OPÉRATION DE LA CATRACTE CHEZ LES DIATHÉSIQUES
voir distinctement à un mètre de distance, les lunettes étant placées à une distance moyenne des yeux. Quand elle veut voir plus près, elle éloigne le verre ; quand elle veut voir plus loin, elle le rapproche, et c'est ainsi que le même verre lui sert pour voir assez bien à toutes les distances, depuis 30 centimètres jusqu'à 1°>50 à 2 mètres.
Le 26 juin 1878. — Ayant eu occasion de revoir la malade, j'ai trouvé son état général toujours très bon. La vue avait encore baissé du côté droit et suffisait à peine pour lui permettre de se conduire avec cet œil. L'œil opéré était toujours dans le même état, et la vision très satisfaisante. A l'éclairage latéral, on voyait une mince toile dans le champ pupillaire, et je suis persuadé qu'il suffirait de la fendre pour obtenir une acuité égale à 1 . Néanmoins, malgré le peu de danger d'une semblable opération, je n'insiste pas pour la pratiquer, de crainte qu'une nouvelle intervention n'entraîne quelque complication, et ne fasse diminuer sa vue actuelle qui lui suffit parfaitement pour faire son service.
H. — Cataracte dure, complète; albuminurie considérable et permanente ; glycosurie intermittente. Cachexie très avancée. Opération. Guérison rapide. Mort subite du malade quatre mois après.
M. A. de F..., âgé de cinquante ans, est traité depuis longtemps pour le diabète qui a été reconnu il y a plusieurs années ; cependant, les diverses analyses qu'il a fait faire ne concordent pas entre elles, attendu que les unes accusent la présence du giycose tandis que d'autres sont négatives sur ce point. Ayant fait moi-même l'analyse à plusieurs reprises, j'ai constaté tantôt un peu de sucre, tantôt une absence presque complète de ce corps; cette différence provenait incontestablement de la façon irrégulière dont ce malade suivait le régime qui lui avait été prescrit par son médecin.
Mais si la quantité de sucre était relativement faible, ou même parfois nulle, la quantité d'albumine était toujours énorme, car après repos et refroidissement des tubes d'essai traités par la chaleur, le dépôt d'albumine coagulée atteignait la moitié de la hauteur du liquide. L'examen microscopique de l'urine et l'étude des symptômes fonctionnels permettaient cependant d'écarter toute affection rénale.
mkmoiuks d'ophtalmologie pratique.
M. de F... avait, oommenoé à maigrir depuis plusieurs mois et était sujet, de temps eu temps, à des attaques de dyspnée et à de violentes palpitations. Sa vue, qui avait commencé abaisser depuis trois ans au moins, était restée suffisante, jusqu'à il y a trois mois, pour permettre au malade de lire les caractères ordinaires et même l'écriture, mais, presque subitement, l'amblyopie avait fait de tels progrès que bientôt le malade avait de la peine à se conduire seul. Ses deux cornées présentaient quelques taies anciennes et il avait existé de tout temps une myopie très forte.
N'ayant rien à perdre en cas d'insuccès, et le malade réclamant avec instances l'opération, je me décidai, le 21 juin 1882, à opérer l'œil gauche, qui était le plus atteint, et avec lequel les doigts avaient de la peine à pouvoir être comptés à 20 centimètres de distance.
Je transcris ici littéralement les notes quotidiennes de mon cahier d'observations :
Le 21 juin. — Opération par extraction. Kératomie supérieure avec lambeau de 3 millim. de hauteur. Petite iridectomie. Déchirure de la capsule avec le kystitome. Extraction facile du cristallin avec la pelle de Weber appuyée sur la lèvre postérieure de l'incision pendant que la partie inférieure de la cornée est déprimée avec le dos de la curette de caoutchouc. Expulsion de quelques masses corticales du cristallin au moyen de légères pressions exercées sur le globe à travers les paupières. Essai de vision très satisfaisant. Deux gouttes d'une solution de sulfate d'ésérine à 1/200; bandeau légèrement compressif. Décubitus dorsal.
le 22. — J'enlève le bandeau. Le malade ne souffre pas et il n'existe aucune trace extérieure d'inflammation. En entr' ouvrant les paupières, je puis constater que l'iris est fortement contracté et que la chambre antérieure est en grande partie reformée. Je remets le bandeau.
le $3. — Même état. Lavage extérieur de l'œil avec une solution
de phénol. Bandeau.
Le 24. — Même état; même pansement. Le malade pourra se lever dans la journée.
Le 26. — Pendant la nuit le malade a beaucoup souffert des reins et a eu de fréquents besoins d'uriner. La miction est très douloureuse. L'œil va toujours très bien. Lavage à l'eau simple;