Lettre (22 nov. 1754, Genève). A. A. É.f ms. Genève
3. Montperoux à Rouillé, 22 nov. 1754, ibid. : — le même au même, 29 nov. 1754, ibid. — le même au même, 18 déc. 1754. ibid.
4. Montperoux à Rouillé, 13 nov, 1754. A. A. É.t ms. Genève 66, f. 205.
« Je n'ai plus d'espérance d'avoir aucun espion. On vient de me dire que je n'en aurais pas à un louis par heure. La frayeur ne peut être plus grande l. »
Et le nombre des contrebandiers augmentait tous les jours*.
Il y eut cependant un officier suisse, M. de Georgy, « capitaine dans Fischer », c'est-à-dire dans le régiment commandé par M. de Fischer, qui consentit à se rendre en Suisse et en Savoie « pour éclairer les manœuvres des contrebandiers ».
Du premier jour, Georgy fit preuve d'un grand zèle, « II me paraît, écrit Montperoux, que l'officier de Fischer se conduit avec beaucoup d'adresse. Il a introduit parmi les contrebandiers un homme dont il est sûr, qui risquera même d'entrer dans leurs troupes. Cet officier veut hasarder d'avoir une entrevue avec Mandrin et même de faire quelques marches avec sa troupe. Je crains qu'il ne risque trop avec des gens qui se vengent au premier soupçon 3. »
Georgy arriva à ses fins. « Il a arrangé un rendez- vous avec Mandrin, par le moyen du gentilhomme savoyard qui s'est attaché à ce malheureux \ » Le 1er décembre, Mandrin arriva à Carouge avec deux ou trois de ses hommes. Il en fit prévenir Georgy qui s'y rendit sur-le-champ.
Notre capitaine dans Fischer reproduit fidèlement la conversation qu'il eut avec Mandrin, et Montperoux la mande à son ministre. Le bandit lui fit très bon accueil. Comme Georgy avait l'accent étranger, il feignit d'être au service de la reine de Hongrie, Marie-Thérèse. Il fit espérer au contrebandier qu'il parviendrait, en utilisant ses relations,
i. Montperoux à Rouillé, 17 nov. 1754.^4. A. JE, ms. Genève 66, f.216v«-217.