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4. Le ministre à Fischer, 16 déc. 1754, A. G., ms. 3386, n* 337.
5. Montpcroux à Rouillé, 10 déc. 1754, A. A. E., ms. Genève 66, f. S53 v*.
garnissait de troupes les pays que le contrebandier avait parcourus. Le régiment de Maugiron avait la mission de protéger le Forez et le Beaujolais; deux compagnies prenaient leurs quartiers à Villefranche, une autre à Charlieu, une quatrième à Montbrison, d'autres à Neuville-sur-Saône, à Belleville-sur-Saône, à Feurs. Des garnisons étaient mises à Trévoux, à Montmerle, à Thoissey l. Et des postes de garde étaient établis sur tous les points qui commandaient les routes du pays". Il en était de même dans le Dauphiné*.
Le comte de Tavanes, lieutenant général pour le roi en Bourgogne et Bresse, ordonnait d'interroger tous ceux qui se présenteraient pour entrer dans les villes, de s'enquérir de leur identité, de se renseigner sur le but de leur voyage. Ceux qui paraîtraient suspects devaient tout aussitôt lui être signalés 4.
Le 4 décembre 1754, du Pont-de-Beauvoisin, La Morlière donnait avis que les contrebandiers avaient abandonné les rives du Guiers vif et étaient remontés du côté de Genève. Le
6 décembre, il signale leurs rassemblements au-dessus de Chambéry et du côté d'Aix-en- Savoie. « Ils pourraient se jeter en Franche-Comté par la Suisse ou par le Bugey. Ils pourraient même y pénétrer par le Fort de l'Écluse. » Le
7 décembre, M. de Montperoux reçoit avis que Mandrin se
1. Registre des délibérations delà communauté de Villefranche en Beau* jolais.
2. Mémoires ded'Argenson, nov. 1754. — Ant. Vernière, Courses de Mandrin, p. 57. — Le marquis d'Argenson avait des correspondants, des « nouvellistes », parmi les troupes chargées de combattre les Mandrins, qui le renseignaient particulièrement. Mémoires à la date du 9 févr. 1755.
3. Lettre, en date du 3 décembre 1754, du comte de Marcieu, gouverneur du Oauphiné, au subdélégué de Romans.
4. Lettre du comte de Tavanes, 16 nov. 1754, citée par Harold de Fontenay, Mandrin et les contrebandiers à Aulun, p. 9; — lettre du comte de Tavanes, 22 nov. 1754, aux officiers municipaux de Montbard, extr. du registre des délibérations de Montbard (Cote-d'Or), art. 2, cote 21, f. 68-69.
dispose à marcher, qu'il a quitté le voisinage de l'Ecluse « et qu'il a pris son fusil à deux coups ». Il a cent cinquante chevaux chargés à Annecy et trois cents autres dans les bailliages de Nyon et de Morges. Pour cette campagne d'hiver, un grand nombre de curés savoyards, en dépit des admonestations épiscopales, ont mis à sa disposition les chevaux qu'ils possédaient. Le résident de France écrit aux baillis de Nyon et de Morges pour leur demander de faire saisir tous ces chevaux et de leur fermer le passage du lac1.
Mandrin est à Nyon le 9 décembre avec dix-huit hommes. Le bailli en donne avis au résident de France, mais il ne songe pas à le faire arrêter2. Mandrin est à la tète de 90 hommes d'élite, sans compter les valets *. Il n'a plus avec lui d'autres chefs de bandes momentanément associés à son entreprise ; il commande immédiatement à tous les hommes de sa troupe. Un des contrebandiers les plus importants de ce temps, le plus important après Mandrin lui-même, Joseph Bertier, dit le grand Joseph ou le grand Benoît, qui l'avait suivi dans la campagne précédente, reste auprès de lui pour le seconder. Il était tailleur d'habits et cabaretier au Pont-de-Beauvoisin, demeurant sur la place» Il était l'un des principaux propriétaires de la paroisse de Domessin4.
On s'attendait à voir Mandrin se jeter en Alsace, mais, subitement, par le col de Saint-Cergues, il pénétra en Franche-Comté.
i. Lettre de Montpcroux, 7 déc. 1754. A. A. E., ms. Genève 66, f. 246.