‹ Mandrin (volume 2)Chapitre 5 sur 33 · Richesse des nations^ éd. Garnier, V · texte numérisé non relu

Richesse des nations^ éd. Garnier, V

Par un abominable vice d'organisation, le produit des amendes encourues par ceux qui avaient enfreint les édits bursaux, et les effets confisqués sur eux, étaient distribués, pour un tiers aux fermiers généraux euxmêmes, pour un tiers au chef des employés et des commis qui avaient découvert le délit et dressé les procès-verbaux, pour un tiers enfin à ces employés et à ces commis. Or, devant les tribunaux de la Ferme, un procès-verbal signé de deux commis faisait la preuve sans contradiction possible. Ges procès-verbaux, qui causaient parfois des ruines, en enrichissaient les auteurs. « A la fin de l'année, les fermiers généraux et leurs stipendiés partagent entre eux les dépouilles de mille familles, qu'eux, ou leurs adhérents, ont légalement ou illégalement écrasées\ » Helvétius refusa l'argent de ces confiscations ; mais Helvétius était un philosophe,uQ original.

On conserve par centaines des documents semblables à cette lettre qui est aux Archives du ministère de la Guerre, où l'on voit de joyeux fermiers généraux, tels que Bouret d'Érigny et Dupin, déclarer que le dragon du roi, Claude-Joseph Maire, condamné aux galères pour contrebande, ne mérite aucune grâce, malgré la requête pressante que les officiers, ses chefs, ont introduite en sa faveur^.

L'intendant de Flandre écrivait en 1740 : « La quantité des pauvres dépasse celle des gens qui peuvent vivre sans mendier... et les recouvrements se font avec une rigueur sans exemple ; on enlève les habits des pauvres, leurs derniers boisseaux de froment, les loquets des portes... »

Qui ne connaît l'aventure si bien contée par Jean-

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