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CHAPITRE I

MALADIES DES VOIES LACRYMALES

§ I. - CONSIDÉRATIONS SDR L'ÉTIOLOGIE ET LA THÉRAPEUTIQUE DES AFFECTIONS DES VOIES LACRYMALES.

Les affections des voies lacrymales occupent une très grande place dans la pathologie oculaire et leur traitement a donné lieu à de nombreux et importants travaux dont quelques-uns, déjà oubliés, n'ont plus qu'un intérêt historique, tandis que d'autres ont encore un grand retentissement et jouiront pendant longtemps d'une juste faveur auprès des médecins. Les traités didactiques récents et les mémoires spéciaux semblent avoir tout dit relativement à la thérapeutique des maladies des voies lacrymales, qui paraît très simple au premier abord; mais après quelques années de pratique on ne tarde pas à s'apercevoir qu'il y a encore une foule de petits détails à décrire et que les données physiologiques, ou prétendues telles, doivent être interprétées d'une certaine façon pour ne pas donner lieu à un traitement irrationnel dont les conséquences pourraient être parfois plus graves que celles du mal lui-même qu'il était destiné à combattre.

Je ne prétends pas dans ce travail me poser en réformateur ni indiquer toutes les particularités qui peuvent se présenter dans la pratique et dont l'énumération fastidieuse m'entraînerait beaucoup trop loin. Je veux laisser à chacun son initiative et je n'ai nullement l'intention d'apprendre quoi que ce soit à ceux qu'une longue pratique de la spécialité qui nous occupe aura mis à même de constater et de contrôler les faits dont il va être

MÉMOIRES D'OPHTALMOLOGUE PRATIQUE.

question, mais je crois être utile aux jeunes médecins, encore peu avancés dans la carrière, et aux praticiens peu familiarisés avec les maladies de l'appareil lacrymal, en leur donnant le résultat de mon observation et de mon expérience.

Un enthousiasme irréfléchi pour les nouvelles méthodes de traitement s'empare facilement de ceux qui les ont vu mettre en œuvre, ne fût-ce qu'à titre d'essai, et malheureusement l'autorité d'un grand nom sert trop souvent à accréditer la valeur de tel ou tel procédé opératoire qui ne peut résister ensuite à l'épreuve du temps. Sans sortir du sujet qui m'occupe en ce moment, il me serait facile de trouver les noms des plus illustres chirurgiens français ou étrangers attachés à des méthodes opératoires qui ont eu à une époque une grande faveur et qui sont tombées aujourd'hui dans un juste oubli. Beaucoup de méthodes actuelles suivront le même chemin, mais de tous ces travaux il restera néanmoins quelque chose d'acquis définitivement à la science et, sans vouloir faire table rase du passé et du présent, si par voie d'éclectisme et sans parti pris on prend à chaque procédé ce qu'il a de bon, on a beaucoup plus de chance d'arriver à un résultat satisfaisant. C'est cette méthode que j'ai suivie depuis quelques années, et ce sont les résultats que j'en ai obtenus qui m'ont engagé à publier ce travail.

Les affections des voies lacrymales sont très nombreuses et très fréquentes, néanmoins elles se traduisent presque toutes par deux symptômes sur lesquels se porte l'attention des malades et qui constituent pour eux toute la maladie. Ces deux symptômes sont : 1° l'épiphora ou larmoiement; 2° la tumeur et la fistule lacrymales auxquelles on peut ratacher le phlegmon du sac lacrymal.

Au lieu de décrire chaque maladie en particulier, il sera beaucoup plus pratique, je crois, d'étudier d'une façon générale les deux symptômes dont je viens de parler et de rechercher quelles sont les maladies qui peuvent y donner lieu en indiquant à propos de chacune d'elles le traitement qui lui convient.

Je traiterai donc successivement :

1° De l'épiphora;

2° De la tumeur lacrymale ;

3° De la fistule lacrymale et du phlegmon du sac lacrymal.

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