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MALADIES DES PAUPIÈRES ET DE LA CONJONCTIVE

désire obtenir : telle opération, presque inutile avec un œil qui a conservé tout ou partie de ses fonctions visuelles, est plus que suffisante pour permettre l'emploi d'une pièce artificielle, ce qui, dans beaucoup de cas, n'est pas un médiocre avantage et rend de très grands services aux personnes que leurs occupations ou leur position sociale obligent à faire usage d'un œil artificiel.

11 n'entre pas dans mon sujet de parler ici des diverses méthodes employées par les chirurgiens pour obtenir la séparation définitive des parties unies accidentellement à la suite d'un processus morbide, brûlure, phlegmon, etc., ni de discuter leur valeur; la plupart, en effet, répondent à des indications spéciales que le chirurgien doit savoir saisir et sont parfaitement décrites dans tous les ouvrages de pathologie. L'observation suivante, dans laquelle j'ai employé la suture élastique pour l'ankyloblépharon, et la méthode autoplastique dedeArlt pour le symblépharon, en même temps qu'elle atteste la valeur et l'excellence de la dite méthode, au point de vue du résultat immédiat et définitif, permet encore de démontrer ce fait, que les culs-de-sac, au lieu de diminuer peu à peu avec les progrès de la cicatrisation et l'usage de l'œil artificiel, ont au contraire augmenté d'étendue au point de permettre, deux mois après l'opération, l'emploi d'une pièce d'émail deux fois plus grande que celle qui avait pu être supportée dans les premières semaines qui ont suivi l'opération.

Observation

M. B..., âgé de vingt-quatre ans, se présente à ma consultation le 3 janvier 1882 en me priant de faire le nécessaire pour qu'il lui soit possible de porter un œil artificiel. Il me raconte en même temps qu'un mois auparavant il a été frappé à l'œil gauche par une branche d'arbre et qu'à la suite de ce traumatisme l'œil est devenu rouge, a augmenté considérablement de volume et a fini par donner lieu à une suppuration assez abondante qui a duré une dizaine de jours. Peu à peu, l'écoulement de pus a cessé, mais en même temps le globê oculaire s'est vidé à peu près complètement, et, aujourd'hui, on ne trouve plus qu'un petit moignon bosselé et presque immobile.

H. Armaimac, Mémoires d'ophtalmologie.

MÉMOIRES D'OPHTALMOLOGIE PRATIQUE.

De plus, la paupière inférieure est réunie vers son tiers interne avec le moignon et le bord de la paupière supérieure comme le représente la figure 6. Un stylet recourbé introduit dans le cul-de-sac inférieur permet de constater l'intégrité de ce dernier et le peu d'étendue de l'ankyloblépharon. La même manœuvre pratiquée dans le cul-de-sac supérieur donne au contraire un résultat bien différent, car ici c'est tout le quart interne de la paupière qui est adhérent au moignon dans toute l'étendue indiquée dans la figure G par la surface pointillée. Le malade étant très pusillanime, je résolus de libérer d'abord la paupière inférieure, et, pour cela, je compris l'adhérence dans une anse de fil de caoutchouc fortement serrée. Le lendemain la section

était complète, l'anse de fil était tombée et la paupière inférieure pouvait s'abaisser suffisamment pour découvrir tout le cul-de-sac inférieur et une assez grande étendue du moignon.

Le 11 janvier, je procédai de la manière suivante à l'opération du symblépharon de la paupière supérieure :

Pendant qu'un aide maintenait les paupières écartées et le moignon découvert, je fis sur ce dernier une incision quadrangulaire a b c d (fig. 7), et le petit lambeau, saisi à sa partie inférieure avec des pinces fines à dents de souris, fut disséqué dans toute sa partie profonde et ne tint bientôt plus que par son bord palpébral a d. Je libérai alors la paupière supérieure avec le bistouri et les ciseaux jusqu'à la hauteur du cul-de-sac primitif, et, faisant tourner le petit lambeau autour de sa ligne d'insertion a d comme charnière, j'essayai de l'appliquer par sa face

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