‹ Mandements et circulaires de Mgr. Joseph Thomas Duhamel, 1er archevêque d'Ottawa [microforme] (volume 3)Chapitre 13 sur 205 · CU EE · texte numérisé non relu

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le péché, que d'avoir voulu affranchir la future Mère de son Fils, non seulement de ces taches qui se contractent volontairement, mais, par une faveur spéciale et en pré vision des mérites de Jésus-Christ, de cette autre encore, dont une sorte de funeste héritage nous transmet à nous tous, les enfants d’Adam, la triste marque : qui peut douter que ce ne soit un devoir, pour quiconque prétend gaguer par ses hommages le Coeur de Marie, de corriger ce qu'il peut y avoir en lui d'habitudes vicieuses et dépravées, et de dompter les passions qui l'incitent au mal ?

Quiconque veut en outre, et qui ne doit le vouloir ? que sa dévotion envers la Vierge soit digne d'elle et parfaite, doit aller plus loin, et tendre, par tous les efforts, à limitation de ses exemples. C'est une loi divine, en effet, que ceux-là seuls obtiennent l'éternelle béatitude, qui se trouvent avoir reproduit en eux, par une filele imitation, la forme de la patience et de la sainteté de Jésus-Christ : “car ceux qu'il à connus dans sa pres- * eienee, il les a prédestinés pour être conformes à l'image de son Fils, afin que celui-ci soit l'aîné entre plu- " sieurs frères (28).” Mais telle est généralement notre infirmité, que la sublimité de cet exemplaire aisément nous déeourage, Aussi a-ce été, dela part de Dieu, une attention toute providentielle, que de nous e i proposer un autre aussi rapproché de Jésns-Christ, qu'il est permis à humaine nature, et néanmoins merveilleusement aceommodé à notre faiblesse. C'est la Mére de Dieu. et nulle autre, ‘Telle fut Marie" dit à ce sujet saint Ambroise, " que sa vie, à elle seule, est pour tous un enseignement." D'où il conclut avec beaucoup de justesse : “Avez donc “sous vos yeux, dépeintes comme dans une image, la " virginité et la. vie de la bienheureuse Vierge, laquelle réfléchit, ainsi qu'un miroir, l'éclat de la pureté et la “ forme même de lu vertu (29).

Or, s'il convient à des fils de ne laisser aucune des

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(28) Rom,, Vill, 29.

(39) De Virginib., L. 11, c. 11

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vertus de cette Mère très sainte sans limiter, toutefois désirons-Nous que les fidèles s'appliquent de préférence aux prineipales et qui sont comme les nerfs et les jointures de là vie chrétienne, Nous voulons dire la foi, l'espérance et la charité à l'égard de Dieu et du prochain. Vertus, dont la vie de Marie porte, dans toutes ses phases, la rayonnante empreinte, mais qui atteignirent à leur plus haut degré de splendeur, dans le temps qu'elle assista son Fils mourant. — Jésus est cloué à la eroix, et on lui reproche, en le maudissant, “de s'être fait le Fils de Dieu (3). Marie, elle, avec une indéfectible constance, reconnaît et adore en lui la divinité Elle l'ensevelit apres sa mort, mais sans douter un seul instant de sa resurrection. Quant à la charité dont elle brûle pour Dieu, cette vertu va jusqu'à la rendre participante des tourments de Jésus-Christ et lassociée de sa passion ; avec lui, d'ailleurs, et comme arrachée au sentiment de sa propre douleur, elle implore pardon pour les bourreaux, malgré ce eri de leur haine: “Que son sang soit sur nous et sur nos enfants (81).

Mais, afin que lon ne croie pas que Nous ayons perdu de vue Notre sujet, qui est le mystère de l'Immaculée Conception, que de secours efficaces n'y trouve-t on pas et dans leur propre source, pour conserver ces mémes vertus et les pratiquer comme il convient ! D'où partent, en réalité, les ennemis de la religion pour semer tant et de si graves erreurs, dont la foi d'un si grand nombre se trouve ébranlée ? Ils commencent par nier la chute primitive de l'homme et sa déchéance, Pures fables, done, que la tache originelle, et tous les maux qui en ont été la suite : les sources de l'humanité vieiées, viciant à leur tour toute la race humaine; conséquemment, le mal introduit parmi les hommes, et entraînant la. nécessité d'un rélempteur. Tout cela rejeté, il est aisé de comprendre qu'il ne reste plus de place ni au. Christ, ni à l'Eglise, ni à la grâce, ni à quoi que ce soit qui passe la

(30) Joan., x1x, 7.

(31) Matth., XXVII, 25

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nature. Crest l'édifiee de la foi renversé de fond en comble, — Or, que les peuples eroient et qu'ils professent que la Vierge Marie a été dès le premier instant de sa conception, préservée de toute souillure : dès lors, il est nécessaire qu'ils admettent et la faute originelle, et la réhabilitation de l'humanité par Jésus-Christ, et l'Evangile et l'Eglise, et enfin la loi de la souffrance : en vertu de quoi tout ce qu'il y a de rationalisme et de matérialisme au monde est arraché par la racine et détruit, et il reste cette gloire à la sagesse chrétienne d'avoir conservé et défendu la vérité. — De plus, c'est une perversité commune aux ennemis de la foi, surtout à notre époque, de répudier, et de proclamer qu'il les faut répudier, tout respect et toute obéissance à l'égard de l'autorité de l'Eglise, voire méme de tout pouvoir humain, dans la pensée qu'il leur sera plus facile ensuite de venir à bout de la foi. C’est iei l'origine de l'unarchisme, doetrine la plus nuisible et la plus pernicieuse qui soit à toute espèce d'ordre, naturel et surnaturel. Or, une telle peste, également fatale à la société et au nom chrétien, trouve sa ruine dans le dogme de l'Immaeulée Conception de Marie, par l'obligation quil impose de reconnaitre à l'Eglise un pouvoir, devant lequel non seulement la volonté ait à plier, mais encore l'esprit. Car, c’est par l'effet d'une soumission de ce genre que le peuple chrétien adresse cette louange à la vierge : * Vous êtes toute belle, “6 Marie, et la tache originelle n'est point en vous (32). — Et par là se trouve justitié une fois de plus ce que l'Eglise attirme d'elle, que *sevle elle a exterminé les “ hérésies dans le monde entier. ”

Que si la foi, comme dit l'Apótre, n'est pas autre chose que “le fondement des choses à espérer " (33), on eonviendra aisément que par le fait que l’Immaculée Conception de Marie confirme notre foi, par là aussi elle ravive en nous l'espérance, D'autant plus que si la

(32) Grad. Miss. in festo Imm Concept.

B Hobr,, XI, T.

Vierge a été affranchie de la tache originelle, c'est parce qu'elle devait être la Mère du Christ; or, elle fut Mère du Christ, afin que nos âmes pussent revivre al’ es pét "ance. Et, maintenant, pour omettre ici la charité à l'égard de Dieu, qui ne trouverait dans la contemplation de la Vierge immaeulée, un stimulant à garde er religieusement le précepte de Jésus-Christ, celui qui il a déclaré sien par excellence, savoir que nous nous aimions les uns les autres, comme il nons a aimés? Un grund signe—c'est en ces termes que l’apôtre saint Jean décrit une vision divine — “un grand signe est apparu dans le ciel : Une “femme, revétue du soleil, ayant sous ses pieds la lune, “et autour de sa tête une couronne de douze étoiles (34)." Or nul n'ignore que cette femme signifie la Vierge Marie qui, sans atteinte pour son intégrité, engendra notre Chef. Etl'Apótre de poursuivre: “ Ayant un fruit en “ son sein, l'enfantement lui arrachait de grand cris et ‘lui causait de eruelles douleurs (35)" Saint Jean vit | done la trés sainte Mére de Dieu au sein de l'éternelle béatitude, et toutefois en travail d’un mystérieux enfantement. Quel enfantement 7 Le nótre assurément, à nous, qui retenus encore dane eet exil, avons besoin d’être engendrés au parfait mour de Dieu et à l'éternelle félicité. Quant aux douleurs de lenfantement, elles marquent l'ardeur et l'amour avec lesquels Marie veille sur nous du haut du ciel, et travaille, par d'infatigables prières, à porter à la plénitude le nombre des élus. F C'est Notre désir que tous les fidèles s'appliquent à : acquérir cette vertu de charité, et profitant surtout pour cela des fétes extraordinaires qui vont se célébrer en l'honneur de la conception immaculée de Marie. Avec quelle rage, avec quelle frénésie n’attaque-t-on pas aujourd'hui Jésus-Christ et la religion qu'il a fondée ! Quel : danger done pour un grand nombre, danger aetuel et | li pressant, de se laisser entrainer aux envahissements de

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(34) Apoc., XII, I.

(35) Apoc , XII, 2.

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l'erreur et de perdre la foi ! est pourquoi * que celui “ qui pense être debout prenne garde de tomber (36)

ii Mais que tous aussi adressent à Dieu, avee l'appui de la l'égard Vierge, d'humbles et instantes prières, afin qu'il ramène on de la au chemin de la verité ceux qui ont eu le malheur de isement s’en écarter. Car, Nous savons d'expérienee que la eS POE priere qui jaillit de la charité et qui s'appuie sur l'inter- | les aus cession de Marie, n'a jamais été vaine. Assurément, il v iria n'y à pas à attendre que les attaques contre l'Eglise ces-

sent jamais: “car il est nécessaire que des hérésies se “ produisent, afin que les Ames de foi éprouvée soient " manifestées parmi vous (37). Mais la Vierge ne laissera pas, de son coté, de nous soutenir dans nos épreuves, si dures soient-elles, et de poursuivre la lutte qu'elle a engagée des sa conception, en sorte que quotidiennement nous pourrons répéter cette parole : * Aujourd'hui a été brisée par elle la tête de l'antique serpent (38).

Et afi; ^ie les trésors des grâces célestes, plus largement civerts que d'ordinaire, nous aident à joindre l'imita ion de la hienheureuse Vierge aux hommages que nous [ni vendoss, plus solennels, durant toute cette année; e' afin jue nous arrivions plus facilement ainsi à tout res...urer en Jésus-Christ; conformément à l'exemple de Nos prédécesseurs, au début de leur pontificat, ] nous avons résolu d'aecorder à tout l'univers une indul- : E gence extraordinaire sous forme de jubilé. | 4 C'est pourquoi, Nous appuyant sur la miséricorde E du Dieu tout-puissant et sur l'autorité des bienheureux : apôtres, Pierre et Paul: au nom de ce pouvoir de lier et de délier qui Nous a été confié, malgré Notre indignité ; à tous et à chacun des fidèles de l'un et l'autre sexe, résidant dans cette ville de Rome, ou sy trouvant de passage, qui auront visité trois fois les quatre basiliques patriareales, à partir du ler dimanche de la quadragésime, 21 février, jusqu'au 2 juin inclusivement, jour oü

|: Une la lune, es (84)." e Marie ^ notre fruit en eris et ean vit ternelle : enfannent, i besoin y l'étertement, s Marie d'infaibre des

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