‹ Mandements et circulaires de Mgr. Joseph Thomas Duhamel, 1er archevêque d'Ottawa [microforme] (volume 3)Chapitre 61 sur 205 · REC É · texte numérisé non relu

REC É

— VOTE miim pisse roseo Li 27

prit un autre cours ; ot, quand la connaissance du Ré. dempteur se fut répandue au loin, et que sa vertu se fut écoulée jusqu'aux veines intimes des sociétés, bannissant l'ignorance et les vices antiques, il se produisit un tel ren versement de choses, par la naissance d'une civilisation ehrétienne, qne la face de la terre s'en trouva totalement changée.

Dans ces souvenirs, Vénérables Frèr ne Savons quelle infinie douceur, en même temps qu’on y recucille un grave avertissement: c’est que la reconnaissance à l'égard du Divin Sauveur doit remplir nos dines, et se traduire en toutes les formes possibles,

Un long intervalle nous sépare, il est vrai, des origines et des premiers temps de la rédemption ; mais qu'importe puisque la vertu de cette rédeinption est indéfectible, et que les bienfaits en restent impérissables et immortels ? Celui qui a réparé une fois la nature humaine ruinée par le péché, celui-Ià même la conserve et la conservera perpétuellement. ZL s'est donné lwi-méme en réd^mption pour Tous tows...(5) Tous’ seront vivifiés dans le Christ. (6) Et son régne n'awra point de fin. (7) Ainsi selon le plan éternel de Dieu, le'salut de tous et de chaeun réside en Jésus-Christ. Qui l'abandonne se trame à lui-méme, dans une sorte de folie aveugle, sa propre perte, et fait du méme coup autant qu'il est en lui, que la société humaine retombe, comme si elle était battue d'une violente tempéte, en cet abime de maux et de ealamités, d'où l'a arrachée la bonté du Rédempteur.

Car, si l'on dévie de la vraie route, on devient to jouet de décevantes illusions, qui détournent toujours davantage du terme désiré, De méme si l'on rejette la pure et authentique lumière de la vérité, on ne saurait empécher les ténèbres d'offusquer l'esprit, e& une lamentable perversion de doetrines de tourner les Ames à la déraison. Enfin, quel expoir de vie peut-il rester & ceux qui aban-

es, on puise Nous

(5) I Tim. 11, 6, (6) I Cor. xv, 22, (7) Luc. 1, 33.

Ré- donnent le principe méme et la source de la vie / la » fut voie, la vérité, la vie, c'est uniquement Jésus-Chri: Je sant suis la voie, la vérité et la vie. (8) Lui banni, c'en est n tel | fait de ces trois indispensables conditions de salut. lisa- = < Est-il nécessaire de démontrer une chose qui s'affirme ota- | d'elle-méme, et que l'on sent profondément jusque dans la plus grande affluence des prospérités temporelles, yous savoir, qu'il n'est rien, hors Dieu, où le cœur humain l'on . + puisse trouver son complet et absolu repos ? L'unique fin ; 'on- de l'homme, c'est Dieu; et il est très vrai de dire que 1 nos cette vie terrestre porte l'aspect et toute la physionomie " d'un voyage. Or, Jésus-Christ est notre voie ; en ce la- 1 nes borieux et périlleux voyage, nous nous flatterions vaine- y rte ment de parvenir à Dieu, le bien final et suprême, autre- : 1 et ment qu'avec Jésus Christ pour soutien et pour guide. E

Personne ne vient à mon Père si ce n'est par moi. (9) Qu'est-ce à dire, si ce n'est par lui? D'abord et par des- im sus tout, si ce n'est par sa gráce ; mais, qui resterait vide 4 en l’homme, s'il négligeait ses préceptes et ses lois. |

le Après avoir opéré notre salut, Jésus répondant à une E nsi nécessité, a laissé sa loi, comme gardienne et tutrice du La ia- genre humain, afin que les hommes, revenus de leurs E

errements, pussent, guidés par elle, marcher à coup sûr vers leur Dieu. Allez et enseignez toutes les nations... leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé...(10) Gardez mes commandements. (11) Par : là, nous pouvons entendre que ce qu'il y a d’essenticl et d'&bsolument nécessaire dans la profession du christianisme, c’est d’être docile aux préceptes de Jésus-Christ, et de lui consaerer sa volonté dans une soumission toute cordiale. Grande chose, certes, qui requiert souvent beaucoup d'efforis et une lutte vigoureuse et opiniâtre. Car, bien que la nature humaine ait été réparée par la gráce du Rédempteur, il reste en elle un certain fond

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(8) Io. xiv, 6.

(9) Ibid.

(10) Matt. XXVIII, 19-20, So (11) Io. xiv, 15. 1 E

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d'atfeetions vicieuses, morbides, débilitantes. chants divers tiraillent l'homme, et les attr, ble induisent facilement le cœur à suivr non ce que Jésus-Christ commande.

lutter contre ses passions, leur résister d

Des penalts du sensie ce qui flatte, Il faut pourtant ? toutes ses for-

p Ces, en esprit de soumission au Christ : si elles n'obéis- . à sent pas à la raison, elles la dominent, et, arrachant tout | l'homme i Dieu, elles font de lui leur esclave. Les homa mes dont le cœur est corrompu et qui repoussent la foi

; ne réussissent pes à ne pas servir.

P de la triple cupidité, ou de la rol 4 de la curiosité (12) Et lement disposé,

car ils sont esclaves upté ow de l'orqueil, ou , dans ce combat, il faut être telque l'on regarde comme un devoir de ne reculer point, pour Jésus-Christ, devant la peine et la

souffrance. Il est difficile a

ssurément, de repousser des choses qui déploient tant d'amorees pour nous séduire ; : il est dur, il est amer de fouler aux pieds ce qu'on ap-

pelle biens du corps et de la fortune, pour le, volonté et aux commandements de 1 est de toute nécessité, cependant, ke tient et fort dans la souffrance, s'il veut passer chrétiennement ce qui lui a été mesuré de vie sur cette terre, Aurions-nous oublié de quel e . ^s et de quelle téte nous sommes les membres ? Il a pri: 1 Croix, se proposant le bonheur, celui qui nous a prescrit de nous renoncer, Aussi bien, des dispositions d'âme que nous venons de dire, dépend la dignité même de la nature humaine, ]] ny a pas jesqua la philosophie antique qui ne l'ait = maintes fois observé : se commander à soi-même, et faire que la partie inférieure obéisse à la supérieure, ce n'est doint l’abdieation d'une volonté déprimée : non, c'est au i3 contraire l'uete d'une vertu généreuse, admirablement conforme à la raison, et tout à fait digne de l'homme. Au surplus, beaucoup souftrir, beaucoup endurer, est la condition humaine. Il n'est pas plus an pouvoir de l'homme de sarranger une vie exempte de douleur, et remplie de toute félicité, que de réduire à néant le des-

rester fidéle à notre maitre, ]] que le ehrétien soit pa-

(12) S. Aug. De Vera Rel, 27,

sein de son divin auteur, lequel a voulu que les conséquences de l'antique faute fussent perpétuelles. I] convient donc : attendre po’! sur la terre l'abolition de la douleur, et de trem per sor âme pour la supporter avec patience, en y reconnaissant un gage certain des récompenses suprémes. Car, ee n'est point aux richesses ni aux délices de la vie, ce n'est point aux honneurs ni à la puissance, mais à la patience et aux larmes, au zèle de la justice et à la pureté du cœur, que le Christ a promis l'éternelle béatitude.

On voit faeilement par là ce qu'on peut attendre des aberrations et de l'orgueil de certains hommes, lesquels, faisant mépris de l'autorité du Rédempteur, placent l'homme au plus haut faite du monde, et prétendent que la nature humaine règne en souveraine absolue sur toutes c^oses: encore qu'ils ne sachent ni amener l’avenement de ce règne, ni même en définir le caractere. Le règne de Jésus-Christ, c'est de la charité qu'il tire sa forme et sa vitalité ; aimer saintement et sui ant l'ordre, tel est son fondement et toute sa substance: d'oà suit nécessairement tout le reste: observer inviolablement ses propres devoirs, respecter les droits d'autrui, estimer Vhumain inférieur au céleste, préférer à toutes choses l'amour de Dieu. Au contraire, cette souveraineté de l'homme rejetant Jésus-Christ, ou dédaignant de le connaître, a pour base unique l'éroisme: la charité lui est étrangère, elle ignore le dévouement. Que l'homme commande, Jésus-Christ y consent; mais en la seule manière possible : c'est qu'il commence par servir Dieu, et demander religieusement à sa loi la regle et la discipline de la vie.

Par loi de Jésus-Christ, nous n'entendons pas uniquement les préceptes de morale strictement naturelle, ni les seuls préceptes antiquement révélés, ceux-ci d'ailleurs perfectionnés et achevés par Jésus-Christ, qui les a expliqués, interprétés, sanctionnés ; nous entendons encore tout le reste de sa doctrine, et notamment ses institutions. Parmi elles, l'Eglise est au premier rang ; ou,

pour mieux dire, entre toutes les ceuvres de Jésus-Christ en peut-on marquer une seule que l'Eglise n'enferme et ne contienne émineminent en elle-même ? Or, c'est par le ministére de l'Eglise, œuvre admirable de sa sagesse, qu'il a voulu perpétuer le mandat dont son Père l'avait investi. Tandis que, d'une part, il lui confiait tous les moyens de salut : de l'autre, il faisait aux hommes une obligation rigoureuse de lui obéir comme à lui-méme, et de la suivre religieusement comme PET:

Qui vous écoute m écoute ; qui vous méprise me méprise (13). C'est done à l'Eglise qu'il faut demander la loi de Jésus-Christ ; et, conséquemment, si le Christ est la voie de l'homme, pareillement l'Eglise; lui, par lui-même et par droit de nature : elle, à titre de mandat et par communication de puissance, D’ot il suit, que ceux qui tendent au salut en dehors de l'Eglise, se trompent de route et se consument en vains efforts.

A cet égard, la condition des sociétés humaines ne diffère pas sensiblement de celles des individus. Elles aussi courent à des catastrophes, si elles sortent de la voie. Celui qui est tout ensemble, eréuteur et réde

‘gle de leur vie :

mpteur de la nature humaine, le fils de Dieu, roi et maitre de l'univers, a une autorité souveraine sur les sociétés,

non moins que sur les individus, // lui a donné la puissance et l'honneur et le commandement ; et tous les peuples et toutes les tribus et toutes les langues le servi. ront...(14) J'ai été établi roi par lui, Je te donnerai toutes les nations en hé itage, et un empire qui s'étendra jusqu'aua confins de la terre, (15) La loi du Christ doit donc régir de telle sorte les hommes groupés en société, qu'elle regle et dirige non seulement la vie privée, mais encore la vie publique. Et, comme c'est Dieu qui a déterminé et établi eet ordre de choses, et qu'on n'y saurait déroger impunément, c'est fort mal servir l'intérét publie, que de ne point donner aux institutions chré-

(13) Lue, x, 16.

(14) Daniel, vin, 14.

(15) Ps. 11,

hrist ie et ar le ‘esse, Wait | les une e, et vie :

rise vole à et 'omqui t de

difiles | la mpitre tés, la les "Nes rai enrist SO- 60, jui n'y téré "

tiennes la place qui leur est due. Ocez Jésus, et la raison humaine se confond, privée de son meilleur Secours et de sa plus précieuse lumière : et l'on voit s'obseurcir aisément li notion du véritable principe qui a donné naissance, par l’œuvre de Dieu, à l'organisation civile, et qui consiste surtout en ceci, que lee hommes, moyennant les liens sociaux, parviennent au bien étre naturel, mais dans une entière dépendance de ce bonheur souverain, parfait, éternel, qui est au-dessus de Ja nature. La confusion gagnant les esprits, tous font fausse route, et ceux qui commandent et ceux qui obéissent : plus rien de sûr à suivre, ni de solide où s'appuyer.

Et autant il est nuisible et funeste de sortir de la voie autant d'abandonner la vérité. Or, la vérité première, absolue, essentielle, c'est Jésus-Christ, puisqu'il est le Verbe de Dieu, consubstantiel et coéternel au Pére, un avec lui. Je swis la voie et lu vérité. Si done la raison humaine cherche la vérité, qu'elle obéisse avant tout à Jésus-Christ, et se repose avec assurance sur son enseignement, convaincue que par la bouche de Jésus-Christ, c'est la vérité méme qui parle. Les ordres de choses sont innombrables où l'esprit humain, comme en un champ fécond, et qui d'ailleurs lui est propre, peut donner libre carrière à ses études et spéculations ; et cela, non seulement avec l'aveu de la nature, mais à sa demande expresse. Ce qui est impie et viole la nature, c'est que l'esprit ne veuille pas se contenir dans ses propres bornes, et que, dépouillant la modestie qui lui convient, il méprise l'autorité du Christ enseignant, La doctrine dont dépend notre salut. roule presque uniquement sur Dieu et les choses divines : elle n'est pas née d'une sagesse humaine, le Fils de Dieu l'a puisée entidrement en son Père, Les paroles que vous m'avez données, je les ai transmises, (16) Elle embrasse donc nécessairement bien des choses, non certes contraires à la raison, ce qui est absolument impossible, mais placées à de telles hauteurs, que notre esprit est aussi incapable d'y

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(16) To, xviii, 8,

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atteindre, que de saisir Dieu Mais en vérité nature eile-mé

tel qu'il est en lui-méme, s’il est tant de choses cachées et que la

me a enveloppées de mystere, choses dont l'explication échappe à toute savacite

pourtant nu] homme de bon sens Ioserait ré doute, c'est un flagrant: abus de mettre pas comme insaisissables passent infiniment la nature entière, No vouloir point de dogme revient A ceci, ne religion chrétienne. Il faut done humble et respectueuse de in obsequiin Chyisti à

autorité auguste.

humaine, et que voquer en liberté que de n ada notre esprit, celles qui

vouloir point de plier sa raison à une 'pendanee de Jésus-Christ : ce point qu'on la ren Ewuehatuayt a SOUNLISSION au Christ. (17) Jésus-Christ nous fait ses puisqu'il est Dieu, et que seul il Verain intelligence de l'homme, Onté Ay reste, asservir son esprit à maitre, ce n'est nullement pour l'hom ment, mais au contraire avec sa raison, soit avec son il Se rr

le captive de son loute Fielliqi Hoe dans Telle est la sujet

ion dont tributaires : et

ü hon droit, 4 SOUS son empire souaussi bien que sa vo- Jésus-Christ, son me, agir servileen parfaite convenance, soit excellence native, Par là, ange volontairement sous l'autorité, non d'un homme, mais de Dieu son créateur et la rol universe], il est le sujet par

loi de nature :

opinions d'un mi

de qui : et il s'enehaine, able vérité,

lion nux Litre humain.

mais à l'éternelle et immu- Et ainsi. il

conquiert, du meme coup, le bien haturel de l'esprit et la liberté. Car, la

procède de lenseionement de miere Ce qu'est chaque chose en elle-même. et co qu'elle vaut: et si. pénétré de cette connaissance harmonise Sa Vie, il asservit non mais leg choses à lui meme.

Vérité qui Jésus-Christ met en lu-

; 'hommoe y

aux choses, non la raison aux Mais les passions à la I'ülson ; et, affranehii do

servitudes, qui est celle du péché et de l'erreur, il conquier la plus précieuse des libertés : Vous COMMA è la Vérité. el le eril ous di livrera. (18) H est done

lui-méme

Passions, lu pire des

évi:- (17) II Coi T

(18) Io, var. 32

MT

en lui-même.

ces et que la choses dont une, et que revoquer en ue de n 'adit, celles qui uloir point de religion une humble in obsequitive de son ' nee dans létion dont bon doit, hpire souue Sa vohrist, son r servilelance, soit Par Ih, l'un home], de qui , lion aux et immu- ' coup, le rité qui C en lu- '6 qu'elle lomme y choses, ussions, pire des il condire lu he ÓN i-

dent que ceux qui réeus Jésus-Christ, mettent opiniatre avee Dieu.

puissance divine, il bent sous ]

it pour leur esprit l'autorité de leur volonté en lutte ouverte et Mais, pour s'être soustraits à la S n'en sont pas plus libres; ils tome joug de quelque autorité humaine ; on les voit, comme c’est l'ordinaire, se choisir quelqu'un, dont ils se font un maitre toujours écouté, toujours révéré, toujours suivi. De plus, en fermant ainsi leur esprit au commerce des choses divines, ils le resserrent en un cercle plus étroit, et diminuent, pour celles mémes accessi. bles & la raison, ses aptitudes au progres. Car, il nya pas peu d'objets dans la nature, que la lumiere de la doetrine saerée aide puissamment à expliquer ou à comprendre. Et il n'est pas rare que, en. chátiment de leur orgueil, Dieu dérobe à ces hommes la vue du vrai, afin qu'ils soient punis par où ils ont péché. Pour ce double motif, on en voit souvent, quoique de grand génie et de science raffinée, tomber en des absurdités et des erreurs grossières, dont il ny avait pas d'exemple.

Qu'il reste done pour constant que, dans la vie chrétienne, l'intelligence doit être abandonnée totalement et sans réserve à l'autorité divine. Que si cette subordination de la raison à l'autorité humilie et afllige quelque peu l'orgueil, passion qui a tant d'empire sur nous, c'est une nouvelle preuve que, dans le chrétien. ce n'est pas la volonté seule qui doit savoir se beaucoup mortitier, mais encore l'esprit. Nous voudrions qu'ils s'en. souvinssent, ceux qui révent et souhaitent méme de voir s'établir dans le profession chrétienne, une discipline de foi et de mœurs, dont les pi éceptes beaucoup plus doux et plus indulgents à la nature humaine. ne nous demanderaient que peu ou point de mortitieation, Ceux-là ne prennent pas suffisamment la portée de la institutions chrétiennes,

Coni:

foi et des Ils ne voient pas s'offrir à nous de toute part la Croix, exemplaire de vie et perpétuel étendard, pour tous ceux qui veulent, non en paroles seulement, mais en fnit et en réalité, suivre Jésus-Christ

Etre vie n'appartient qua Dieu, Les autres êtres

par ticipent à la vie, ne sont pas la vic

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nité et par sa nature méme, Jésus-Christ est vie, de méme qu'il est vérité, parce qu'il est Dieu de Dien. De lui, comme de la premiere et trés auvuste source, toute vie s'est écoulée et s'écoulera perpétuellement dans le monde: tout ce qui est, est par lui; tout ce qui vit, vit par lui, parce que foutes choses ont élé fuites pur le Verbe, et que ren wea été fuit sans lit de ee qui a été fait.

Ainsi, d'abord, pour la vie de nature. Mais Nous avons déjà mentionné plus haut une vie bien meilleure et de beaucoup préférable, savoir la wie de grace, don de la bonté de Jésus-Christ. qui a pour heureuse conclusion la vie de gloire, à laquelle doivent se rapporter toutes nos pensées et tous nos actes. En ceci réside la substance de la doetrine et des lois ehrétiennes que morts air péchés, HOILS VIVIONS a la justice ( 19), c'est-à-dire à la vertu et à la sainteté, en quoi consiste, avec une ferme espérance de la béatitude éternelle toute la vie morale des âmes, Mais, le vrai et propre aliment de la justice, le seul qui convienne au salut, c'est la foi chrétienne. Le juste vit de foi... (20) Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu. (231) Aussi, est-ce Jésus-Christ. vénerateur, pere, auteur de la foi, qui conserve et soutient la vie morale ; ee qu'il fait principalement par le ministère de l'Eglise, C'est à elle, en effet, que, dans un dessein de miséricordieuse et très sage providence, il a confié pour nous les appliquer, les moyens propres à engendrer en nous la vie dont nous parlons, à la conserver une fois engendrée, à la ranimer si elle venait à s'éteindre. C'est pourquoi, la force s'anéantit, qui crée et conserve les vertus sulutaires, si la discipline des mœurs se separe de la foi divine. Et en effet, ils dépouillent l'homme de sa plus haute dignité, et, le faisant décheoir de la vie surnaturelle, le replongent misérablement dans la vii

naturelle, ceux qui prétendent régler l'honnéteté des mcurs sur les seules données de la raison. Ce n'est pas

(19) I. Petr, 11, 24 (20) Galat. 111, 4t.

(21) Heb. x1, 6

vie, de E De , toute uis le "it, vit Verbe.

tite avons ‘et de l de la ion la Ss DOS stanee Ibn pé- Vy Ver- |o esle des ice, le , Le ble de 'nerant la istere »asein confié ndrer r une indre, serve epare ne de la vie à vie é des if pas

que l'homme ne puisse, par un droit usage de cette raison, discerner et observer bon nombre de préceptes naturels. Mais les discernerait-il tous et les observerait-il inviolablement toute sa vie, ce qu'il ne peut d'ailleurs que moyennant la grâce du Rédempteur, c'est vainement que, sans la foi, il se promettrait le salut éternel. S; quelqu'un ne demewre pas en moi, il sera jeté dehors COHUDILe UN sarment, il Se desséchera, sera ramassé, jeté au feu, et byülé, (22) Qui n'aura pas emi, sera condamné. (2 ) Au surplus, si nous voulons savoir ce que vaut en elle-même cette honnêteté contemptrice de la foi, et quel fruit elle porte, nous n'avons que trop de réponses sous les yeux. D’ot vient que, en dépit de tant d'efforts pour établir et accroître la prospérité publique, un malaise profond et toujours plus envahissant oppresse les sociétés ? Ils disent que la société eivile se soutient d'elle méme, qu'elle peut prospérer sans le secours des institutions chrétiennes, et parvenir, de ses seules forces, au but qu'elle se propose. En conséquence, ils veulent que tout ce qui est administration publique soit laïcisé: et c'est ainsi que l'on voit, de jour en Jour, s'effaeer des mœurs eiviles et de la vie sociale les derniers vestiges de la religion de nos pères. Mais ils ne saperçoivent pas assez de ce qu'ils font. Supprimer, avee Dieu, la sanction du bien et du mal, c'est fatalement dépouiller les lois de leur autorité la plus essentielle, c'est ruiner la justice, et

briser par là les deux liens les plus fermes et les plus

indispensables de toute société. De méme, ôter l'espé.

rance et l'attente des biens éternels, c'est fatalement al-

lumer dans les cœurs lu soif des biens terrestres, et pous-

ser ehaeun À en tirer violemment à sol autant que lui

permettront ses forces. Conséquences : jalousies, envies,

haines ; machinations ténébreuses : volontés poursuivant

le renversement de toute puissance ; esprits méditunt sur

tous les points de la terre d'épouvantables ruines. Plus

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