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Comment, sans cela, la loi naturelle elle-méme, qui impose à l'homme l'obligation de pratiquer la vertu, pourraitelle subsister ? Car le saint baptéme détruit bien le péché contracté en naissant ; mais toutes ces fibres entremélées et perverses que le péché a enracinées dans l'àme, elles ne sont nullement arrachées. Cette partie non raisonnable de l'homme ne peut nuire, sans doute, à qui, par la grace de Jésus-Christ, résiste et lutte courageusement ; mais pourtant elle ne cesse de disputer l'empire à la raison, troublant perpétuellement l'état de notre àme et, pour la détacher de la vertu, tyrannisant notre volonté avec une violence telle que ce n'est qu'au prix d'une lutte de chaque jour que nous pouvons fuir le vice et accomplir le devoir. “ Que ce foyer, cette coneupiscence demeure dans les baptisés, le saint Concile l'avoue et le reconnait, mais elle ne peut nuire à ceux qui n'y consentent point, mais qui y résistent par la grâce de Jésus-Christ ; bien plus, celui qui aura légitimement combaitu sera couronné (8)". Dans ce combat, il y a un degré de force où une vertu supérieure peut seule atteindre : c'est le cas de ceux qui, dans leur lutte contre les mouvements contraires à la raison, ont poussé si loin la vietoire qu'ils semblent mener sur la terre une vie pres-
que céleste.
Qu'une telle supériorité soit le partage d'un petit nombre, soit : mais (et c'était là le précepte de la philosophie antique elle-méme) il n'est personne qui ne doive carder ses passions sous le joug, et le zele pour cela doit étre plus
grand en ceux-là mémes qui. par l'usage quotidien des
(8) Conc. de Trent., sess. V, can. 5.
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choses mortelles, en ressentent davantage les excitations : à moins qu'on n'ait la folie de penser que la vigilance est moins de rigueur là ot le danger nous menace de plus pres, et qu'à mesure que la gravité du mal augmente, la nécessité du reméde diminue.
Mais ce travail que la lutte Nous impose Nous apporte, sans parler des récompenses célestes et éternelles, de grands biens en compensation : et d'abord, la restauration de notre dignité primitive, qui, par cet apaisement de nos séditions intérieures, est en grande partie accomplie, C'est, en eflet, sous cette loi, dans cet ordre, que l’homme a été créé : l'àme, chez lui, doit commander au corps, et les appétits doivent être gouvernés par les conseils de la raison : d’où il suit que refuser de se soumettre à la honteuse tyrannie des passions, c'est la premiére et la plus enviable des libertés. De plus, méme dans la société humaine, on ne voit pas ce qu'on peut attendre d'un homme qui n'a pas cette disposition d'âme. Sera-t-il porté à bien mériter de cette société, celui qui prend son intérét personnel pour mesure de ce qu'il doit faire ou éviter ? Comment sera-t-il magnanime, bienfaisant, miséricordieux, tempérant, celui qui n'aura pas appris à se vaincre lui-méme et à faire céder toutes les considérations humaines devant la vertu ?
Et pour dire toute Notre pensée, cela Nous semble vrai. ment une économie de la sagesse divine que l'homme ne puisse qu'au prix de l'effort et de la souffrance atteindre le salut. En effet, si Dieu a accordé au genre humain la rémission de sa faute et le pardon de son péché, ce n'a été qu'à la condition que son Fils unique lui paierait la juste
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