‹ Mandements et circulaires de Mgr. Joseph Thomas Duhamel, 1er archevêque d'Ottawa [microforme] (volume 4)Chapitre 34 sur 105 · LX AS OH · texte numérisé non relu

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Aussi, aprés Nous étre appliqué, avec le secours de Dieu et non sans succès, à promouvoir, par de nombreuses lettres et allocutions, certaines branches de la seience qui nous paraissaient intéresser davantage la. gloire divine et le salut des hommes, voilà déjà longtemps que Nous songions à faire de cette noble étude des saiutes Lettres l'objet de Nos exhortations et de Nos encouragements, en lui donnant, en méme temps, uue direction mieux appropriée aux nécessités des temps actuels. Nous sentons, en effet, la sollicitude de Notre charge apostolique, qui Nous engage, et, en quelque sorte, Nor ousse, non seulement à vouloir que cette précieuse source de la révélation catholique s'ouvre plus sûrement et plus largement pour lutilité du troupeau du Seigneur, mais encore à ne pas souffrir qu'elle soit violée en aucune de ses parties, soit par ceux dont l'audace impie s'attaque ouvertement à la Sainte jeriture, soit par ceux qui introduisent dans son étude des nouve: autes fallacienses et impr udentes,

Certes, nous n'ignorons pas, Vénérables Frères, qu'il y a beaucoup de catholiques, éminents par l'esprit et le savoir, qui se consacrent avec ardeur, soit à défendre les Livres saints, soit à en développer la connaissance et l'intelligence, Mais, tout en louant à bon droit leurs travaux et les résultats qu'ils obtiennent, Nous ne pouvons pourtant nous dispenser d'adresser à d'autres aussi, dont le talent, la doctrine et la piété donneraient à cet égard de si belles espérances, l’exhortation pressante de s'appliquer à une si glorieuse tâche. Oui, c'est Notre vœu et Notre désir, de voir augmenter le nombre de ceux qui entreprennent comme il convient et soutiennent avec constance la cause des Saintes Lettres : mais ce sont particulièrement ceux que la grâce divine a appelés dans les ordres sacrés que nous voudrions voir apporter, comme il est bien naturel,

à la lecture, à la méditation et à l'explication de ces Livres un soin et un zèle de jour en jor. plus orands,.

Et si cette étude est digne à ce point de recommandation, ce n'est pi. seulement à cause de son excellence et dn respeet dua la parole de Dieu : un motif plus pressant encore, c'est la multiplicité des avantages qui en découlent et dont nons avons pour gage assuré Je témoignage de l'Esprit Saint : * Toute I Eecrilure divinement inspirée est utile pour instruire, pour convaincre, pour reprendre, pour facosner à la jusfice afin que Phomme de Diew soit parfait, armé pour toute bonne œuvre (6) Ces. dans ce dessein que Dieu a donné aux hommes les Ecritures : les exemples de Notre-Seignenr Jésus-Christ et des Apôtres le montrent, Celui-Jà méme, en effet, qui “par ses miracles acquit l'autorité, par l'autorité mérita la foi et par la foi gagna Ja multitude (7) " avait coutume, dans l'exercice de sa mission divine, d'en. appeler aux Saintes Eeritures : c’est par elles qu'il. montre, à l’occasion, qu'il est envoyé de Dieu et Dieu Inimême ; c'est à elles qu'il emprunte des arguments pour instruire ses disciples et appuyer sa doctrine ; c'est leur témoignage qui le venge des arguties de ses adversaires, qu'il oppose en réponse aux Sadducéens et aux Pharisiens, et qu'il retonrne contre Satan lui-même an milieu de ses sollicitations impu: dente s; enfin c'est à elles qu'il recourt à la fin de sa vie, les expliquant à ses disciples aprés sa résurrection, jusqu'au. jour où il monta dans la gloire de son Père,

Les Apótres se sont conformés à la parole et aux préceptes du Maitre, et quoiqu'il eût aecordé que des prodives e! des miracles se fissent par leurs mains (8), ils ont tiré des Livres divins un puissant moyen

(6) IE Tim, HT, 16-17.

(7) 5. Aug, d? «tt, cred XIV, 32,

"| i X " (8). Act. XIV, 3:

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d'action pour répandre au loin et persuader aux nations la sagesse chrétienne, pour briser l'obstination des Juifs, et pour ¢touffer les hérésies naissantes. C'est ce qui ressort de leurs discours et, en première ligne, de eenx de saint Pierre, qu'ils composent presque entièrement des paroles de l'Ancien Testament comme étant l'appui le plus ferme de la loi nouvelle: c'est ee qui ressort aussi des Evangiles de saint Mathieu et de saiat Jean, et des lettres appelées catholiques, ot plus évidemment encore du temoignage de celui qui “se glorilie d'avoir appris aux pieds de Gamaliel la loi de Moise et les prophetes” et de s'y être muni des armes spirituelles, qui lui donnaient ensuite la confiance de pouvoir dire : Les armes de notre milice ne sont pas des armes charnel'es mais elles tiennent leur puissance de Dieu 19).

Par ces exemples de Notre-Seigneur Jésus-Christ et des Apôtres, que tous, mai surtout les jeunes soldats de la milice sacrée comprennent bien quelle estime ils doivent avoir pour les Livres saints, avec quel amour et quelle religion ils doivent venir à eux, comme à un arsenal. Nulle part, en effet, ceux qui ont à exposer, aux savants comme aux ignorants, la doctrine de la vérité catholique, ne trouveront, sur Dieu, le bien supréme et sonverainement parlait, et sur les œuvres qui nous révelent sa gloire et sa bonté, une matière plus riche et de plus amples enseionements. Quant au Sauveur du genre humain, quoi de plus fécond et de plus expressif que ce que nous présente le tissu de la Bible entière, et n'est-ce pas à bon droit que saint Jérôme a pn dire que "jenorer les Ecritures, c'était ignorer 1e. Christ” (10)? C'est de ces Ecritures, en effet, que nous voyons ressortir son image, vivante en-q: que sorte et animée, et dont le rayonnement ports au loin

(0) S. Hier, de studio Script, ad Paulin, ef, LIII, 3. (10) Zn ts Prol,

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d'une facon merveilleuse le soulagement dans le malheur, l'exhortation aux vertus et les invitations de l'inour divin. En ce qui concerne l'Eglise, si fréquente s'y voit la mention de son institution, de sa nature, de sa mission, de ses dons ; si nombreux et si forts s'y produisent les arguments en sa faveur que le méme saint Jéróme a pu dire en toute vérité : " Quiconque a été fortifié par les témoignages des Ecritures, celni-là est le rempart de l'Eglise (11)." Que si l'on cherche des règles pour la formation de la vie et des mœurs, c’est encore là que les hommes apostoliques trouveront les plus larges et les plus efficaces secours : prescriptions pleines de sainteté, exhortations empreintes à la fois de douceur et de force, exemples remarquables de toutes sortes de vertus ; et à tout cela se joignant au. nom de Dieu lui-même et par sa propre parole, la promesse des récompenses et la menace des peines éternelles. C'est cette vertu propre et singulière des Ecritures, provenant du souffle divin du Saint-Esprit, c'est elle qui donne l'autorité à l'orateur sacré, inspire la liberté apostolique de sa parole et rend son éloquence nerveuse et entrainante, Celui, en effet, qui porte dans son discours l'esprit et la force de la parole divine, celui-là ne parle pas seulement en discours mais en puissance, el par P Esprit saint, et en toute plénitude (12). Aussi, doivent-ils être regardés comme bien inconsidérés et agissant à rebours de ce qui convient, les prédicateurs qui, ayant à parler de la religion et des préceptes divins, n'apportent presque rien que les paroles de la science et de la prudence humaine et s'appuient sur leurs propres arguments plus que sur les arguments divins. En eflet, quelque brillante que soit l'éloquenee de teis orateurs, elle est nécessairement languissante et froide, étant

(11) Zn ft, LIV, ra, (12) I Thes, I. 5.

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