‹ Mandement d'entrée dans son diocèse [microforme] (volume 2)Chapitre 38 sur 44 · OÙ (D · texte numérisé non relu

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La Passe.

LETTRE PASTORALE

DE Sa Grandeur Monseigneur l'Evêque d'Ottawa.

À son retour de Rome,

Concernant le Concile Œcuménique du Vatican.

JOSEPH EUGENE GUIGUES

Par la miséricorde de Dieu et la grace du St. Siége Apostolique, Evéque d'Oltawa.

Au Clergé, aux communautés religieuses et à tous les fidèles de notre Diocèse, salut et bénédiction en N. S. Jésus-Christ.

Après une longue absence Nous sommes enfin rendu au milieu de vous. Il Nous a été permis, pendant ces jours d’éloignement, de retremper notre

charité aux eaux vives qui découlent des tombeaux glorieux des Apôtres St. Pierre et St. Paul, et de fortifier notre Foi par les rapports intimes que Nous avons eus avec un grand nombre de Saints Pontifes, qui portaient toutes les palmes et comptaient toutes les gloires. Nous venons donc reprendre le cours ordinaire de nos travaux avec une ardeur nouvelle: mais, avant de les commencer, Nous éprouvons le besoin de vous dire ce que Nous avons vu et ce que Nous avons fait; car c’est pour vous et pour l'Eglise que ce voyage a été entrepris ; vous êtes donc intéressts à en connaitre les résultats,

Il n’est pas nécessaire de vous dire, Nos Très-Cheyrs Frères, que, quoiqu'éloignés, Nous ne vous avons pas perdus de vue un seul instant, ‘Votre souvenir Nous a suivi partout: Nous l'avons chaque jour porté au Saint-Autel, rappelé dans nos prières, ranimé dans jes Sanctuaires. Vos besoins, vos peines, vos consolations et vos joies faisaient aussi les nôtres. Nous étions heureux de travailler pour vous dans des contrées éloignées : Nous le serons davantage encore de le faire au milieu de vous,

Vous vous rappelez, il y à une année, qu'après avoir sollicité le secours de vos prières et celles de toutes les âmes religieuses, Nous partions pour Rome pour Nous rendre à l'appel du Souverain Pontife, et pour assister au dix-neuvième Concile Œcuménique. Celui qui porte dans son cœur la sollicitude de toutes les Eglises avait senti l'urgente nécessité de poser une digue aux erreurs modernes et le besoin d’unir par les liens d’une même discipline toutes ces églises élevées comme par enchantement dans toutes les contrées de la terre. Il avait donc fait appel à tous les Evêques, et tous à sa voix s'étaient acheminés vers la Cité Eternelle.

“ Les Conciles Généraux jouissent tous d'une égale autorité,” a dit le pieux Archevéque de

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Bourges; mais il y a certaines circonstances ui, sans ajouter à leur autorité intérieure et véritable, la rendent plus manifeste et plus évidente aux yeux de tous. Trois circonstances particulières signalent celui du Vatican au milieu des autres. 10. Le nombre des premiers pasteurs : il a réuni presque sept cents Evêques. 20. L'universalité: il n’en est aucun autre qui ait représenté plus exactement l'Eglise entière. Dans les (Conciles d'Orient, les Latins étaient en petit nombre, dans ceux d'Occident, les Latins dominaient ; mais pourtant les Orientaux ne disparaissaient pas. Ils ont été même en nombre dans ceux de Lyon, de Latran et de Florence. Mais à cette époque les grandes régions des Indes, de la Chine, de l'Amérique, de l'Océanie, tous ces mondes nouveaux qui sont venus compléter le vieux monde n'avaient pas encore pris place au soleil du Christianisme. Aujourd’hui, dans le Concile du Vatican, la terre entière s’est trouvée représentée. Nous y trouvons les Rites vénérables de l'Orient, qui nous portent aux premiers âges du Christianisme, et sur les mêmes bancs sont assis, participant aux mêmes travaux, les Evêques de l'Asie, de l'Europe, de l’Amérique, de l’Afrique et de l'Australie. L'Europe, cette contrée la plus privilégiée y figurait avec ses quatre cents Evêques; mais les Iles éloignées, les Continents nouveaux les plus glacés y étaient représentés avec honneur, et, par un effort dont Dieu seul peut calculer tout le mérite, treize Evêques y étaient venus de l'Océanie, quatorze de l'Afrique, quatre-vingt-treize des Indes, de la Chine, du Japon, cent-douze de l'Amérique. Admirable réunion que le Concile du Vatican a formée pour la première fois depuis le berceau du Christianisme ! !! Ce Concile enfin était non-seulement en union avec le Souverain Pontife, mais c'était lui qui en dirigeait les délibérations, présidait les Sessions, y promulguait les décisions et leur imprimait ce caractère divin qui le place

uu-dessvs des attaques de l'enfer, en les rendant impuissantes : car 1 Foi de Pierre et celle de ses successeurs est inébranlable, F'ides tua non deficiet.

Pour contenir l'anguste Assemblée, une vaste salle conciliaire avait été disposée dans une chapelle de la Basilique même de St. Pierre. Le trône du Souverain Pontife apparaissait au fond de l'enceinte, les Cardinaux l’entouraient et formaient son augnste Sénat, Les Evêques prenaient leur place sur des banquettes disposées en forme d’amphithéâtre. Les chefs-d'œuvre des grands maitres en décoraient les murs de tableaux nombreux qui disaient à tous les Pères leurs travaux et les promesses qui y étaient attachées, Des milliers de personnes parcouraient sans cesse la vaste Basilique, sans que le bruit de leurs pas pénétrât dans cette enceinte toute dévouée au travail, à la prière, à la. manifestation souvent tloquente des pensées et des sentiments de l’anguste Assemblée, C'était vraiment la demeure du Seigneur : son Esprit l’éclairait, la vivifiait, remplissait les âmes du feu de la charité.

Les Evêques étaient appelés presque tous les jours aux Congrégations générales, qui se prolongeaient depuis huit heures du matin, jusqu’à une heure de l'après-midi. D'autres réunions particulières étaient aussi indiquées pour leur donner la facilité de se concerter entr'eux. Chaque Evéque devait de plus lire avec la plus sérieuse attention les écrits nombreux qui leur étaient distribués pour les aider à former leur conviction. L'œuvre qu'ils accomplissaient était donc une œuvre de dévouement. Plusieurs d'entr'eux ont plié sous le fardeau et sont tombés malades. Quinze sont morts durant les premiers mois. Peut-on en être surpris, si l’on se rappelle les souffrances auxquelles ont été soumis des vieillards, des infirmes, des hommes déjà brisés par les fatigues des missions, étrangers au climat, aux chaleurs accablantes, à la nourriture des

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Romains, et qui plus d'une fois n'avaient, malgré les attentions de la charité la plus bienveillante, que des ‘logements peu convenables, Les siècles à venir se rappelleront avec consolation ces sacrifices généreux supportés dans l'intérêt de la Religion, et béniront le Seigneur d'avoir procuré à l'Eglise Catholique une gloire nouvelle par le Concile du Vatican. Deux œuvres principales ont été le fruit précieux du travail des Pères du Concile, ’ Elles répondent l’une et l’autre à l’un des grands besoins de l'époque présente. Et en effet, lorsqu'on parcourt l'Europe et que l’on examine de près ces grandes nations qui marchent en tête de la civilisation, on ne peut s’empêcher d'admirer les grands monuments qu'ils ont élevés à la science, à la Religion et à la charité ; mais on y est pénétré aussi d’un sentiment profond de douleur en voyant et les doctrines désolantes qui sont émises sur Dieu, sur la Religion, sur l’immortalité, et celles qui sont affichées sans pudeur et sans retenue, sur l'esprit d’insubordination et d'indépendance à l'égard de l'autorité. Qu'on lise les livres nouveaux que la France, l'Allemagne enfantent chaque jour, qu'on parcoure les feuilles publiues, on y voit proclamé un Dieu qui n’est plus le ieu de nos pères, un Dieu qui se perd dans l'universalité des choses, qui n’est plus immatériel, puisqu’il se confond avec tous les êtres visibles. On y voit qu'il n’y a plus de différence essentielle entre le bien et le mal, et dès lors plus de vie future, puisqu'il n’y a rien au-delà de la tombe à récompenser ou à punir. Le vrai et le faux, le juste et l’injuste se perdent dans la même identité. Ce n’est pas encore assez; l’orgueil, qui est le principe général de tous les maux, étant devenu l’idole du monde ne veut plus reconnaître de pouvoir, repousse toute autorité; celle qui règle les sociétés est méconnue, celle qui soutient la famille est repoussée, le droit du père sur la direction de l'enfant

est contesté, le respect de la paternité n’est plus sacré, l’infltence si douce de la mère n'est plus une vertu. Or, quand les fondements de la société et ceux de la famille sont ainsi ébranlés, ne peut-on pas dire de l’un et de l’autre ce qui a été dit d'un temple autrefois célèbre, qu'il n'en restera pas pierre sur pierre.

Quel était donc le devoir des Pères du Concile dont la grande mission était de flétrir l'erreur, et de rappeler les grands principes qui sauvent, c'était celui de repousser ce double mal, Ils l’ont fait daus les deux Constitutions fondamentales du Concile, dont l’une regarde Dieu, la Révélation, la Foi et la Raison, l’autre l'Institution de la Primauté du Pontife Romain dans la personne du Bienheureux Pierre, la perpétuité de la Primauté de Pierre dans les Pontifes Romains, la nature et le caractère de la Primauté du Pontife Romain, et du Magistère infaillible du Souverain Pontife, avec une sûreté de coup d'œil qui n'a jamais fait défaut à l'Eglise, avec la modération qui révèle la force, le calme qui est le caractère de la vérité. Dans une série de décrets où se manifeste la présence de Dieu, toutes les formes de l'erreur ont été signalées et flétries. Les Pères du Concile de Trente avaient rendu toutes les subtilités de l'erreur impossibles en traçant d'une main sûre contre les novateurs du seizième siècle la ligne de démarcation de la nature et de la grâce. Les l’ères du Concile du Vatican ont aussi déjoué les soupçons des novateurs de nos jours, en traçant avec une netteté égale la ligne de démarcation de la vérité et de l'erreur. L'une et l’autre sont dignes de notre amour et reclament notre -uspect et notre soumission. La première a été publiée le 24 Avril, l’autre le 18 juillet, 1870.

Cette œuvre terminée, il en restait une autre tout aussi importante à accomplir, c'était celle de proclamér solennellement la puissance et l’étendune de

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l'autorité du Souverain Pontife. Dans le cours des trois derniers siècles, des attaques nombreuses ont . été faites pour l'affaiblir et la miner: car l'ennemi du salut savait qu'en la détruisant, il sapait le principe de toute autorité et répandait partout le desordre et la division. Le devoir des Evèques, qui ont pour mission de sauvegarder la paix des familles ot l’ordre dans la société, leur imposait le devoir de fortifier et de découvrir aux yeux de tous les bases sacrées et vénérables sur lesquelles elle repose. Ils connaissaient les obstacles qui entravaient leur généreuse résolution, mais loin d'être ébranlés, ils se sont mis à l’œuvre avec un courage nouveau, afin de proportionner la défense à la grandeur des diffcultés, Ils ont consulté, étudié et surtout prié. Pendant trois mois on les a vus consulter les livres, interroger les monuments, étudier la tradition. fouiller les archives plus anciennes et plus nombreuses à Rome que dans toute autre partie de la terre. Une seule pensée préoccupait toutes ces âmes d'élite, celle de proclamer la vérité avec courage. Lorsque les législateurs de la terre sont réunis pour donner des lois aux peuples, ils appellent à leur secours l'expérience, le travail et l’éloquence ; mais il ne peuvent pas se dissimuler que les lois qu’ils portent peuvent être réformées, qu'ils les réformeront peut-être eux-mêmes, si des raisons graves l’exigent ; mais les premiers pasteurs savent qu’il n'en est pas de même des lois qu'ils portent et des vérités qu'ils proclament. Ils savent que Dieu

‘qui les assiste et les éclaire leur imprime le carac-

tère de l’immortalité pendant toute la durée des siècles—On a récité le Symbole que les Apôtres avaient dit avant de se séparer. On a chanté et l’on chantera encore le Credo de Nicée. On confessera les vérités qui ont été admises par les premiers Conciles ; car la vérité durera comme Dieu même. Enfin après trois mois de travail et de veilles, les

nuages amoncelés ayant été dissipés, ln vérité cherchée avec tant d'ardeur et de persévérance faisait briller sa douce et pure lumière le 18 Juillet, jour à jamais mémorable dans l'Eglise ! Les Evêques réunis sous la présidence du Pasteur Suprême ayant exprimé leur adhésion pleine et entière aux décrets de la Primauté du Pontife agissant comme reprtsentant de Jésus-Christ, chef Suprême de l'Eglise, l'immortel Pie IX s'est levé et a confirmé solennellement cette vérité et ce Doyme, que tous les Catholiques rediront avec amour durant toute la durée des siècles. Un pieux et saint enthousiasme a accueilli ses paroles vénértes, le chant du Te Deum dit avec une sainte ardeur par les Evêques était répété dans l’intérieur du temple avec un entrain etun élan universels, qui se répandaient dans la vaste Basilique, comme le flot de l'enthousiasme qui débordait de toutes les âmes. Peu d'heures après, les Evêques se séparaient et s'acheminaient vers leurs diocèses respectifs. Les préoccupations qui avaient agité le monde par rapport au Concile se dissipaient devant les bruits de guerre qui alarmaient les nations.

Notre tâche pourrait être terminée: car Nous avons rempli notre devoir en vous faisant connaitre les décisions de l'Eglise ; mais comme des objections fausses, ou du moins exagérées ont été élevées contre elles, Nous croyons utile de les rappeler dans l'intérêt de votre instruction, pour en démontrer la futilité. Le calme est fait maintenant autour du Concile. Dépouillées maintenant des formes mensongères et calomnieuses dont les feuilles publiques s'étaient plû à les revêtir, vous en apprécierez mieux la juste valeur. Examinez les donc ; mais d’une manière rapide.

10. On a dit que l’orgueil et l'ambition avaient été les mobiles qui avaient porté le Souverain Pontife à presser la définition de son infaillible autorité.

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Î Recueillons, N. T, C, F. avec respect nne parole de notre saint et vénéré Pontife lui-même qui formera à vos yeux la réponse péremptoire à cette parole déplacée : “ J'ai maintenant soixante- ‘“et-dix-huit ans; j'ai un pied dans la tombe, et j'ai ‘“ plus besoin de me préparer à rendre à Dieu compte ‘ de toutes mes actions.” 20. On a dit aussi, en définissant l'infaillibilité : On a donné à un homme un pouvoir absolu et sans limites dont il peut abuser, Le devoir des Evêques

comme celui des Catholiques est de connaitre quel

est le degré et l'étendue du pouvoir confié par

Jésus-Christ à Naint-Pierre et à ses successeurs, et après l'avoir reconnu, l’'admettre sans s'inquiéter des conséquences que le Fils de Dieu a prévues avec une sagesse bien au-dessus de la nôtre. Or, n’estce pas lui qui a dit à Pierre : “ J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas…...…..Je te donnerai les clefs du royaume des Cieux... Tout ce tu auras lié sur la terre sera lié dans le Ciel, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans le Cie] ..... Confirme tes Frères,” qui soit les Apôtres et les Pasteurs de l'Eglise? Les siècles qui se sont écoulés n’ont-ils pas tous répété les paroles de Saint Irénée, qui appliquait aux successeurs de Pierre les paroles qui lui étaient adressées ? “ L'Eglise Romaine est de toutes les églises la mère et la maitresse” Avec le Concile de Lyon: “ l'Eglise Romaine possède la pleine primauté, le principat de toute l'Eglise Catholique. Le Pontife Romain a hérité de la puissance de ‘Pierre. Il lui appartient de défendre Ja foi contre les hérétiques et de terminer par un jugement définitif les controverses qui s'élèvent sur les vérités révélées” Celles du Concile de Florence qui l’appellent le Docteur de tous les chrétiens, et enfin celles du dernier Concile, “ l'Eglise Romaine a le magistère suprême de la vérité” Ces textes, et un grand nombre d’autres, que nous pourrions

ülléguer, démontrent aux esprits les plus préventis

ue la suprématie de Pierre s'étend à toutes les Éolises, s'impose à tous les Fidèles. Jésus-Christ a donc voulu lui donner un pouvoir souverain : mais at-il voulu lui donner en même temps ce pouvoir absolu et arbitraire qui cause un effroi si peu raisonnable ? “ Non, Nos Très-Chers frères,” a dit un grand Pontife, “le Pape dans sa personne privée sent comme nous les faiblesses de l'humanité Chaque jour, en montant à l’Autel il dit: “ Je confesse que je suis un pauvre pécheur, Recevez, Seigneur, cette offrande que je vous offre, moi, pauvre pécheur.” Et même quand il parle comme Pontife Suprême, ce n'est pas un monarque absolu revêtu d’un pouvoir sans limites; la limite de ses pouvoirs est fixée par Jésus-Christ Iuimême. Un Pape isolé, absolu, séparé de l'Eglise est une création chimérique de l'esprit detparti. Le vrai Pape, celui dont nous acceptons avec amour l’enseignement irréformable et la suprême autorité ne peut jamais être séparé de l'Eglise universelle, et ne peut jamais définir que ce qu’elle croit ; il ne fait que maintenir dans son intégrité contre toute nouveauté profane la foi qu’elle a professée dans tous les temps et dans tous les lieux.

30. On appréhende que des dogmes nouveaux et nombreux puissent par cette definition être hr. posés aux Fidèles. Pourquoi, N. T. C, Frères? Est-ce que l'Eglise toujours sage et réservée et si réfléchie change tout-à-coup sa règle de conduite ? N’a-t-elle pas joui sans contestation de ses pouvoirs depuis le commencement de l’ère chrétienne ? Les définitions nouvelies toujours présentées et confirmées par le Souverain Pontife sont-elles si nombreuses qu'elles justifient cette crainte? Est-il bien difficile d’énumérer les définitions données depuis Jésus-Christ ? Des siècles se sont Ccoulés sans qu'il crût utile et hécessaire d'user de son droit. L'Eglise, comme la

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tendre mère, garde avec amour le dépôt que Jésus- Christ lui a confit. Elle est heureuse de pouvoir le transmettre de génération en génération. Elle bénit Dieu, quand elle voit les Fidèles venir à son enseignement et l pratiquer fidèlement. Quand des enfants indociles se rebellent contre elle, elle les avertit, les presse, les menace, et ce n’est qu'après des années d’une patience dédaignée, qu’enfin lassée de tant d’obstination, et surtout alarmée des dangers qu'un pareil exemple peut faire courir à des âmes simples et ignorantes, elle se détermine à frapper. les coupables, et à les rejeter de son sein : mais croyez qu'il en coûte à son cœur maternel d'être réduite à cette extrémité. Sa conduite passée sera celle de l'avenir. Lors donc que le Concile du Vatican à défini l'infaillibilité du Souverain Pontife, il n’a pas voulu l’investir d'un droit nouveau, puisque les recherches les plus minutieuses Jui ont prouvé que c'était Jésus-Christ qui l’en avait investi, et que dans les grandes luttes de l'Eglise, les Pontifes en avaient souvent usé, sans qu'aucune protestation se fit entendre, à part celle de ceux qui en étaient condamnés. Les Pères du Concile effrayés des attaques nombreuses des Sociétés Secrètes, des Mauvais livres et des puissances temporelles contre cette suprême autorité, ont cru que le moment étuit arrivé de la placer dans une région inattaquable, et ils ont cru avec raison appuyer et même sauvegarder, autant qu’il dépendait d'eux, toutes les autorités spirituelles et temporelles, battues en brèches par les efforts redoublés de l’hérésie et de l’impiété. 40. Le Concile n’a pas eu, vous a-t-on dit, toute

la liberté nécessaire pour une décision aussi importante. Nous savons que cette difficulté a été plus

d’une fois présentée. Nous dirons donc et à ceux qui l'ont faite, et à ceux qui la feront encore, qu'ils

n'en ont pas saisi la portée; car, en l’énonçant, ils font au corps vénérable des Pasteurs un bien -ruel

butrage, puisqu'ils les supposent capables de trahit leurs devoirs, en cédant à une pression injuste, Portez, leur dirais-je donc, portez vos regards sur ces Pontifes réunis à Rome. Ils sont venus de toutes les contrées de la terre; ils n’ont écouté ni leur âge, ni leurs infirmités, ni, ce qui les touchait bien davantage, les besoins des œuvres nombreuses qui leur étaient confiées, A la parole du Pontife Suprême, tous se sont levés et ont marché, Ils ont entendu sur leur passage des voix qui les conviaient au retour, qui condamnaient leurs sacrifices ; :ils ont vu les autorités temporelles proférer des menaces, et ils n'ont pas ét: ébranlés; et vous voulez que ces hommes, qui ont pu supporter la fatigue, braver les menaces et la calomnie, vous voulez que des missionnaires qui ont résisté aux tyrans et à la per: sécution, ne soient;venus à Rome, que pour faire un acte de faiblesse, et trahir leur croyance par une indigne lâcheté ? Vous voulez que le Pontife dont l'univers entier proclame la vertu et l’admirable désintéressement ait abusé de son autorité pour intimider les pasteurs, et les porter à tränsgresser leurs devoirs ? Cessez de déveïser un pareil outrage sur ceux que Vous aimez et que vous aimerez. Il n'est pas dans votre cœur; qu'il ne soit pas non plus sur vos lèvres La liberté dans le Concile avait été portée à ses dernières limites. Les Emine-

Cardinaux qui l'ont présidé l'ont respectée avc: üne attention portée jusqu'au scrupule, et que l’on a pu trouver parfois exagérée. Si dans le développement de leurs pensées, quelques orateurs ont été arrêtés, c'est qu'ils s'étaient évidemment éloignés du sujet, et qu'il paraissait nécessaire de les y rappeler. Dans une seule séance des assemblées législatives qui jouissent d’un respect plus universel, es rappels à l’ordre ou à la question y sont aussi nombreux dans une seule séance, qu'ils l'ont été à ome pendant toute la durée du Concile.

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