MALADIES DES PAUPIERES ET DE L.A CONJONCTIVE
§ I. — ANKYLOBLÉPHARON DE LA PAUPIÈRE INFÉRIEURE ET SYMBLÉPHARON PARTIEL DE LA PAUPIÈRE SUPÉRIEURE CONSÉCUTIFS A UN PHLEGMON TRAUMATIQUE DE L'OEIL GAUCHE. OPÉRATION AUTOPLASTIQUE. GUÉRISON.
Tous les auteurs s'accordent à dire que la guérison de l'ankyloblépharon et surtout du symblépharon n'est pas chose facile, et que, dans beaucoup de circonstances, les opérations les plus ingénieuses et les plus habilement exécutées échouent complètement. La gravité du pronostic est en raison directe de l'étendue des parties réunies et des lésions concomitantes des paupières et du globe oculaire ; aussi avant de faire une opération, faut-il avoir soin de peser les chances favorables de succès afin de ne pas exposer inutilement le malade aux complications qui peuvent survenir dans certains cas après les opérations de ce genre, la panophtalmite ou l'érysipèle par exemple. Il faut surtout se bien pénétrer de ce précepte, à savoir que si la muqueuse fait défaut pour recouvrir les surfaces que l'on veut maintenir séparées après les avoir désunies, les dissections les plus étendues seront promptement suivies d'une nouvelle adhérence qui rétablira les choses dans leur état primitif, ou occasionnera des désordres plus graves et plus gênants que ceux qui existaient auparavant. Je me hâte de dire cependant que les cas absolument défavorables sont rares et qu'au moyen d'une opération bien exécutée, en combinant parfois la greffe humaine ou animale à l'autoplastie, la plupart des symblépharons et tous les ankyloblépharons doivent guérir.
Les méthodes employées par les chirurgiens sont assez nombreuses et diffèrent selon les cas que l'on a à traiter; elles varient suivant que l'œil est sain ou perdu et d'après le résultat que l'on