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Cette crainte qui Nous préoccupait si vivement a fait place au sentiment d’une douce confiance depuis le moment où après bien des réflexions Nous Nous sommes déterminés à appliquer ce dixième à deux œuvres qui sont indispensables pour chaque diocèse : 10. le soutien des prètres âgés ou infirmes et 20. l'éducation des jeunes gens qui se destinent à la prêtrise ; afin de diminuer le fardeau qui pèserait sur des prêtres dont les revenus sont déjà si peu considérables et à en faire porter une partie sur chacune des églises du diocèse conformément à ce qui sera prescrit ci-dessous.
Nous ne pensons pas qu’il soit nécessaire d'insister beaucoup pour vous prouver les avantages ou plutôt la nécessité d'établir et d'organiser la double bonne œuvre mentionnée ci-dessus. Jusqu’à ce jour il est vrai Notre clergé a été épargné, Nous pouvons en remercier le Seigneur, mais pouvons-Nous espérer de jouir longtemps encore de cette faveur? Et n’est. il pas dès lors bien urgent de Nous occuper du sort de ces prêtres qui épuisent leurs forces dans l'exercice du ministère ? Les missions pauvres qui leur sont confiées ne permettent de faire que de bien faibles économies et Nous n'avons d'autre part aucune ressource dans le diocèse pour venir à leur aide. En affectant donc pour cet objet toute la partie du dixième que chaque prêtre sera obligé de payer, Nous travaillerons pour les intérêts les plus pressants du clergé lui-même, Je sais que momentanément ce sera un sacrifice à faire, mais du moins il sera fait au temps de la force et de la santé. Il délivrera des préoccupations de l'avenir en assurant une existence pour les vieux jours. D'ailleurs cet état de gène où vous vous trouvez et que vous acceptez avec une louable résignation, parceque, pénétrés d’un
véritable esprit de foi, vous vous dites À vous-mêmes que pour soutenir et consoler une popuintion nouvelle et encore pauvre il est avantageux de lui être sem-
blable, cet état de gène, dis-je, diminuera chaque jour, car vous pouvez remarquer vous-mêmes que quoique Nous ayons déjà divisé plusieurs missions, les anciennes n’en ont pas été pour cela appauvries et que les signes de prospérité qui se manifestent sur l’'Ottawa permettent d'espérer sans présomption que le malaise diminuera chaqne jour davantage pour le clergé comme pour le peuple.
Quand au besoin de former de jeunes ecclésiastiques pour le sanctuaire, il est encore moins permis de le mettre en doute, Son Eminence le Cardinal Franzoni dans une lettre qu'il a adressée au nom de Sa Sainteté à tous les évêques missionnaires, leur indique cette œuvre non seulement comme avantageuse, mails comme absolument nécessaire, Vous connaissez de plus l'obligation imposée par le concile de Trente à chaque évêque, (session 28e.) de travailler à cette grande œuvre sur laquelle repose l'avenir d’un diocèse ; mais vous savez en même temps que pour créer et soutenir cette œuvre même sur le plan le plus modeste, il faut faire des dépenses plus considérables qu'on ne semble dabord le supposer. Notre seule ressource a été jusqu’à ce jour celle de l'allocation qui Nous a été faite par la Propagation de la Foi de Lyon. Cette ressource, que les frais des missions sauvages et des chantiers affaiblissaient déjà considérablement, va diminuer par l'application que Nous avons faite aux églises du diocèse de l’offrande des membres de la Propagation de la Foi et surtout par la diminution que les Directeurs de l'œuvre de Lyon se proposent d’après ce qu'ils Nous ont annoncé de faire sur l’allocation pour le diocèse de Bytown. Il Nous paraîtra dès lors naturel que les églises qui doivent recueillir le bénéfice d’avoir le prêtre qui les dessert contribuent pour les former; vu surtout que le concile de Trente ne veut pas que même les églises dont les
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ressources sont emplovées pour l’évêque, le chapitre pioy Pp ,
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ete, soient exemptes d’acquiiter leur offrande pour cette bonne œuvre. Il est vrai que toutes les églises du, diocèse ont des besoins, maïs il est juste de remarquer que ces besoins s’affaiblissent tous les jours et que d’ailleurs une faible offrande aidera à accomplir la première et la plus importante de toutes les œuvres, celle de former des prêtres, et ne diminuera que faiblement leurs ressources.
Vous connaissez du moins en partie les embarras dans lesquels Nous Nous sommes placés pour établir les œuvres que Nous avons cru utiles pour le bien de la religion. Vous savez aussi combien Nos revenus sont faibles, car je ne ‘pente pas que proportion gardée, il y ait une seule église dans le diocèse aussi ontrée de dettes que celle de Bytown, ni une seule mission dont les revenus soient aussi modiques que ceux de Notre ville épiscopale. Nous serons heureux cependant de Nous soumettre les premiers à cette loi du dixième et à imposer pour cet objet et la paroisse et l'église |
J'ajoute encore une dernière réflexion avant de vous proposer la mesure que Nous vous présentons. Nous avons prié et réfléchi. Nous vous engageons à faire de la même manière et Nous avons la confiance qu'après l'avoir fait vous demeurerez convaincu que cette loi du dixième, qui n’a pas été soumise à Notre délibération et que Nous aurions probablement rejetée si elle l’avait été, est une de ces heureuses inspirations que Dieu donne au Souverain Pontife pour les intérêts de son Eglise et en particulier pour le diocèse de Bytown où elle aura servi à établir deax œuvres in lispensables à tout diocèse organisé.
Il est donc réglé en conséquence : 10. que chaque prêtre de Notre diorèse fournira chaque année le vingt-cinquième de son revenu pour l’acquittement de son dixième vi l'enverra à Mr. Hnghes, curé d'Ayliner, qui l’encaissera pour servir un jour aux
prêtres âgés du ‘infirmes ; 20. que toutes lés églises du diocèse ouvertes au culte et qui ont des revenus fourniront pour le soutien des ecclésiastiques qui se destinent à la prêtrise : I. celles dont les revenus ne s'élèvent point à vingt louis, la somme de cinq piastres chaque année ; II, celies dont les revenus s'élèvent à moins de cinquante louis, dix piastres ; III. celles enfin dont les-revenus excèdént cinquante louis, vingt piastres, Le trésorier de cette œuvre est, Mr. Ginguet, curé de la Gatineau-—Si ces diverses sommes excèdent ia dépense faite chaque année pour le soutien des ecclésiastiques, le surplus sera versé dans la caisse des, prètres infirmes. Chaque ecclésiastique enverra deux fois l'an son offrande et celle des églises qui lui sont confiées, au trésorier de l’œuvre. Le premier envoi se fera le premier Janvier mil huit cent ciymante-cinq.
La commission chargée de l'emploi de ces diverses sommes se compose du Rev. P. Aubert, V. G. du Rev. P. Dandurand, des RR. MM. Ginguet, J.
Hughes, J. Lynch, J. Bouvier. Lenrs délibérations seront soumises à l'approbation de l’évêque diocésain.
Ceite mesure aura force dans le diocèse pendant cinq ans.
Agréez, Monsieur le curé, l'assurance de mon bien sincère attachement,
Jos. EUGÈNE, Ev. pe ByTown.