‹ Mémoires et observations d'ophthalmologie pratique [electronic resource]Chapitre 77 sur 106 · AST11EN0P1E IIYPERM1ÎTROPIQUE ET STRABISME CONVERGENT · texte numérisé non relu

AST11EN0P1E IIYPERM1ÎTROPIQUE ET STRABISME CONVERGENT

visuels convergent plus ou moins, et que l'accommodation entre en jeu. Le strabisme est dit alors périodique; il peut même rester dans cet état toute la vie et ne devenir jamais permanent. Il est des cas cependant où le strabisme est organique et congénital. Pour ma part, j'ai observé plusieurs fois des enfants chez qui le strabisme avait été observé par les parents et par moi-même, quelques semaines après la naissance, et avait persisté pendant toute la première enfance jusqu'à ce qu'un traitement l'eût fait disparaître. Il ne s'agissait nullement, dans ces cas, de strabisme paralytique ayant succédé à des convulsions. J'observe en ce moment un fait de ce genre chez deux enfants de la même famille.

L'expérience démontre d'une façon évidente l'influence de la convergence et de l'accommodation sur la production du strabisme, mais le mécanisme intime n'est peut-être pas aussi facile à démontrer, malgré les théories qui ont été émises jusqu'à ce jour, et qui semblent cependant l'expliquer d'une façon suffisante.

A propos de l'angle «, Donders dit que l'on éprouve beaucoup plus de difficulté pour faire diverger les axes optiques que pour les faire converger, et que si, dans la vision à distance, la divergence des axes cornéens demeure souvent insuffisante, de même la convergence de ces axes devient, dans la vision de près, relativement trop considérable. La grandeur de l'angle a prédispose donc, selon lui, au strabisme convergent.

Dans les circonstances ordinaires, on sait qu'à chaque degré de convergence correspond une somme déterminée d'accommodation qui permet à l'image rétinienne d'aller se faire sur la rétine. En convergeant pour une distance plus rapprochée que l'objet, l'hypermétrope accommode davantage et parvient ainsi à voir distinctement cet objet, mais alors la vision ne peut être nette qu'à condition d'être monoculaire et, dans ce cas, on voit généralement le sujet tourner la tête du côté de l'œil qui fixe, ou transporter l'objet fixé du côté opposé. La figure suivante fera parfaitement comprendre ce que j'indique ici :

Soit un objet A situé à une petite distance et fixé par les deux yeux 0 G et 0 D. Pour que cet objet soit vu distinctement par les deux yeux à la fois, il faut nécessairement que son image aille se former en t et C sur la tache jaune de chacun d'eux. Mais pour cette distance l'accommodation est insuffisante; la convergence devra donc augmenter pour obtenir l'accommodation néces-

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saire, c'est-à-dire que les lignes visuelles devront se diriger vers le point a. Dans cette position des yeux l'image de l'objet A tombe nécessairement en dedans des deux taches jaunes, et dès lors il n'est pas vu distinctement. Que faire alors?

Deux moyens se présentent : 1« Transporter l'objet en À' sur le prolongement de la ligne a o ; dans ce cas son imaçe se formera sur la macula de l'œil droit, tandis qu'elle tombera nécessairement en dedans du côté gauche ; la vision binoculairen'existeraplus, l'œil droit seul verra l'objet ; 2° diriger la ligne visuelle a o suivant a'o, c'est-à-dire dans la direc- Fig- 8-

tion de l'objet A, en conservant toujours la même |convergence. Pour que l'angle o a' o' reste égal à l'angle primitif o a o' il faudra nécessairement que la tête se dévie à droite et que la ligne des centres optiques o o' tourne autour du point o comme centre. C'est pour cette raison, je crois, que les strabiques hypermétropes tournent la tête du côté de l'œil qui fixe. Dans cette nouvelle position la macula de l'œil droit reçoit toujours l'image de l'objet A, tandis que la tache jaune de l'œil gauche recevrait l'image d'un objet situé en A", celle de A tombant en dedans du côté de la papille.

L'œil qui ne fixe pas n'a plus de modérateur qui règle l'action de ses muscles comme dans la vision binoculaire, et dès lors le droit interne peut se contracter à son gré sans crainte de produire une diplopie gênante et tout en facilitant l'accommodation.

La répétition de cet acte entraîne une contracture de ce muscle en même temps qu'un relâchement du droit externe, et si

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