‹ Mémoires et observations d'ophthalmologie pratique [electronic resource]Chapitre 62 sur 106 · OPTIQUE. OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OPTIQUE. OBSERVATIONS

L'atrophie simple progressive du nerf optique présente, la plupart du temps, une étiologie tellement obscure, que les investigations les plus étendues et les plus complètes, l'expectation et l'observation les plus attentives et les plus prolongées, n'arrivent qu'à un seul résultat, c'est de constater le mal et, le plus souvent, d'assister impuissant à sa marche progressive qui se termine, dans beaucoup de cas, par la cécité complète, soit d'un seul œil, soit des deux à la fois. Il ne faut pas ignorer, cependant, que certaines atrophies, franchement progressives, peuvent avoir de temps en temps des moments d'arrêt plus ou moins prolongés ou ne se terminent pas toujours par la cécité absolue ; mais l'amélioration spontanée, et à plus forte raison la guérison complète et durable, est un fait suffisamment rare pour qu'il ne soit pas permis de compter souvent sur une si heureuse éventualité.

En raison de ce que je viens de dire, il n'est donc guère permis de porter à l'actif d'une médication quelconque un résultat qui, en somme, peut n'être que la marche naturelle de la maladie. J'ai vu bien souvent des atrophies progressives à marche rapide, tout d'abord demeurer statidnnaires pendant plusieurs années ou même s'arrêter brusquement. Aussi, pour compter sur l'efficacité incontestable d'une médication, il faut, à mon avis, d'abord arrêter la maladie, puis améliorer la vision.

On a essayé jusqu'ici bien des traitements, et chacun parait avoir donné des résultats plus ou moins satisfaisants, mais l'obscurité même de l'étiologie fait qu'on agit dans tous les cas d'une façon absolument empirique. Il n'est donc pas étonnant qu'ici, de même que dans les maladies dont la cause est la mieux connue, aucune médication ne soit spécifique et que les traitements les plus divers donnent parfois des résultats inespérés. Malgré la gravité du pronostic d'une affection aussi grave que l'atrophie progressive, il ne faut jamais désespérer, surtout au début, ni se condamner à une simple expectationdont la moindre conséquence serait de jeter le malade dans un désespoir qui pourrait, à lui seul, hâter la marche de la maladie.

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