‹ MandrinChapitre 116 sur 266 · Lettre du25oct. 1754, A. G., ms.3385, n · texte numérisé non relu

Lettre du25oct. 1754, A. G., ms.3385, n

2. Montperoux à Rouillé, 17 nov. 1754. A. A. £., ms. Genève, 66, f. 216.

L'état-major de la troupe, dont Mandrin était le « capitaine », était composé d'un lieutenant, d'un major, d'un enseigne, d'un secrétaire et d'un chirurgien1.

Le lieutenant de Mandrin se nommait Broc, de son vrai nom Joseph Riondet ; les correspondances officielles le qualifient de « fameux contrebandier2 ». Il était des Échelles en Savoie, où il était marié et tenait boutique ouverte. Sa mère, la veuve Riondet, était également marchande aux Échelles. C'était un jeune homme de vingt-cinq ans, d'une taille au-dessous de la moyenne, cinq pieds un pouce; mais trapu, aux épaules larges, les cheveux noirs, lisses et longs; il les portait en queue, il avait les yeux noirs et enfoncés, le nez gros et camard3. Broc était à la tète d'une fortune personnelle qu'on estimait à 30 000 livres4, représentant une centaine de mille francs d'aujourd'hui. Dans sa correspondance, M. de Montperoux, résident de France à Genève, qui n'a pas entendu prononcer distinctement son nom, l'appelle « Gros * ». Quant au major de Mandrin, François d'Huet de Saint-Pierre, qui était également des Echelles, il en a déjà été question.

Le ministre de la guerre écrit à cette époque que les chefs contrebandiers ont adopté un costume vert, un costume semblable à celui que portaient les capitaines commandant les brigades de gâpians aux ordres des fermiers généraux6. Mais Mandrin, à qui répugne toute dissimulation, continue de se vêtir d'un costume voyant; c'est son habit gris perle à boutons de cuivre brillants, sa veste de panne rouge, son

1. Montperoux à Rouillé, l«rnov. 1754. A. A. E.t ms. Genève, 66, f. 18*.

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