DE LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
A NOS VÉNÉRABLES FRÈRES LES PATRIARCHES, PRIMAPS, ARCHEVÊQUE, ÉVÉQUES, ET AUTRES ORDINAIRES, E?' PAIX ET COMMUNION AVEC LE SIEGE APOSTOLIQUE LEON XIII, PAPE
Vénérables frères, Salut et bénédietion apostolique.
Nous Nous sommes efforeé jusqu: a pre ‘sent, en raison du caractère sacré de Notrè ministère, et Nous Nous efloreerons jusqu'à Notre de ‘er souffle de vie, avec le
secours de Jésus-Christ, de ... «diter et de suivre les exemples d'admirable sollicftude pour le uis. des hommes
que lui a donnés d'une facon si émii te. Traversa époque qui n'est que trop violemment hostile à | é et à la justice, Nous n avons jamais cessé, autant alt en Nous, et comme vous l'a montré de nouveau
Notre très récente Lettre apostolique, d'adresser au ide les enseiwnements et les avertissements appropriés de prendre les mesur jui N paraissaicnt les plu ; eflieaees, soit pour eon tre la iLagion de multip ; erreurs, sort pour ran i la tout de la vit chretienne. Parmi ces act n leux de date plus récente étroitement liés l'un utre, et dont le souvenir
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Nous apporte des fruits biens opportuns de consolation, au milieu de tant de causes de tristesse qui Nous aceablent. Le premier, c'est que Nous avons jugé très saluti ure de consacrer par une p: wtie n iere soleunité I' SRM salité du genre humain au Sacré-Cœur du Christ Rédempteur; le second, c'est que N us avons tres vivement exhorté tous les hommes qui professent la foi chrétienne à sattacher a Celui-Ià meme qui, soit pour les individus, soit au point de vue social, est divinement la Voie, lu Vérité elt la Vie,
Et maintenant, Notre méme eharité apostolique, veillant sur les destinées de l'Eglise, Nous engage et en quelque sorte Nous pousse à apporter à Nos "lesseins déjà réalisés leur couronnement: cest-à-dire que nous voulons reconunander plus instamment au peuple chrétien la dévotion envers la tres sainte L'ucharistie, car elle est le don très divin sorti du fond du cœur du meme Ré lempteur, qui désire d'un vif désir cette union toute spéciale avec les hommes: elle est en outre très propre à nous assurer en abondance les fruits salutaires de sa Rédemption.
D'ailleurs, en vertu de cette méme autorité et inspiré par ee meme zèle, Nous avons déjà pris dans cet ordre d'idées diverses Inesures, B Nous est doux de ri app ler qu'entre autres décisions Nous avons fortifié de Notre légitime approbation et enrichi de privilèges de nombreuses institutions et associations consacrées à l'adoration perpétuelle de la divine Hostie; Nous avons lut en sorte que des congres eucharistiques fussent tenus avee la solennité convenable et avee un égal profit ; Nous avons attribué à cette œuvre et à celles dont le but est analogue, comme patron céleste, Paschal Baylon, qui professait à un degré remarquable la dévotion envers le mystere eucharistique
| hiotis plait done Venerables l'reres de VOUS ene retenir de quelques points coneernant ee même Invstere
à là defense et a da gloire duquel travailla toujours le
de FEolise; non sans que des martyrs lui aient rendu un eciutani Leo ture ce niystere. (qui Hsp nacen
lation, fiquement la doctrine et l'éloquenee d'hommes éminents, acea- et aussi les divers arts. Nous avons pour objet de rendre ; salu- plus évidente et de mettre plus en relief la vertu de Iniver- l'Eucharistie, surtout en ce qui touche sa grande eflica- Christ e . cité pour la satisfaction des besoins présents. Puisque vive- Mowre-Seigneur Jésus-Christ, sur le point d'achever sa la foi vie mortelle, laissa ee monuinent de son immense amour ur les envers les hommes et ce puissant secours pour lu vie du nt de monde (1) Nous ne pouvons rien souhaiter de plus doux, Nous qui sommes pres du terme de Notre vie, que olique, . . de pouvoir ranimer et fortifier dans toutes les ámes des et en | sentiments de gratitude et d'une légitime dévotion envers 'sseins | ce Sacrement admirable, sur lequel Nous pensons que nous reposent surtout l'espoir et l'assurance du salut et de la | ehré- paix, si ardemment souhaitée par les vceux inquiets de ie, ear chacun.
ir du Il ne manquera certes pas d'hommes qui s'étonneunion ront de Nous voir estimer que cest surtout par de tel » tres remèdes et de tels appuis qu il faut soulager un siècle taires | troublé de fond en comble et accablé de maux si graves | peut-être ces 1nómes hommes reeevront-ils Nos paroles inspi- | avec un dédaigneux ennui. Cela provient surtout de is Cot l'orgueil : lorsque ce vice pénètre dans les âmes, il est ux de fatal que languisse en elles la foi chrétienne, qui exige yetitiá une soumission tres re ligieuse de l'esprit : nécessairement ves de aussi, d'horribles ténèbres enveloppent pour ces âmes les à l'a- vérités divines, et à be: aucoup de ces infortunés s'ap pliavons que la parole : Ce qu "ils ignorent, ils le blusphement, issent be Mais Nous sommes si loin de les exclure pour cela du rofit ; dessein que Nous avons formé, qu'au contraire Nous nt le avons résolu «li ap porter avee plus de zèle la lumiére à vv lon, ceux qui sont ahimés de bonnes intentions, et d'implorer nvers par une pieuse et fraternelle prière le pardon de Dieu Sur Ceux qui tournent en dérision les choses SACLTELS, I8 en- | Connaître par une foi parfaite la vertu de ln très store sainte Kucharistic telle qu'elle est, c'est la meme chose urs fe que connaitre quelle est. loœuvre que, dans Vintérét du "endu agni (1) Joan, Vi, 52
genre humain, Dieu fait homme mena à sa perfection, par sa puissante miséricorde. En effet, de méme qu'une foi éclairée nous impose l'obligation de eonfesser et d'honorer le Christ comme l'auteur souverain de notre salut,
qui, par sa sagesse, par ses lois, par ses enseignements,
par ses exemples et par l'effusion de son sang, renouvela
toutes choses, ainsi Nous devons le reconnaitre et l'ado- !
rer réellement présent dans l'Eucharistie, pour demeurer
| trés véritablement parmi les hommes jusqu'à la fin des
temps, pour tirer de lui-méme et leur communiquer avec
| une éternelle abondance les bienfaits de la rédemption, comme un bon maitre et un bon pasteur, et comme un tres puissant intercesseur auprès de son Père,
Celui qui méditera avec attention et piété sur les
trésors découlant de l'Eucharistie comprendra que le
meilleur et le plus éminent est celui qui renferme tous les autres, quels qu'ils soient: c'est d'elle, en effet, que déeoule sur les hommes cette vie qui est vraiement la vie: Le pin qi je donnerai est ilit chair. pour la
vie du monde (2).
Ce n'est pas d’une seule manière, ainsi que Nous l'avons exposé ailleurs, que le Christ est Ja vie, Lui qui proelama que le but de sa venue parmi les hommes, c'était de leur apporter avec certitude l'abondanee d'une vie plus qu'humaine: Je suis venu afin que les brebis cient la wie et qu Hes l'aient surabondamment (8. Et : en effet, dès qu'eurent paru sur la terre lu bonté de Diew, notre Sauveur. et son amour pour les homanes (4). aussitôt, personne ne lignore, se manifesta une certaine foree qui renouvela tout l'ordre des choses. qui se répan dit dans toutes les veines de la société civile et domestique, De nouveaux liens unirent l'homme à l’homme : de nouvelles lois naquirent, ainsi que de nouveaux devoirs privés et publies; une nouvelle earrióre. fut ouverte aux institutions civiles, aux sciences, aux arts:
:etion, qu'une , d'hosalut, nents,
uvela l'ado- ; leurer in des avec ption, | :
le un ir les ue le > tous , que nt la iw la Nous | qui Hines, d'une >rebis («o Ht ‘ , Dieu, | (4), ‘tine ‘pan- =
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ce qui est le principal, les esprits et les eeurs des hommes furent ramenés vers la vérité de la religion et la pureté des mœurs; bien plus, une vie vraiment céleste et divine fut communiquée aux hommes. C'est ce que désignent les expressions qui reviennent souvent dans les lettres sacrées: Le bois de vie, lu parole de vie, le Livre de vie, la couronne de vie, et spécialement le puin de vie.
Mais, puisque cette vie dont Nous parlons a une similitude accentuée avec la vie naturelle, puisque comme lautre elle est entretenue et ranimée par la nourriture, il faut aussi la sustenter et la fortifier par un aliment approprié. Ilest bon de rappeler iei en quel temps et de quelle maniere le Christ a invité et conduit les dimes des hommes à recevoir convenablement et saintement le pain vivant qu'il devait leur donner. Lorsque se fut répandue la nouvelle du miracle qu'il avait accompli sur le rivage du lae de "l'ibériade, en multipliant les pains pour rassasier la multitude, aussitót de nombreuses personnes accoururent vers Lui, dans l'espérance d'obtenir le méme bienfait. Jésus saisit cette occasion; de méme que jadis, au sujet de l'eau du puits qu'elle devrait tirer, il avait inspiré à la Samaritaine la soif de l'eau qui jeillit powr la vie éter nelle (5), ainsi il élève les âmes de la multitude affamée, atin qu'elles désirent plus vivement cet autre pain qui demeure pour lu vie édernelle (6).
Jésus insiste sur cet enseignement, Le pain dont Je parle n'est point, dit-il, cette manne céleste qui. nour rit vos pères dans la traversée du désert: ce n'est pas méme celui que naguère vous avez recu de moi avec admiration ; mais je suis moi-même ee pain. Je suis L pain de vie(t), Tl ineulque plus longuement la même vérité à tous par cette invitation et ce préeepte: Si quelqu'un nent de ce pen M vicre él rnellemiment : ed
(5) Jean, tv, 14.
(6) Jean, tv, 27,
(7) Ib, 45
Se cto omen e age
PT aac iin M asl ENT
le pain que je donnerai, c'est mu chair, pour la vie du monde (8). Et lui-même les convaine en ces termes de la gravité du préeepte: Ln vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez Lu chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez son sung, vous n'aurez point la vie en vous (9),
Loin de nous donc cette erreur trop répandue et très funeste des hommes qui pensent que l'usage de l'Eucharistie doit être presque laissé à ceux qui, exempts de soucis et ayant le cœur étroit, décident de chercher le repos dans la vie religieuse. Ce bien, qui plus que les autres est excellent et salutaire, s'offre à tous les fidèles quels que soient leur condition et leur rang, qui veulent (et il n’est personne qui ne deive le vouloir) entretenir en eux la vie de la grâce divine, dont le terme est la jouissance de la vie céleste avec Dieu.
Et plaise au ciel qu'ils songent comme il convient à la vie éternelle et qu'ils s'y préparent, ceux-là surtout dont l'intelligence, l’activité et l'autorité sont si puissants pour diriger les événements et les hommes, Mais Nous coustatons et Nous déplorons que la plupart d'entre eux estiment avec orgueil qu'ils ont en quelque sorte infusé au siècle une vie nouvelle et prospère, parce qu'ils l'obligent, par l'impulsion qu'ils lui donnent, à marcher à grands pas vers toutes sortes de progres et de découvertes merveilleuses,
Or, de quelque côté que se tournent vos regards, la société humaine, si elle est éloiwnée de Dieu. loin de jouir du calme qu'elle désire, est angoissée et agitée comme un malade en proie à la chaleur de In fièvre: alors qu'elle
aspire @axieusement à la prospérité, elle voit eelle-ei fuir Los hommes en
sans cesse et couler entre ses mains.
effet et les Etats ont nécessairement leur. origine. en Dieu, aussi ne peuvent-ils vivre, se mouvoir et faire quelque bien autrement quen Dieu par Jésus-Christ, par
lequel tous les trésors Ies plus précieux se sont répandus
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