‹ MandrinChapitre 112 sur 266 · Lettre du 14 Janvier 1755 citée p · texte numérisé non relu

Lettre du 14 Janvier 1755 citée p

3. Lettre du ministre de la guerre à l'intendant d'Auvergne, 8nov.l754.

(Novembre 1754.)

A peine nos compagnons furent-ils rentrés en Suisse et en Savoie, que le gouvernement français réclama l'extradition de Mandrin et de son ami Bélissard, « coupables de crimes atroces1 ». Le comte de Chavigny, ambassadeur en Suisse, et le chevalier de Chauvelin, ambassadeur à Turin, recevaient Tordre d'insister « très fortement ». Comme l'écrivait le Contrôleur général, Moreau de Séchelles, au ministre des affaires étrangères, Rouillé : « Il serait à souhaiter que Ton fît un exemple de cet homme (Mandrin) dont le nom n'est déjà que trop célèbre'. »

Il n'était bruit que de lui. Déjà naissaient à son sujet mille et mille légendes qui sont venues jusqu'à nous. « On est presque honteux de parler aujourd'hui de Mandrin, écrit le vicaire général de Valence à l'intendant d'Auvergne, tant ce qu'on en mande se soutient peu8 ». Arrivait-il qu'on arrêtât quelqu'un : c'était Mandrin; parlait-on d'un audacieux coup de main : il était l'œuvre de Mandrin. On avait

1. Communication du chevalier Ossorio au chevalier de Chauvelin, transmise parce dernier à Rouillé, le 23 novembre 1754, A.A.B.tms. Turin 223, f. 351 ; — dépêche de Chauvelin à Rouillé, 6 nov. 1751, A. A. E.t ms. Turin 223, f. 292.

2. Lettre datée de Versailles, 3 déc. 1754. A, A. £., ms. Turin 223, f. 365.

3. Lettre de l'abbé d'Aurelle, 5 déc. 1754. Archives du Puy-de-Dôme.

vu Mandrin partout, il avait été partout. De là cette infinité de gobelets dans lesquels il a bu, débottés qu'il a chaussées, de fers dont sa jument a été ferrée, de pièces d'indiennes dont il a fait présenta des dames de château, et de pistolets et d'épées dont il a exterminé les « suppôts » de la Ferme, reliques conservées comme des fétiches dans tous les coins de la France. « La mode est venue, écrit encore l'abbé d'Aurelle, de faire sortir les Mandrins comme des champignons du sein de la terre1. »

Les portraits, que les graveurs de Paris et de Lyon avaient tirés de sa figure, « le mettaient dans le rang des personnages célèbres8 ». Il s'en débitait beaucoup plus d'exemplaires que de celui du feu maréchal de Saxe, le vainqueur de Fontenoy. « Les Savoyards les vendaient en montrant la marmotte3. » La police dut intervenir v.

Mandrin arriva à Carouge avec Binbarade. Ils y restèrent à soigner leurs blessures, du 2 au 9 novembre 17541.

Le jeune contrebandier avait envoyé quérir à Genève l'un des meilleurs chirurgiens de la ville, en disant « que si on était assez hardi pour arrêter son homme, il mettrait le feu aux maisons de campagne des Genevois et qu'il trouverait bien le moyen de prendre un magistrat dont la vie lui répondrait de celle de son homme* ». Notre bandit ne fit d'ailleurs pas bon ménage avec ce chirurgien, car comme son bras continuait d'enfler, il le soupçonna de chercher à l'empoisonner. « Ses emportements engagèrent son hôte à faire

1. Lettre de l'abbé d'Aurelle à l'intendant d'Auvergne, citée par Vernid re, p. 10.

S. Mercure historique et politique, mai 1755, p. 346. — Gazette de Bollande 16 mai 1755.

Z.Abbrégé.p.V.

4. Lettre (4 avril 1755, Bourg) du baron d'Espagnac au ministre de la guerre, avec apostille du ministre. Archives de la guerre.

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