‹ Mémoires et observations d'ophthalmologie pratique [electronic resource]Chapitre 79 sur 106 · D. H + 8D; Ash. 90° + 3D 0 = 4/18 0. G. H + 8D · texte numérisé non relu

D. H + 8D; Ash. 90° + 3D 0 = 4/18 0. G. H + 8D

Avec ces verres, la vision binoculaire se faisait parfaitement, de loin comme de près, malgré la petite différence d'acuité visuelle qui existait entre les deux yeux, et la lecture des caractères ordinaires d'un livre, correspondant au numéro 1.50 des échelles de Snellen, devenait très facile à 30 centimètres. L'enfant était émerveillé de ce résultat si inespéré, et son précepteur, qui l'accompagnait, ne pouvait en croire ses yeux.

L'addition du cylindre à l'œil droit augmentant considérablement la vision, je prescrivis un verre sphéro-cylindrique. Je ne parvins pas à trouver d'astigmatisme du côté gauche, et quoique l'acuité visuelle fût moindre de ce côté que de l'autre, je ne pus

UN CAS d'aMETROPIE ASSEZ RARE.

l'attribuer qu'à un défaut d'usage. Peut-être qu'en paralysant davantage l'accommodation et en procédant à un nouvel examen après que l'œil aurait eu un peu de repos on aurait aussi trouvé de l'astigmatisme de ce côté, mais je ne puis l'affirmer, bien que la chose paraisse fort probable.

Afin de m'assurer si la diminution d'acuité de l'œil gauche tenait simplement à un défaut d'usage ou bien à un vice de réfraction, j'engageai le malade à exercer tous les jours cet œil avec son verre convexe et je le priai de me faire savoir plus tard le résultat de ce traitement optique.

Deux mois environ après l'emploi des verres, je reçus une lettre du jeune homme dans laquelle il me disait que sa vue s'améliorait de plus en plus et qu'il pouvait déjà travailler facilement pendant plusieurs heures et à la distance ordinaire sans se fatiguer.

Le 28 juin suivant je revis l'enfant. L'œil droit avait la même réfraction que la première fois, mais la vision avait remonté de 4/18 à 5/9. A gauche, au lieu de + 8 que j'avais trouvé la première fois, après un examen un peu incomplet il est vrai, je trouvais maintenant H +6; 65° -f 2 ; V = 5/18. Je prescrivis les verres suivants :

qui devraient être portés constamment pour voir de loin comme de près.

Un an après, le 26 juillet 1882, M. B... revint me voir. Il se trouvait toujours très bien de l'emploi de ses verres pour lire, mais, pour voir de loin, il les trouvait un peu forts. La mesure de la réfraction donnait à ce moment :

Je prescrivis ces verres.

Un an après, le 14 août 1883, je revis le malade : la réfraction et l'acuité visuelle de l'œil droit n'avaient pas changé; à gauche on pouvait avantageusement diminuer le verre d'une dioptrie : c'est ce que je fis.

Je restai deux ans sans revoir M. B... lequel continua à se servir pendant tout ce temps des verres déjà prescrits.

MEMOIRES D'OPHTALMOLOGIE PRATIQUE.

Au mois de septembre 1885, il revint chez moi et je mesurai de nouveau sa réfraction et son acuité visuelle. L'astigmatisme avait augmenté un peu à droite et égalait maintenant quatre dioptries; par contre l'hypermétropie avait diminué d'autant et la meilleure combinaison de verres pour cet œil était la suivante : + 5; 90° + 4. A gauche il fallait + 5; 05° -f 1. Comme il survenait un peu de fatigue pendant le travail, je prescrivis ces verres pour voir de loin et je fis ajouter une dioptrie pour voir de près.

Au mois de mars 1888, M. B... est revenu chez moi et j'ai constaté chez lui un peu de diminution de la vue, due sans doute à un surcroît de travail et à un peu de négligence dans l'hygiène oculaire. En effet, le malade habite loin de Bordeaux et est resté deux ans sans venir me consulter. De plus, ne l'ayant vu que pendant quelques instants à chaque consultation et n'ayant pas pu employer chez lui d'une manière méthodique des instillations d'atropine, j'ai dû me contenter d'une correction approximative de son amétropie ; c'est aussi ce qui explique les différents résultats que j'ai obtenus dans les diverses mensurations que j'ai faites de sa réfraction.

Au point de vue de l'hérédité j'ai constaté que le père de notre malade était atteint lui-même d'une hypermétropie de trois dioptries et n'avait qu'une vision assez médiocre. La mère voyait bien, mais possédait une dioptrie de myopie. Le frère aîné, actuellement âgé de trente ans, a une myopie de sept dioptries à droite avec une acuité visuelle égale à 5/9, et un astigmatisme symple hypermétropique de quatre dioptries à gauche ou V = 1/6 seulement.

Il résulte des observations que je viens de rapporter que pour l'hypermétropie, comme pour la myopie du reste, l'influence de l'hérédité est parfois absolument manifeste. L'amétropie peut atteindre chez quelques individus un degré extrêmement élevé et chez les sujets de la présente observation, par exemple, la réfraction du méridien horizontal gauche était à peu près la même que celle d'un œil emmétrope privé de cristallin. Si l'on admet avec les auteurs que chaque millimètre de raccourcissement de l'axe antéro -postérieur du globe corresponde à trois dioptries d'hypermétropie, nous trouvons un raccourcissement de près de quatre millimètres pour le méridien horizontal.

DE LA. CÉCITÉ DES MOTS

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