‹ Mandements et circulaires de Mgr. Joseph Thomas Duhamel, 1er archevêque d'Ottawa [microforme] (volume 3)Chapitre 158 sur 205 · Les qualités indiquées ci-dessus appartiennent · texte numérisé non relu

Les qualités indiquées ci-dessus appartiennent

également à un haut degré à la poly phonie classique, spéc ialement celle de l'École romaine, laquelle, au XVIe sièele, atteignit l'apogée de sa perfection grâce à Pierluigi de Palestrina, et continua méme depuis i à produire des compositions d’excellent mérite liturgique et musi eal. La polyphonie classique se rapproc the trés bien du supré me modele de toute inusique sacrée qui est le chant grégorien, et pour cette raison elle a mérité d'être admise, ensemble avec le chant grégorien, dans les cérémonies les plus solennelles de l'Eglise, c'est-à-dire celles de la Chapelle pontitieale. Elle devr:. done elle aussi étre restaurée largement dans les fonctions eeclésiastiques, spécialement dans les plus insignes basiliques, dans les églises enthédrales, dans celles des séminaires et des autres établissements ceclésiastiques, qui en ont ordinairement les moyens nécessaires, 5. L'Eglise a toujours reconnu et favorisé le progrès des arts, en admettant au service du culte tout ce que le talent a su trouver de bon et de beau dans le cours des siècles, pourvu, toujours, que les règles liturgiques fussent sauvegardées. Par conséquent, la musique plus moderne est de méme admise dans l'église, parce qu'elle offre, elle aussi, des compositions qui, par leur mérite, leur sérieux, leur gravité, ne sont aucunement indignes des fonctions liturgiques.

Néanmoins, comme ln musique moderne est princi.

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palement consacrée aux choses profanes, on devra veiller avec le plus grand soin à ce que les compositions musieales de style moderne admises dans l'Eglise ne contiennent rien de profane, n'aient pas des réminiscences de motifs employés au theatre, et ne soient pas composées, méme dans leurs formes extérieures, d'après l'allure des morceaux profanes.

6. Parmi les divers genres de musique moderne, celui qui a semblé le moins convenable pour aecompagner les cérémonies du culte, c’est le style théátral qui, durant le siècle dernier, eut une très grande vogue, spécialement en Italie. Par sa nature, il offre la plus grande opposition au chant grégorien et à la poly phonie elassique, et ainsi à la règle la plus importante de toute bonne Inusique sacrée. Outre sa structure intime, le rythme et ce qui sappelle le conventionalisme de ce style ne se plient que diflieilement aux exigences de la vraie musique liturgique.

Texte liturgique

7. La langue propre de l'Eglise romaine est la langue latine. Il est done interdit dans les solennelles fonetions liturgiques de chanter quoi que ce soit en langue vulgaire ; bien plus encore de chanter en langue vulaire les parties variables ou communes de la messe et de l'office.

8. Les textes qui peuvent se mettre en musique et l'ordre qu'ils doivent suivre étant déterminés pour chaque fonetion liturgique, il n'est permis ni de confondre cet ordre, ni de remplacer les textes preserits par d'autres d'un ehoix partieulier, ni de les omettre en entier ou seulement en partie, quand méme les rubriques liturgiques ne permettent pas de remplacer par l'orgue plusieurs versets du texte, pendant que ceux-ci sont simplement récités en chœur. Il est seulement permis, suivant l'habitude de l'Eglise romaine, de chanter un motet au

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Trés-Saint-Sacrement aprés le Benedictus de ia messe solennelle. On permet aussi, apres avoir chanté l’offertoire preserit de la messe, d'exéeuter daus le temps qui reste un court motet sur des paroles approuvées par l'Eglise.

9. Le texte liturgique doit être chanté tel qu'il se trouve dans les livres, sans altération ou postposition de mots, sans répétitions indues, sans rupture de syllabes, et toujours d'une maniére intelligible pour les fidèles qui écoutent,

1 ee! eye A / Forme extérieure des compositions sacrées

10. Chaque partie de la messe et de l'office doit conserver, même au point de vue musical, l'aspect et la forme que la tradition ecclésiastique leur a donnés et qui se trouvent bien exprimés dans le chant grégorien. Différente est done la manière de composer un introûlt, un graduel, une «ntienne, un psaume, une hymne, un Gloria in excelsis, ete.

11. En particulier, les règles suivantes doivent être observées :

a) Le Kyrie, le Gloria, le Credo, ete, de la messe doivent conserver l'unité de composition, propre à leur texte, ll n'est donc pas permis de les composer de morceaux séparés, en sorte que chacun de ces morceaux forme une composition musicale complète et puisse se détacher du reste et être remplacée par une autre.

b) Dans l'office des vépres on doit ordinairement suivre la règle du Cérémonial des évéques, qui prescrit le chant grégorien pour la psalmodie et qui pemet la musique figurée pour les versets du Gloria Patri et pour l'hymne.

Il sera néanmoins permis dans les grandes solennités d'alterner le chant grégorien du chœur avec ce qu'on appelle les faux-bourdons ou avec des chants convenablement composés de la méme manière.

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