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LE DÉFAUT D'USAGE EST-IL UNE CAUSE D'AMBLTOPIE

noire mais placée trop haut pour être de quelque utiliLé, cependant il n'était pas prudent de continuer les manœuvres puisqu'il devenait évident pour moi que l'opacité pupillaire devait être constituée par la cristalloïde postérieure tapissée par une couche de substance corticale opaque. Pour cette raison, je me bornai à faire rentrer les angles de l'iris avec la spatule d'écaillé, j'instillai quelques gouttes de collyre d'ésérine et j'appliquai le bandeau ordinaire.

Je crois inutile de rapporter cette observation jour par jour ; je me bornerai à dire qu'il ne survint aucune complication sérieuse ; cependant la cicatrisation de la plaie cornéenne fut très lente parce que l'humeur vitrée resta engagée entre les lèvres de la plaie pendant plus de quinze jours, bien que j'eusse le soin de réséquer le prolapsus presque chaque jour, de maintenir en place le bandeau compressif et d'instiller fréquemment les collyres d'atropine ou d'ésérine, suivant que l'un me paraissait agir mieux que l'autre.

Des circonstances particulières obligèrent le malade à partir avant que la guérison fût bien avancée. Quinze jours après l'opération, au moment de son départ, il pouvait seulement* compter les doigts à 20 centimètres, mais l'état de la pupille ne permettait pas d'espérer pour le moment une meilleure acuité visuelle.

Sur mes instances, le malade revint à Bordeaux le 23 mars 1885 afin de subir une nouvelle opération destinée à agrandir la pupille.

A ce moment, je constatai que la pupille était complètement obstruée par une membrane opaque et que les angles de l'iris étaient adhérents à la cicatrice cornéenne. Malgré cela, le malade voyait suffisamment pour se conduire seul chez lui.

Je pratiquai une incision cornéenne de 4 millimètres de longueur au niveau de l'ancienne plaie de la cornée et, avec la pince à griffes, j'enlevai un assez large fragment de membrane pupillaire, ce qui me donna une pupille presque centrale et bien nette. Le malade, forcé par des circonstances budgétaires, ne put rester que trois jours à Bordeaux et repartit bien guéri néanmoins de son opération et pouvant déjà compter et distinguer les doigts à lm,50 avec + 12D.

H. Armaigiuc, Mémoires d'ophtalmologie.

MÉMOIRES D'OPHTALMOLOGIE PRATIQUE.

L'état de l'œil ne me permit pas de pratiquer l'examen ophtalmoscopique, cependant je pus constater a l'éclairage oblique que la pupille, qui paraissait nette à l'œil nu, était loin d'être ainsi : une membrane opaque, la cristalloïde postérieure sans doute, située assez profondément pour échapper à l'examen à l'œil nu, formait comme un écran; c'est ce qui expliquait la faiblesse encore grande de l'acuité visuelle, mais cette dernière me paraissait assez bien proportionnée à l'état de la pupille.

Le 17 août suivant, le malade revint me voir et je pus m'assurer alors que la pupille que j'avais faite au mois de mars était restée bien nette et assez large pour me permettre de faire un examen ophtalmoscopique complet. La vision était la môme que la dernière fois, mais l'oplitalmoscope démontrait facilement la cause de l'amblyopie, car il permettait de constater l'existence d'une névrite optique et d'un commencement de dégénérescence atrophique de la papille dont il fut impossible de découvrir la cause. La tension de cet œil était normale, et l'œil gauche lui-même ne présentait plus d'induration.

On pourrait objecter que l'acuité visuelle de l'œil opéré a été bien faible, mais l'état du nerf optique ne permettait pas de compter sur une meilleure vision. On remarquera aussi que cet œil, qui n'avait jamais vu, a eu son éducation faite à son insu, car il distinguait parfaitement les couleurs et reconnaissait tous les objets aussitôt après l'opération.

III. — Occlusion pupillaire presque complète du côté droit depuis 20 ans; cataracte mobile; strabisme divergent; vision nulle. Iridectomie et mobilisation du cristallin. Resti tution complète de la vue.

M G.., âgé de quarante-neuf ans, a perdu la vue de l'œil droit depuis plus de vingt ans sans pouvoir expliquer comment cela est arrivé, mais, je crois, à la suite d'une iritis. L'œil gauche ayant toujours été bon jusqu'à ces dernières années a servi exclusivement au malade pour toutes ses occupations, et il n'aurait plus songé à son œil droit si, depuis quelques mois, une cataracte s'étant rapidement développée à gauche, cet œillà n'était devenu complètement inutile pour la vision.

Lorsque le malade se présenta chez moi, le 29 mai 1881, je constatai à gauche l'existence d'une cataracte complète ordinaire

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mais compliquée de synéchie postérieure, ce qui semblait indiquer que l'inflammation de l'iris n'avait peut-être pas été étrangère à la formation de la cataracte. Je fis l'opération par extraction et avec iridectomie. Les suites lurent tout à fait normales et le résultat excellent; cinq jours après, je me décidai à intervenir aussi du côté droit où je trouvai ce qui suit :

L'œil présentait un strabisme divergent considérable qui n'avait pas existé dans l'enfance mais avait apparu quelque temps après que cet œil avait cessé de voir. La cornée était saine, la tension normale, la perception lumineuse bonne.

La pupille, non dilatable par l'atropine, était très étroite et obstruée par un corps opaque blanc, mobile, qui paraissait être le cristallin ou tout au moins les vestiges de cet organe plus ou moins atrophié et désorganisé. Ce qui me portait encore davantage vers cette opinion, c'est que l'iris était tremblotant. L'opération ne devant pas être la même dans les deux cas, je me décidai à faire d'abord une iridectomie en haut, et comme le corps vitré devait être tout à fait ramolli, je fis l'incision assez étroite pour éviter une issue trop considérable de cette humeur et assez grande cependant pour extraire une cataracte aride siliqueuse, dans le cas où j'en trouverais une de cette variété.

Je fis donc avec le couteau lancéolaire une kératotomie supérieure de cinq millimètres d'étendue. Il s'écoula aussitôt beaucoup de liquide, mais L'iris resta en place et j'eus même assez de peine à le saisir avec la pince, car, privée du point d'appui que lui offre habituellement le cristallin, cette membrane fuyait devant la pince au lieu de s'engager entre les mors de l'instrument. Je parvins enfin à faire une iridectomie assez large, et j'obtins de la sorte une pupille bien noire ; mais la vue restait à peu près la même qu'avant l'opération.

Je pensai alors qu'il devait exister une atrophie du nerf optique et je me hâtai d'examiner le fond de l'œil.

Je procédai d'abord à l'éclairage latéral, et quelle ne fut pas ma surprise d'apercevoir dans le corps vitré, à une assez grande profondeur, une membrane blanchâtre, mobile pendant les mouvements de l'œil, et paraissant assez large. J'essayai de la saisir soit avec les pinces, soit avec un crochet aigu, mais je n'y parvins pas. Je me contentai alors d'instiller quelques gouttes d'atropine et d'appliquer un bandeau légèrement compressif.

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MÉMOIRES D'ur'HTALMOLOGIE PRATIQUE.

Le lendemain, 5 juin, le malade était en bon état ; il souffrait très peu, et sa pupille s'était notablement dilatée sous l'influence de l'atropine. L'examen à l'éclairage latéral, pratiqué de nouveau, me permit de constater que ce que j'avais pris pour une simple membrane flotLante n'était autre chose que le cristallin entier, presque aussi volumineux qu'à l'état normal et entièrement opaque.

La lentille, complètement libre de bas en haut et de dehors en dedans semblait suspendue par une portion de zonule qui la maintenait dans une direction verticale lorsque le malade était debout, et lui permettait de se mouvoir à la façon d'un volet ou d'une soupape. t Lorsque le malade penchait la tête en avant, le cristallin venait s'appuyer contre l'iris et obstruait complètement la pupille ; lorsqu'il penchait la tête en arrière, dans le décubitus dorsal, par exemple, le cristallin plongeait dans le corps vitré. Ce phénomène, que j'ai pu remarquer dans d'autres cas où le cristallin était entièrement mobile, démontre que cet organe, au moins lorsqu'il est opaque, est plus dense que le corps vitré ramolli et tend toujours à gagner le fond de cette humeur.

La plaie cornéenne guérit rapidement, mais il m'en coûtait de laisser l'œil dans cet état ; aussi, le quatrième jour, je fis quelques tentatives pour faire passer le cristallin dans la chambre antérieure, afin de pouvoir l'extraire ensuite sans crainte de vider l'œil. Pour cela, j'introduisis l'aiguille courbe de Scarpa par la partie supéro-interne de la cornée et, pendant que le malade penchait la tête en avant, je cherchai à faire passer le cristallin par la pupille ; mais cette lentille étant très dure et très mobile, l'aiguille glissait à sa surface et je ne parvins qu'à rendre ce cristallin un peu plus mobile en affaiblissant son attache supérieure. En faisant placer le malade avec la face en bas, l'équateur du cristallin s'engageait un peu dans la pupille ; toutefois, je ne tardai pas à me convaincre que l'iris, doublé à sa partie postérieure d'une membrane exsudative, n'avait aucune élasticité et formait comme un écran rigide dont l'ouverture était beaucoup plus petite que la lentille. En présence de cette difficulté, je n'hésitai pas à faire une petite iridectomie en bas du sphincter, et j'obtins de la sorte une pupille en forme de cœur que je crus suffisamment grande pour laisser passer la cataracte.

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