plus considérable. Ceux que nous avons pu examiner n'ajoutent rien aux observations des auteurs antérieurs. L'humérus est cependant plus allongé, un peu plus grêle, que celui de Mylodon. Les os de l'avantbras et de la jambe (pl. XXIV, fig. 7) sont gros et courts ©.
On sait que les pattes de Lestodon et de Mylodon différent sensiblement de celles de Megatherium, notamment par le nombre des griffes et la réduction des doigts. C'étaient des animaux moins éloignés du type arboricole que le Megatherium. La collection de Créqui-Montfort ne contient que quelques os des pattes de Lestodon ; leur description serait ici sans
intérêt.
® P, Genvais, Journal de Zoologie, WI, 1874, côté de trois squelettes de Mylodon, avec lesquels
DU px6:. il forme un groupe des plus imposants. Marrnew*
() Un squelette de Lestodon armatus se voit au The Ground Sloth group (Amer. Mus. Journal, Musée de Copenhague. Un autre vient d'être 1911, p. 115). monté à l'American Museum de New-York, à
MAMMIFÈRES DE TARIJA. 28
MYLODON ROBUSTUS Owen var TARIJENSIS AMEGH.
Depuis que Owen a fait connaître cette espèce !!) la nomenclature des Mylodontidés est devenue singulièrement confuse. L'une des causes de cette confusion a été l'introduction dans la science par H. Gervais et Ameghino du terme de Pseudolestodon ),__ Ces auteurs nomment ainsi «des Édentés fossiles qui, par certains de leurs caractères ostéologiques, se rapprochent soit des Mylodon, soït des Lestodon, mais
que nous ne saurions rapporter ni à l'un ni à l'autre des genres aux-
quels appartiennent ces derniers animaux. Les espèces du genre Pseudolestodon se distinguent des Mylodon par leurs molaires antérieures, qui sont plus caniniformes et dont la couronne s’use en biseau, obliquement de haut en bas et d'avant en arrière pour la paire supérieure, en sens contraire pour la paire inférieure ». Le type du genre Pseudolestodon est l'animal décrit par Paul Gervais en 1855 sous le nom de Lestodon myloïdes (,
Or la description même de la dentition de ce Lestodon myloïdes donnée par P. Gervais montre qu'il s’agit non d'un Lestodon mais d'un véritable Mylodon.
On peut se convaincre qu'il en est de même de toute une série d’espèces attribuées au genre Pseudolestodon par H. Gervais et Ameghino
en 1880 et figurées en 1889 par Ameghino( {P. Reinhardt, P. Moreno, |
P. debilis, etc.). Quand on compare ces figures à celles de la monographie d'Owen sur le Mylodon, on ne saurait douter que le nom de Pseudolestodon est synonyme de Mylodon.
Lydekker l°, après avoir examiné environ vingt-cinq crânes plus ou moins complets et un grand nombre de mâchoires supérieures et inférieures, arrive même à conclure qu'une douzaine de noms différents ont été donnés à la même espèce? «et que ces noms ont été appliqués à des spécimens différant entre eux par des caractères dus soit au sexe, soit à
© Owen, Description of the skeleton of an P. Gervais, loc. cit. Voy. de Castelnau, extinct gigantic Sloth (Mylodon robustus), Lon- 1895, p. 47. don, 184. ® Amegmino, Mam. f6s. de la Rep. Argent.
© De um, meule. (® Lypexker, Pal. Argentina, p. 77.
H, Gervais et AmeGHiNo, Mamm. foss. Am. ® Mylodon gracilis, M. Lettsomi, M. Sauva-
mérid., 1880, p. 158. gei, M. Wieneri, M. intermedius, Lestodon my-
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ÉDENTÉS. 219 des variations individuelles " » ; que tous ces spécimens sont des Mylodon robustus.
L'obliquité du plan d'usure de la première dent est un caractère sans valeur spécifique et qui se modifie beaucoup suivant les individus. La forme de la couronne de la dernière molaire inférieure est également variable. La présence de sillons sur la dent caniniforme n'offre aucune constance.
Les observations que nous avons pu faire sur les spécimens du Muséum confirment celte opinion.
On peut seulement remarquer que les crânes dont les dents caniniformes sont les plus fortes et usées le plus obliquement sont ceux qui
. ont le museau le plus large. Ce seraient, suivant Lydekker, les crânes
de mâles de M. robustus. À ce groupe appartiennent la plupart des spécimens auxquels on a attribué le nom de Pseudolestodon et notamment P. Reinhardt et P. myloïdes.
Les Mylodon paraissent avoir été rares à Tarija : notre collection n’en contient qu'un crâne dépourvu de dents, une mâchoire inférieure, quelques os des membres, et des ossicules dermiques ?. Le crâne, tout à fait semblable à celui des Mylodon, est un peu plus allongé et de plus grande taille que celui du M. robustus typique. Les alvéoles permettent de reconnaître que la dent caninilorme avait une section triangulaire et que la molaire suivante, séparée par un court diastème, était très aplatie. Les trois dernières molaires ressemblaient probablement à celles de Mylodon robustus.
Ameghino, ayant observé ces caractères sur d'autres échantillons de Tarija, a cru qu'ils pouvaient suflire à désigner l'animal en question sous le nom de Pseudolestodon tarijense . I nous semble que si, à l'exemple
loïdes, Psendolestodon Reinhardti, P. Morenoi, P. debilis, P. bisulcatus, P, trisulcatns.
® Lypexken figure (pl. XLVII, XLIX et LIT) quelques-unes de ces variations.
de peau, couverts de poils et contenant de semblables ossicules, ayant appartenu à un animal assez récemment éteint {Grypotherium ou Neomylodon), ont été trouvés dans diverses grottes de
®) Il est à peine besoin de rappeler ici que la peau de Mylodon (et peut-être de Lestodon) con-
tenait de nombreux ossicules de petite taille, de
forme irrégulière, formant en quelque sorte une transition entre la peau normale d'un Mammifère et la carapace des Tatous, et que des morceaux
l'Amérique du Sud notamment dans la Cueva Eberhardt.
% Sa longueur est de o m. 54.
® AmeGmino, Mam. f6s, del valle de Tarija, p. 252, pl. VI, fig. 24 et pl. VIT, fig. 28.
de Lydekker, on admet que Pseudolestodon est synonyme de Mylodon, et
si lon comprend l'espèce d'une façon large, il vaut mieux le nommer M. robustus race tarijensis. Ces crânes de grande taille, avec une dent caniniforme forte, seraient d’ailleurs probablement des crânes de mâles.
La mâchoire inférieure trouvée à Tarija (pl. XXIV, fig. 2, 2°) ne diffère par aucun caractère important d'une mâchoire de M. robustus. Une simple comparaison avec la figure 4 de la même planche permet de distinguer ces molaires de celles de Lestodon.
Extension géographique des Mylodon: — Les ossements de Mylodon sont abondants dans le limon des Pampas, surtout dans la province de Buenos-Aires. La présence, depuis longtemps établie, d'autres espèces du même genre l, dans l'Amérique du Nord, a été l'une des premières preuves données de la communication pliocène-quaternaire entre l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud. Des restes de Mylodon ont été signalés dans le Colorado, le Nebraska, le Kansas, lOregon; ils sont très - abondants dans les cavernes de Pensylvanie {Port Kennedy). Les paléontologistes américains le‘considèrent comme l'un des éléments de la faune des forêts. I paraît avoir vécu longtemps dans l'Amérique du Nord où on l'a signalé du Pliocène supérieur ©. I était assez abondant, à une certaine époque, pour entrainer M. Osborn à caractériser le Quaternaire inférieur des États-Unis par le nom d'Equus-Mylodon-zone. H Sy trouve avec un autre groupe de Gravigrades depuis plus longtemps immigré, celui des Megalonyx; c'est ce dernier, mieux adapté à un climat en voie de refroidissement, qui a survécu pendant le Quaternaire moyen.
Dans l'Amérique du Sud, le groupe des Mylodontidés a persisté longtemps. La découverte de morceaux de peau couverts de poils, de membres avec les muscles encore adhérents, d’excréments même, d'un proche parent de Mylodon (Neomylodon Listai— Grypotherium) dans une caverne de la province d'Ultima Esperanza, au Sud de la Patagonie, a montré qu'ils ont été contemporains de l'Homme; certains auteurs ont même prétendu qu'ils avaient pu être domestiqués.
(® Et d'un genre très voisin, sinon identique, @ Dans les Blanco beds. nommé Paramylodor, ® Osnonx, Age of Mammals, p. 439.
EDENTÉS. : 9291
Ancêtres des Mylodon.—- Les ancêtres des Mylodon remontant à l'époque du Santa-Cruzien sont peu connus. Les animaux décrits par Ameghino et Scott, sous les noms de Vematherium, d'Analcitherium, sont intéressants surtout parce qu'ils présentent des caractères mixtes entre les Mylodontidés et une autre famille de Gravigrades qui est beaucoup plus richement représentée dans le Miocène de Patagonie, les Mégalonychidés ®. Nous n'avons pas à nous occuper ici de ces derniers, car ils ont émigré de très bonne heure vers le Nord et äls ne font partie ni de la faune du limon des Pampas, ni de la faune de Tarija.
Ameghino a signalé la présence de lointains ancêtres des Mylodon même dans l'Oligocène ou l'Éocène de Patagonie (couches à Pyrotherium); ce sont des fossiles encore très mal connus.
SCELIDOTHERIUM TARIJENSE P. GERv.
Parmi les ossements rapportés de Tarija par Weddel, se trouvait une tête que Gervais a décrite et figurée® en l'attribuant à un genre Scelidotherium", établi peu avant par Owen.Il a comparé ce fossile avec l'espèce type S. leptocephalum, du limon des Pampas. « Il est plus fort, écrit Gervais, les crêtes occipitale et sagittale y sont mieux accusées. La mächoire inférieure est, en particulier, remarquable par la plus grande élévation de sa table externe, ainsi que par la courbure bien plus considérable de son bord inférieur dans la partie correspondant à la région dentaire. »
La mission de Créqui-Montfort a rapporté du même gisement un crâne malheureusement dépourvu de dents (pl. XXIIT, fig. 2), deux fragments de mâchoires, l'un supérieur, l'autre inférieur, et quelques os
( L'ancêtre le mieux connu des Megalonyx, dans le Miocène de Patagonie, estle genre Hapalops. Matthew vient d'en montrer, après les beaux travaux de Scott, les caractères primitifs en figurant un squelette récemment monté ( Amer. Mus. Journal, t. XU, 1912, p. 300).
@ Il y aurait un Mégalonychidé dans le Miocène moyen (Mascall beds) de l'Orégon (Sincrain, Some Edentate-like remains from
the Mascall beds, Univ. of Calif. Public. Dep of Geology, vol. V, 1906). Le fait demande confirmation.
6) P, Gervais, loc. cit. Voy. de Castelnau, p. 50, pl. XI, fig. 2 et pl. XIII, fig. 4, 5.
(% Owen, On the Scelidotherium (Philos. Trans., 1857). L'étymologie est probablement oxéos, jambe, Owen ayant été frappé de la largeur et de l'aplatissement du fémur.
des pattes, notamment deux calcanéums. Ces ossements indiquent un animal de taille sensiblement supérieure à l'espèce commune dans le limon des Pampas.
Les dents, bien caractérisées par la forme de leur section, ne présentent d’ailleurs rien de particulier.
Le calcanéum (pl. XXIV, fig. 6) est identique à un calcanéum du limon des Pampas que Gervais avait attribué à un animal inconnu et nommé par lui Valgipes deformis . Ces calcanéums sont d’ailleurs d'une taille sensiblement supérieure à ceux du squelette de Scelidotherium leptocephalum, monté dans la galerie de Paléontologie du Muséum et provenant du Pampéen.
SCELIDOTHERIUM PATRIUM AMEGy.
La collection comprend encore une portion de mâchoire de Scelidotherium de taille beaucoup plus petite. Elle paraît identique, en raison même de cette exiguité de taille, à celle d’une espèce dont le type, décrit par Ameghino, vient de l'Infra-Pampéen de Monte Hermoso, mais qui, suivant Ameghino et suivant Lydekker!”, se trouve aussi dans le Pampéen, le S. patrium.
Nous ne signalons cette espèce que pour donner une liste aussi complète que possible de la faune de Tarija et pour montrer combien les Édentés qui vivaient en ce point, aujourd'hui désert et situé à 1,900 mètres au-dessus de la mer, sont semblables à ceux dont on trouve, d'autre part, les restes dans le limon des Pampas de Buenos- Aires, à quelques dizaines de mètres d'altitude.
® Amecmino, Mam. fs. de la Rep. Argent., 1889, p. 700. — © Lypekker, Pal. Argent., p. 90, pl. LV.
Les Due actuels de l'Amérique du Sud appartiennent, pour Ja ee. au sous-ordre des Myomorphes. Ce sont des immigrés venus de Amérique du Nord, probablement en même temps que les Éléphants, des Chevaux et les Lamas, car les beaux travaux de M. Scott sur la faune | miocène de Patagonie ( montrent que ce sous-ordre n'avait aucun à représentant sur le continent sud-américain avant le Pliocène. Les recherches paléontologiques antérieures pouvaient d’ailleurs faire prévoir ce résultat, puisque Winge ©, étudiant les Rongeurs des cavernes du Brésil, avait été frappé de ce que les « pays de l'Amérique du Sud sont les seuls qui soient si pauvres en types et si riches en formes d'un petit nombre de familles ».
Mais jusqu'à présent aucun reste de ces Myomorphes n'a été décou- Fi vert à Tarija, soit que leurs ossements trop petits aient échappé aux investigations des explorateurs de ce gisement et des indigènes qui les aïdaient, soit que ces Rongeurs, venus du Nord, aient mis pour atteindre __ cette région un temps plus considérable que les grands herbivores accomplissant la même migration. Les ossements des Rongeurs, recueillis à | Tarija par Weddel, par de Carles, par M. de Créqui-Montfort, appar- tiennent tous à des animaux du sous-ordre des Hystricomorphes, dont les ancêtres sont connus au Tertiaire inférieur et moyen de l'Europe et de la . Patagonie, et dont les représentants actuels (à l'exception des Porcs-épics, qui vivent jusqu'en Europe, dans l'Inde et en Malaisie, et de l'Erethi- zon qui habite l'Amérique du Nord) se trouvent tous en Afrique et dans Méridionale ou Centrale.
Princeton University Expedition to Patago- fundne og nalevende Gnavere (Hodentia) fra , door Vol. V. Paleontology, Part. III. Lagoa Santa, Minas Geraes (Brasilien) af H. Glires by W. B. Scorr, 1905. Wance (avec résumé en français), Copenhague, j ee 'E Museo Lundi. Fôrste Bind II: Jord- 1888.
On a trouvé à Tarija les restes de trois genres seulement : Ctenomys, Mocastor et Ilydrochærus, qui sont encore tous trois représentés, dans la même région, par des espèces peu différentes de ces formes fossiles.
CTENOMYS SUBASSENTIENS Amecn.l).
Les Ctenomys sont des Rongeurs spéciaux à l'Amérique du Sud, où ils sont connus sous le nom de Tucutuco rappelant leur cri. Ils se creusent de longs terriers en forme de galeries, assez nombreux et assez peu profonds pour gêner, souvent d'une façon dangereuse, la marche des cavaliers. On en connait actuellement une dizaine d'espèces au moins ° au Paraguay, au Brésil, dans l'Uruguay, en Bolivie, dans l'Argentine et jusqu'à la Terre de feu. Ils habitent les Hauts Plateaux boliviens où on les rencontre jusqu'à 4,500 mètres d'altitude. A l'état fossie, des restes de Ctenomys ont été trouvés dans les limons des pampas de Buenos-Aires et du Parana, dans les cavernes à ossements du Brésil.
C'est un genre extrêmement facile à reconnaître par la forme de ses molaires, au nombre de quatre de chaque côté en haut et en bas; les trois premières ont un contour réniforme et la dernière, très réduite, est subcylindrique; les molaires inférieures (pl. XXV, fig. 8), ont leur
concavité tournée vers l'intérieur, tandis que les molaires supérieures |
sont concaves vers l'extérieur.
Ameghino a cru pouvoir distinguer trois espèces parmi les ossements de Ctenomys de Tarija : C. subassentiens, C. subquadratus et C. brachyrhinus ®), Mais par les descriptions mêmes d’Ameghino et par les figures qui les accompagnent on peut reconnaître qu'il s’agit là des variations individuelles d’une seule espèce.
AmeGnino, Notas sobre algunos Mamiferos del Valle de Tarija, 1902, p. 242, pl. IV, fig. 20.
® Aurex et O. Taomas ont, depuis quelques années, beaucoup augmenté le nombre de ces espèces.
®) Neveu-Lemarre et G. Granpinier, Les Mam-
mifères des Hauts Plateaux de l'Amérique du Sud
(Mission deCréqui-Montfort, Paris, 1911, p. 14). ® C. Lujanensis Amegh. (Man. f6s. de la Rep.
Argent., 1889, pl. VI, fig. 20). C. Bonaerensis Laurill. et d'Orb. (Voy. dans l'Amér. Mérid., p. 142, pl. IX, fig. 7}.
6) Amecnino, Mamiferos fésiles del Valle de Tarija, 1909, p. 242-243, pl. IV, fig. 19, 20, 21.
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RONGEURS. 295 H est conforme aux règles de la nomenclature paléontologique de donner à cette espèce le premier des noms qui lui ait été attribué, celui de C. subassentiens. est probable, d'ailleurs, que cet adjectif a été choisi … pour montrer l'analogie du fossile de Tarija avec les Ctenomys | actuels W. La principale différence qui puisse être notée, entre les
fragments de crânes et de mächoires de la collection de Créqui-
Montfort et les portions correspondantes du squelette du Ctenomys Brasiliensis, tient à la taille. La série des molaires inférieures du fossile a une longueur de o m. 012, tandis que cette longueur varie de o m.0072 à o m.0092 sur les séries dentaires que nous avons pu observer dans la
collection d'anatomie comparée du Muséum.
Les incisives du Ctenomys fossile étaient plus puissantes que celles de ses congénères actuels ®, probablement parce qu'il vivait à une époque de végétation plus abondante, On peut se rendre compte de cette différence, même lorsque les incisives sont brisées, en mesurant la largeur inter-maxillaire au milieu de la barre : elle est de o m.0187 pour le fossile, tandis que, sur les crânes actuels, elle n’est que de o m. 008 à O m. 010.
Les ancêtres des Ctenomys sont d'ailleurs absolument inconnus. Le groupe des Octodontidés, dans lequel on classe ce genre, ne serait pas
représenté dans le Miocène de Patagonie (Santa-Cruzien) d’après M. Scott
MYOCASTOR COYPUS Mouna.
Tout le monde connaît les Myopotames, gros Rongeurs de l'Amérique du Sud, souvent exhibés dans les ménageries. Ce sont des animaux aquatiques, répandus dans le Paraguay, l'Argentine, la Patagonie, mais qui ne vivent plus actuellement sur les Hauts Plateaux Boliviens.
( Subassentiens, qui concorde à peu près avec.
® H. Gervais et AmeGmino ont été frappés du même fait pour une forme des Pampas à laquelle ils ont, pour cette raison, donné le
IL n'est pas identique au Ctenomys de Tarija,
®) AMEGHINO a admis au contraire que les Octodontidés existaient dans le Santa-Cruzien et même dans les couches à Colpodon, qu'il considère comme plus anciennes (Zrrrez, Broirt,
nom de C. latidens (loc. cit., 1880, p. 69). Le type se trouve dans les collections du Muséum.
MANMIPÈRES DE TARHA.
ScuLosser, Grundzüge der Palæontologie, t. Il, 1911,p. 432).
On trouve à Tarija, à l'état fossile, les restes d'un Myopotame que rien ne permet de distinguer de l'espèce actuelle. La collection de Créqui- Montfort en renferme une mâchoire que nous figurons (pl. XXV, fig. 7). Ses molaires, avec trois replis d'émail vers l'intérieur et deux replis vers l'extérieur, sont faciles à reconnaître.
Ameghino a cru devoir séparer le Myopotame de Tarija non seulement de l'espèce actuelle mais du genre actuel et lui a imposé le nom de Matyoscor perditus d'après une molaire supérieure seulement. La comparaison de la mâchoire de notre collection avec des mächoires de Myopotame actuel montre qu'il y a identité absolue, même au point de vue de la taille.
La présence de restes de Myopotame dans les cavernes à ossements du Brésil a d’ailleurs été indiquée, dès 1845, par Lund © et dans les limons des Pampas, par H. Gervais et Ameghino P/.
Son existence à Tarija impliquait un climat plus humide que le climat actuel, l'existence de marais ou de cours d'eau peu rapides et assez larges.
On connaît ses ancêtres dans l'Amérique du Sud. Scott a décrit l'un d'eux, avec beaucoup de détails sous le nom de Neoreomys australis *, H provient du Santa-Cruzien (Miocène), et la comparaison de sa mâchoire inférieure avec celle du Myopotame de Tarija montre bien que les lois de l'évolution sont les mêmes pour tous les groupes et que, presque toujours, dans la transformation de l'appareil masticateur, les molaires antérieures ont une tendance à diminuer tandis que les dents postérieures ont une tendance à se développer.
L'origine de ces Neoreomys est encore très obscure. On peut admettre
® AmeGmino (F.), Notas sobre algunos Mami- trouve encore dans les collections du Muséum.
feros del Valle de Tarija, 1902, p. 241, pl. HI, fig. 13.
(3) Myocastor antiquus Lux», Loc. cit., p. 249, pl. 21.— WinGe a reconnu qu'il s'agit de l'espèce actuelle, qu'il nomme M. castoroides Burrow, terme synonyme de M. coypus Mol.
© Loc. cit., 1880, p. 66. — Le type de M. priscus Gerv. et Am, figuré par Ameghino en 1889 (Mam. f6s. Rep. Argent., p. 133, pl. V), se
() Princeton Expedition to Patagonia. Vol. V, part. III, Glires, p. 394 et suiv. Les ossements de Myopotame recueillis à Tarija sont trop peu nombreux pour que nous puissions nous étendre ici sur la phylogénie de cet animal, mais nous devons signaler à l'attention des anatomistes l'intérêt des figures comparatives de Myocastor et de Neoreomys données dans cette partie du bel ouvrage de M. Scott.
qu'ils dde des Theridomys de FOligocène d’ Europe ou, tout au moins, qu'ils ont eu avec ces derniers des ancêtres communs.
HYDROCHOERUS CAPYBARA ERXLEB. vAR TARIJENSIS AMEGH.
La troisième espèce de Rongeur, dont les restes ont été rapportés de Tarija, est de taille plus considérable encore que le Myopotame. Il est très voisin du Cabiai, Hydrochærus capybara !. Celui-ci, le plus grand des Rongeurs actuels ©, vit dans les lieux humides, sur les bords des rivières et des lacs, où il cherche sa nourriture et dont il s'éloigne peu, dans la plus grande partie de l'Amérique Méridionale, à la Guyane, au Pérou, au Brésil, dans la République Argentine.
Les molaires d'Hydrochærus sont extrêmement caractéristiques : les trois premières supérieures sont en forme de doubles cœurs; la quatrième, presque aussi longue que les trois premières réunies, est composée d’une douzaine de lames accolées et de deux lames disposées en forme de cœur en avant: les inférieures sont du même type mais un peu plus compliquées.
P. Gervais avait aisément reconnu la présence de telles dents parmi les ossements recueillis à Tarija par Weddel. Tout en faisant remarquer qu'elles étaient de tailles supérieures à celles du Cabiai actuel, il n'avait pas cru pouvoir aflirmer que l'animal de Tarija différait spécifiquement de son congénère actuel. Il a paru utile à Ameghino, trente ans plus tard, de distinguer le Cabiai de Tarija sous le nom de H. taryensis\). Après examen de deux cränes, d'une mâchoire inférieure et de quelques os des pattes recueillis par la mission de Créqui-Montfort, il nous semble que les différences sont constantes et qu'on peut considérer le Cabiai de Tarija sinon comme une espèce distincte, du moins çomme une variété de grande taille.
Certains auteurs écrivent Hydrochærus capi- fères fossiles de l'Amérique méridionale, 1855, vara. : p: 13, pl X, fig. 1.
Son poids peut , au dire de Brehm , atteindre (% AmeGrino ( F.), Contribucion Mamiferos 50 kilogrammes, sa longueur 1 m. 15 etsa del valle de Tarija, 1902, p. 244, pl I, hauteur o m. 50. fig. 14-19.
® Gervais (P.), Recherches sur les Mammi- 6) Tandis que la longueur de la série des
Ces énormes Rongeurs, d'habitudes aquatiques, n'ont pu vivre à Tarija, au moment où se déposaient les couches fossilifères, que dans des conditions climatériques différentes des conditions actuelles. La région était sans doute inondée de pluies abondantes, formant sur le pays, moins raviné qu'aujourd'hui, des cours d'eaux larges et des marécages rappelant les arroyos et les marigots du Brésil ou de la Guyane.
Les restes d'Hydrochærus sont d'ailleurs extrêmement communs dans les cavernes à ossements du Brésil et dans le Pampéen. Au Brésil, la plupart appartiennent, suivant Winge, à l'espèce actuelle ou à des variétés de grande taille (A. capybara antiquus Lund); dans le limon des Pampas, H. Gervais et Ameghino ont distingué un nombre d'espèces certainement trop considérable : H. perturbidus, H. trroratus, H. robustus, etc. 0).
Un animal du même genre a d'ailleurs été trouvé à l'état fossile dans l'Amérique du Nord. Leidy l'a décrit sous le nom d'Oromys Æsopr. H est, parait-il, très voisin d'Hydrochærus capybara, mais nous manquons de renseignements sur son gisement; il est probablement venu de l'Amérique du Sud vers l'Amérique du Nord, en même temps que les grands Édentés ®.
Les ancêtres du Cabiai. — Les formes ancestrales du Cabiai ont en effet vécu au Miocène dans l'Amérique du Sud. Le genre Eocardia, du Santa-Cruzien, découvert d'abord par Ameghino, décrit ensuite avec grand soin par Scott, est la plus commune de ces formes. Ses dents sont du même type que celles d'Hydrochæras, mais beaucoup plus simples; son crâne est plus arrondi, plus primitif que le crâne plat du
molaires supérieures est de o m.080 à o m.082 certainement du Cabiai actuel; elle représente sur les crânes de Cabiais actuels de la collec-. un animal énorme, presque deux fois plus grand tion d'Anatomie comparée du Muséum, elle que l'A. capybara.
est de om. 088 à o m. og0 sur les crânes fos- @) Proc. Ac. Phil. Soc., 1853, p. 241. —
siles de Tarija. Le nombre des. lames de la Homes, Post plioc. foss. South Carolina, 1860, dernière molaire varie, suivant les individus, p- 112, pl. XXI, fig. 3-6.
de 19 à 14. () Princeton Expedition to Patagonia. Vol. V, L'une pourtant de ces espèces, H. magnus, part. I, Glires, p. A6: et suiv.
dont le type se trouve au Muséum, est différente
Cabiai et sa mâchoire inférieure ne présente pas encore d'énormes saillies latérales pour l'insertion des muscles masticateurs.
Mais si l'on veut trouver les précurseurs de ces Æocardia, les lointains ancêtres de la famille des Caviinés, 1 semble que ce soit en Europe qu'il faille les chercher, parmi les Rongeurs des Phosphorites du Quercy ou d'Auvergne décrits sous les noms de Nesokerodon ou d'Issiodoromys. C'est la même conclusion que celle à laquelle on arrive en cherchant l'origine des Myopotames { Capromyidés) ; ils descendent certainement de Rongeurs sud-américains, lesquels sont probablement venus d'Europe, mais il est actuellement impossible de préciser le chemin suivi par cette migration et l'époque à laquelle elle a eu lieu.