‹ Mandements et circulaires de Mgr. Joseph Thomas Duhamel, 1er archevêque d'Ottawa [microforme] (volume 3)Chapitre 15 sur 205 · NN TA SI RN — SE — - — MÀ · texte numérisé non relu

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Nos Très Chers Frères,

Dans sa première encyclique, S.S, le Pape Pie X, actuellement régnant, déclare que le but unique de son pontifieat sera de fout restawrer dans le Christ, atin que le Christ soit tout et en tout, ear, tous doivent le savoir ou l'apprendre, le retour des nations à Dieu ne se fera que par Jésus-Christ. Il invite les éyéques, les. prètres les fidèles sans exception aucune à l'aider 4 atteindre c but si désirable. Si done nous voulons bien travailler à la réalisation du vœu de notre Père commun, il importe tout d'abord que, par une étude sérieuse, nous acquérions la connaissance de Jésus-Ciirist. C'est ce à quoi nous voulons vous exhorte:

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Duus sa foi inébranlable en Jésus-Christ et dans on grand amour pour lui, saint Paul ¢erivant aux Hébreux (XIII, 8), disait : "Jésus-Christ était hier, il

5 «niourd'voi et il sera le méme dans tous les siècles”

ous Christus heri, et hodie, ipse et in secula. Cette hice que l'apótre nous donne de Jésus-Christ, n'est-elle pas sublime et lumineuse ? Elle nous rappelle la. génération éternelle du Verbe, et nous le montre dans le sein de son Père, tout aussi bien que saint Jean dans son Evangile : “Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu": Zn prineipio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum (Joan I. 1); elle nous le fait voir comme la sagesse et l'objet des éternelles complaisances du Père et le principe de la félicité des élus.

"Jésus-Christ était hier”: Jesus Christus heri, Les prophètes, sous l'inspiration divine, l'ont vu engendré du Père, "partant de l'extrémité du ciel, s'élançant eomine un géant pour parcourir sa carrière : Ææullavit ut gigas ad eurvendam viam, a summo colo egressio ejus (Ps, XVIIT, 6, 7), descendant sur la terre et s'étendant sur

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la croix qui lui est comme le lit nuptial où il doit s'unir à jamais à son Eglise, embrassant avec elle et par elle la terre entière pour la sanetifier.

“Jésus-Christ est aujourd'hui": Jesus Christus hodie. Depuis l'établissement de son Eglise, il en est la lumière, l'àme, le pontife. C'est lui qui l’éclaire, qui la vivifie, la dirige et, fidèle à sa promesse, la défend contre les assauts sans cesss renouvelés de l'enfer; c'est par elle qu'il. instruit, qu'il eonsole, qu'il fait parvenir à la foi les hommes de bonne volonté et les maintient dans cette vertu sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu: Sine fide autem impossibile est placere Deo (Heb. XI, 6); c'est par elle qu'il soutient nos espérances et entretient notre charité.

"Jésus-Christ sera le méme pendant les siècles :” Jesus Christus, ipse et in secula. C'est dans le Christ que tous les saints trouveront en cette vie l'appui solide et fort dans leurs peines, le courage ?ndomptable dans leurs afflictions, le dédommagement réel de leurs épreuves, la récompense méritée de leurs travaux, la victoire glorieuse après leurs combats, le repos éternel aprés les fatigues de leur pèlerinage.

Ainsi, toute la religion, comme du reste la nature, se rapporte à Jésus-Christ, Mieux encore que saint Paui, il peut dire: "Je supporte tout pour les élus” : Onn ia sustineo propter. electos. (2 Tim. II, 10), mais ces élus eux-mémes ne sont que pour lui ; ils sont à lui, son Pére les lui a. donnés: Quos dedisti mihi (Jean XVII, 9). Done rien de bon, rien de saint, rien de noble, rien de grand dont Jésus-Christ ne soit le principe, le modéle et la fin : “Il était hier, il est avjonrdhui et il sera le méme dans tous les siècles.”

ook Alors, qui de nous, N. T. C. F., s'il veut réfléchir, s'il

veut remplir son devoir de chrétien et méme de citoyen, s'il veut sauver son Ame, qui de nous ne comprendra pas,

ne se eonvainera pas de la nécessité, de l'obligation de l'étude et de la connaissance de Jésus-Christ 2? L'Evangile ne nous dit-il pis que la vie éternelle ecnsiste dans cette connaissance : [Hive est vita eterna : ut cognoscant le sol win Deum der el quem misisti Jesuan Cliristum (Jean, XVII, 3). Saint Paul se glorif init de n'avoir Jam: is er u savoir que lque [e hose, si ce n'est Jésus-Christ : Non enin judieavi THE WC ire aliquid inter los, nisi Jesum. Christum (1 Cor. I, 2) Quiconque connaît Jésus-Christ, connait aussi son Père, il observe ses commandements, il est vraiment disciple du Fils, son eohéritier, son frère. Alors, puisque nous somines chrétiens, notre propre dignité de disciples du Christ nous oblige, quelles que soient d'ailleurs nos occupations, à étudier notre divin Maitre.

Pour vous en convainere de plus en plus, eonsidérez que l'étude de Jésus-Christ est la seule vraie, la seule consolante, la seule qui réponde aux besoins qu'a l'homme de se connaître lui-méme, de savoir d'où il vient et où il va.

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L'homme ne sait rien de ce qu'il lui faut absolument savoir pour atteindre sa fin dernière, s'il ne connait pas Jésus-Christ. Personne ne doit nier cette vérité. Celui qui a la foi l'aecept» sans que sa raison se révolte, sans que son esprit se soulève : celui qui n'a pas eneore la foi y parviendra, s'il veut prier et étudier l'hommo- Dieu. La connaissance de Jésus Christ est la science vraie, qui guide sürement l'homme dans la recherche de la vérité, Que penser, alors, de ces sciences acquises en dehors de la foi au Christ? N'ont-elles pas généralement pour premier résultat d'enorgueillir celui qui les possede ? et l'orgueil ne mène ni à la vérité ni au bonheur, Ces sciences profanes peuvent avoir quelque utilite dans l'ordre purement matériel, mais si elles détournent de la religion, elles deviennent nuisibles à l'âme. Pour les aequérir, on ne redoute ni les peines, ni les

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veilles les plus prolongées ; on éruise ses facultés par

des fatigues incessantes ; et, en fin de compte, à quoi

servent-t-elles, sans la connaissance de Jésus-Christ ?

A égarer ceux qui s'en glorifient, à fausser leur esprit et, souvent, à corrompre la pureté des muurs. Ah! nous savons que la raison, l'intelligence est un don inappréciable que Dieu a fait à l'homme quand il l'a créé à son image et à sn ressemblance ; nous ne nions pas la profondeur, l'élévation, la fierté de l'intelligence. Elle descend jusqu'au fond des abimes terrestres ; elle s'élève

jusqu'aux espaces où brillent d'un vif ou tendre éclat les

astres suspendus si haut et si loin de nous: elle est fière, In raison humaine, en ce qu'elle se croit de puissance, soit qu'elle pénètre jusque dans les entrailles de la terre pour y trouver des trésors, soit qu'elle s'élève

jusqu'aux nues pour y cherche r ce quelles recèlent

encore. Cependant elle n'est qu'une puissance restreinte ; son empire est limité de toutes parts. Elle est foreée d'admettre la faiblesse de ses œuvres, le peu d'étendue de ses connaissances, quoiqu’elle cherche toujours à apprendre, à inventer, à surprendre quelques secrets nouveaux de la nature et même malgré les succès qu'elle obtient, Puis, dans l'ordre intellectuel et moral, il lui arrive d'affirmer comme vrai, ce que bientôt elle reconnait n'étre qu'une erreur. Le science des savants non chrétiens » fait faillite dans les questions qui intéressent le plus l'humanité. On se demande quels fruits durables ont produits tant de connaissances diverses pour le bonheur ae homme, Parce que l'étude de Jésus-Christ, de su religion, de ses dozines, de ses mystères n'entre pour rien dans l'érudition des savants sans religion, ils passent constamment d'un système à un autre sans trouver mieux que d'éternelles contradictions dans leurs pensées, [ls n'ont que du mé pris pour la religion, pour l'Evangile du Christ, de la. haine pour |’ Eglise, ce qui les porte à nier ou à défigurer les vérités du dogme, à vouloir remplacer la morale chrétienne par la morale libre, à fausser même les principes d'une saine politique

qui serait utile aux peuples. Ils se vantent d'éclairer leurs semblables, mais i's ne réussissent point à dissiper les ténèbres dont la raison humaine, que la foi n ilumine pas, reste enveloppée. Ils ont, aux yeux des foules qui les écoutent, la réputation dela science, mais ils n'ont pas la véritable, car ils ignorent Jésus-Christ qui, “maitre des sciences, éclaire tout homme venant en ce

mon: ientiarum Dominus est (1 Reg. I, 3) ; alla: tem hominem ren ientem in hunc niuwu-

dum (jean 1,9). Ils ne font pas, des connaissinces qu'ils “ont, l'usage que Dieu a voulu en élevant l'homn à l'ordre surnaturel. Ne s'oceupant pas de Jésus-Christ dans leurs études, ils ne sauraient arriver à la vérité pleine et entière dans les questions intellectuelles et morales. Il en est tou autrement de ceux qui font de Jésus-Christ l'objet continuel de leur application et de leurs recherches.

C'est à lui seul que se rapporte toute religion. Si elle nous offre des mysteres à adorer, il en est l'objet sacré : des vérités à croire, il nous les a révélées ; des préceptes à pratiquer, il est le seul docteur que nous devions écouter ; des exemples à imiter, il est le maitre que nous devons suivre ; des gráces à obtenir, il nous les a méritées par son sang ; des sacrements à recevoir, il les a institués ; des récompenses à mériter, il est luiméme le rémunérateur et la récompense. C'est par Jésus-Christ que la religion nous instruit : c'est en Jésus-Christ qu'elle nous montre nos réelles richesses, nos inébranlables espérances et la certitude de toutes les

promesses, Il nous est done impossible de bien pénétrer de l'enseignement de la religion, si nous ne connaissons pas Jésus Christ. ( pourquoi il y a des

hommes qui étudient sans cesse et ne peuvent jamais parvenir à la connaissance de la vérité — Semper dis-

putes et numquar td scie tiam, veritatis pervenu ntes a Tim, HB. t) ulant marcher seuls, sans Jésus- Christ, se contentant de la lumière de la raison et fermant les yeux à la lumière qu'est le Christ, la raison

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