‹ MandrinChapitre 117 sur 266 · Journal de Marsin, A. G., ms. 3406, n · texte numérisé non relu

Journal de Marsin, A. G., ms. 3406, n

5. Montperoux a Rouillé, 17 nov. 1754. A. A. Ê ms. Genève, 66, f. 217.

6. Le ministre de la guerre au baron d'Espagnac, 16 déc. 1754. A. G., ms. S386, pièce 338.

grand manteau écarlate et son chapeau de feutre noir festonné d'or. Il se montrait ainsi en Savoie, toujours escorté « comme le roi ou la reine des guêpes * », d'un détachement de six gardes, que l'on nommait ses canonniers *.

Nos compagnons mettaient une attention extrême à être toujours exactement informés des mesures prises contre eux en France. Au reste, c'était à qui leur servirait d'espion. Mandrin avait pour le renseigner des gentilshommes savoyards qui utilisaient à son intention les relations qu'ils avaient en France ; entre autres, un officier du roi de Sardaigne, que le résident de France à Genève voyait fréquenter les offices à sa chapelle. M. de Montperoux proposait de le faire enlever dans le pays de Gex où il allait souvent3.

De son côté, le gouvernement français cherchait à être tenu au courant des faits et gestes, et surtout des projets de nos compagnons. Il insiste auprès de son résident à Genève pour qu'il tienne la main à l'organisation de ce service. M. de Montperoux répond au ministre :

« Quant aux détails sur le temps du départ des contrebandiers, sur le lieu où ils devront se rendre, la qualité du chargement de chaque bande, le nom des chefs qui les commandent, le nombre d'hommes armés qui les composent, etc., je doute, Monseigneur, qu'il puisse m'être possible, quelques soins que j'y apporte, de pouvoir en être informé. J'ai cherché inutilement à intéresser par des récompenses proportionnées aux services, je ne puis trouver personne qui veuille se charger d'un espionnage aussi dangereux*. »

Montperoux écrit encore :

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