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5. Gazette de Hollande, n* XCVI (29 nov. 1754), correspondance de Genève du 16 novembre.

çaient ensuite aucune poursuite contre les contrevenants et ces défenses demeuraient platoniques1.

Les magistrats de Rolle, petite ville [du pays de Vaud, dans le bailliage de Morges — où nous venons de voir une partie des Mandrins s'installer à leur retour de France — : allèrent trouver leur bailli, pour lui demander des instructions sur la ligne de conduite à suivre vis-à-vis des margandiers. Le bailli leur dit :

« Je ne vous ordonne, ni ne vous défends rien. Considérez cependant que ces gens-là répandent ici beaucoup d'argent et qu'ils n'y font point de désordre. Si vous les attaquez, ils peuvent mettre le feu à vos maisons de campagne et se porter aux plus violents excès' . »

Les contrebandiers formaient la principale clientèle du pays de Vaud, rempli de magasins, de manufactures et d'entrepôts de tabac. Ils étaient devenus pour ces contrées une voie ordinaire et régulière d'exportation en France.

Le 16 novembre 1754, Mandrin était revenu à Carouge*. « Mandrin et sa troupe, écrit M. de Montperoux, occupent cinq à six lieues où ils se répandent. Ils y dépensent dans les plaisirs de la bonne chère l'argent qu'ils ont rapporté1. »

La ville de Chambéry était toute bondée de contrebandiers*. En Novalaise, ils constituaient la partie la plus importante de la population active . Montperonx l'écrit à son ministre : « Il est certain que toute la Savoie est pour les contrebandiers6. » Quand, d'aventure, les troupes du roi de Sardaigne arrêtaient quelques-uns de nos compagnons, le

1. Rouillé au chevalier de Chauvelin (11 nov. 1754, Fontainebleau).

2. Montperoux à Rouillé, 13 nov. 1754. A. A. E.t ms. Genève, 66.

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