‹ Mandement d'entrée dans son diocèse [microforme] (volume 2)Chapitre 7 sur 44 · PAT SR P EAU DRE · texte numérisé non relu

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| A tout le clergé séculier

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LETTRE PASTORALE

— DE

Mgr. l’Evêque de Bytown;, POUR LE CARÊME DE 1849,

JOSEPH EUGÈNE GUIGUES

Par la Miséricorde de Dieu et la Grâce du Saint. Apostolique, Premier Evéque de Bytown.

Siége

et régulier et à tous les

fidèles de Notre Diocèse, Salut et Bénédiction

en Jésus-Christ.

Nos TRès-CaEers FRÈRES,

ion des Apôtres, Nous éprouvons le besoin, aux approches du jeûne solennel

horter dans ce temps favorable âce du Seigneur en vain, mais

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durant. ces jours de salut à élever votre cœur vers le Seigneur par le jeûne, les prières et les larmes.

Plût à Dieu, que marchant sur les traces de Nos premiers pères, Nous n’eussions qu'à vous rappeler la stricte obligation d'un jeûne sévère et rigoureux,

‘plutôt qu’à vous, faire connaitre l’indulgence dont l'Eglise a cru devoir user en raison de la pénible

nécessité des temps!

Mais que du moins en usant de cette indulgence, puisque le Souverain Pontife a bien voulu la concéder, vous ne perdiez pas de vue que la loi de l’Evangile est toujours la même, et que si vous ne faites pénitence vous périrez tous. Nous vous en conjurons donc, N.T. CC. F,; entrez dans l'esprit de cette tendre mère, qui pour vous encourager à l'esprit de pénitence vous présente votre chef et le Nôtre allant au désert et jeünant pendant quarante jours, des saints les plus illustres de l'Eglise, des confesseurs, des vierges pures, quittant le bruit et le tumulte du monde et allant s'exercer à un nouveau combat dans la solitude et la prière, Que pouvait-elle faire de plus pour vous encourager à la voie de pénitence ? Si vous ne pouvez les imiter dans les saintes rigueurs de leurs austérités, quittez du moins le péché, pratiquez les bonnes œuvres. Il en est deux que Nous vous recommandons d'une manière toute particulière. Multipliez vos aumônes, car, comme vous le savez, l'aumône délivre du péché. Ayez soin de vos pau-

vres et que dans chaque paroisse ou mission on

prenne des moyens efficaces pour qu'ils soient occupés selon leurs forces et assistés selon leurs besoins. Qu'ils ne soient pas, faute de secours, réduits à la dure nécessité d'aller trainer ailleurs le spectacle de leur misère, avec le danger évident d'y contracter de mauvaises habitudes. Entrez dans la Société de la Tempérance destinée à régénérer le Canada en faisant disparaitre les vices qui marchent toujours à la suite de l’ivrognerie pour démoraliser le peuple. Nous attendons ce sacrifice des grands et des petits,

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puisque tous sont intéressés à procurer le bonheur du peuple essentiellement attaché à la sobriété : Nous l’attendons comme une salutaire mortification qui tiendra la place des jeûnes et de l’abstinencs que la faiblesse de votre santé et la multitude de vos travaux vous empêchent d'observer ; mais Nous l’attendons surtout dans l'intérêt de ces familles manquant de pain et de vêtement pour qui cette légère privation que vous vous serez imposée suffira à chacune pour couvrir sa misère et appaiser sa faim.

En terminant cette lettre pastorale Nous vous rappelons l’adouncissement à la loi du jeûne déjà accordé par le Souverain Pontife ; Vous pourrez donc en sureté de conscience user de la grâce que cet Indult vous accorde.

10. Il est permis de faire gras tous les dimanches de carême excepté celui des Rameaux.

20. Tous les lundis, mardis et jeudis de chaque semaine de carême, excepté cependant le jeudi qui suit le mercredi des cendres et le lundi, mardi et jeudi de la semaine sainte, auxquels jours on n’usera que d'aliments maigres et les jours où il est permis de faire gras on ne fera qu'un seul repas en gras et on n’y servira pas de poisson.

Sera le présent Mandement lu au prône de Notre Cathédrale et à celui de toutes les églises paroissiales, le prémier dimanche ou jour de fête après sa réception.

Donné à Bytown sous Notre seing et sceau et le contre-seing de Notre secrétaire, le douze février dix huit cent quarante neuf

T Jos. EUGÈNE, Ev. de BYTOWN.

—DE—

Mgr. l'Evêque de Bytown,

Donné a l'occasion de son retour de Rome.

JOSEPH EUGÈNE GUIGUES

Par la Miséricorde de Dieu et la Grâce du Saint Siége Apostolique, Evéque de Bytown, etc. etc., etc.

Au Clergé et aux Fidèles de Notre Diocèse, Salut et Bénédiction. |

Au retour du long voyage que le seul amour de votre bien spirituel Nous avait fait entreprendre, c'est pour Nous, N.T. C. F., un devoir et un bonheur de vous faire part des impressions que Nous ont fait éprouver les œuvres admirables du catholicisme qu'il Nous a été donné de contempler, afin

que votre foi soit ranimée et fortifiée, en considérant ce qu'elle peut produire.

A peine avioné-Nous touché cette terre d’Angleterre que l’industrie de-ses habitans, le génie politique et libéral de son gouvernement rend si glorieuse parmi les peuples de l'Europe, que le catholicisme Nous a montré tout ce que peut une religion soutenue par la main de Dieu, lors même qu'elle a eu pour ennemis les puissances de la terre. Il ya quelques années que des hommes illustres par leur savoir et d’une réputation sans tache voulurent trouver dans les profondeurs de la science des armes pour combattre la religion de la Sainte Eglise de Rome ; mais comme la bonne foi guidäit leur intelligence, la science leur apprit que seule elle possédait la vérité, que c'était la religion de tous les siècles ; ils abjurèrent le protestantisme qu'ils avaient professé jusqu'alors ; maintenant devenus prêtres catholiques, ils combattent, avec toute la puissance que donne la conviction unie à des talens supérieurs, les erreurs qu’ils ont longtemps professées. Hier encore tout catholique était frappé par une loi d’ostracisme, aujourd’hui de nombreux enfants de l’héroique [rlande, portant toujours avec assurance sur leur front le beau nom de catholique, viennent sur son sol se mêler avec ces nouveaux convertis, qui n'ambitionnent d'autre gloire que celle d'obéir aux lois de l'Eglise et de multiplier le nombre de sés adhérens,

Naguère les chrétiens soumis au vicaire de J ésus- Christ ne pouvaient prier qu'en secret ou dans de nouvelles catacombes. De nos jours, des églises s’y élèvent de toutes parts, dignes bientôt d'être comparées à ces magnifiques basiliques que nos pères avaient construites à la gloire de Dieu, lorsque le génie de la foi inspirait l'architecte, et semblent appeler un clergé pour y offrir le véritable sacrifice et de nombreux fidèles pour y adorer Jésus-Christ caché sous les voiles eucharistiques.

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: Dans ce royaume où le prêtre a été proscrit durant plus d’un siècle, voilà qu'à la voix du Souverain Pontife la hiérarchie de l'Eglise s’y déploie dans toute sa splendeur ; elle ne vient point réclamer l'or, les honneurs, la puissance qu’elle possédait autrefois et qui, hélas ! l'avaient peut-être perdue ; mais elle se présente pour ramener les enfans qui s'étaient séparés

. d'elle, éclairer.les consciences agitées par le doute et

verser sur tous les trésors de cette charité qu'elle puise dans le cœur de Jésus-Christ. Je sais qu'une certaine classe de personnes s’est émue en voyant cet acte tout spirituel que le Pontife Romain a cru devoir accomplir ; dominée par les préjugés, elle jette des cris d'alarmes et semble réclamer une lutte. Pourquoi la craindrions-nous ? Des clameurs passionnées et intéressées ne pourront qu'éclairer d'avantage un peuple réfléchi et intelligent, et l'homme qui descend dans l'arène fort de £a foi,. tenant la croix dans ses mains, ayant le nom de Jésus-Christ sur les lèvres, redoute peu ces athlètes écrasés sous le poids des richesses, vivant parmi les jouissances qu’elles procurent et dont les préoccupations de famille paralysent le Courage. Le catholique accepte sans crainte le combat qu'il ne provoque jamais parcequ'’il a la conscience de sa force.

Que vous dirons-Nous de la France, Notre pre-

mière patrie, et si admirablement désignée sous le

nom de fille ainée de l'Eglise ? Dans quelque sens qu'elle s’agite, son plus beau titre de gloire est celui d’être catholique. De nos jours l’homme observateur s'aperçoit que les fausses illusions tombent, les systèmes dangereux: s’effacent et les erreurs modernes de doctrine disparaissent, que tout tombe autour de lui ; mais au milieu de ces ruines, la religion catholique seule reste debout, revêtu d’un nouvel éclat. Le soldat français toujours illustre par sa bravoure, redevient croyant ; l'enceinte législative retentit de discours éloquents en faveur de la foi ; les hommes du pouvoir se font gloire de paraître chrétiens, et la

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