Ibid
3. J. de Fréminville, Notes sur Mandrin, Montbrison, 1894, in-12, extrait du Journal de Montbrison.
« Il était si vigoureux et si redoutable, dit l'abbé Léonard, que, à la tête de sa troupe, il passa et repassa le Rhône, malgré le régiment de La Morlière-Dragons, qui le boudait et qu'il mettait en fuite. On n'a pas vu son pareil pour le courage et l'entreprise ».
Le curé de Saint-Médard résume ensuite la dernière campagne qui vient d'être racontée, et, tout à coup, cédant à l'enthousiasme poétique où l'entraîne son héros, il insère dans son registre de catholicité, parmi les baptêmes, les mariages et les enterrements, les vers suivants :
Brave Mandrin!
Que ne fais-tu rendre bon compte
Brave Mandrin !
A tous ces maltôtiers de vin De sel, de tabac, qu'ils n'ont honte De voler pauvre, riche et comte ?
Brave Mandrin I
Quelle nation Eût jamais fait de connaissance
Quelle nation, Avec gens de telle façon !
Qui, sans étude ni science, As parcouru toute la France,
Sans émotion,
Passant partout, Dans les villes, à la campagne,
Passant partout, Sans craindre Morlière du tout.
Ta troupe et toi as l'avantage De faire un pays de Cocagne
Passant partout1.
Les anecdotes vraies ou fausses sur le caractère et la générosité de Mandrin, qui déjà se répétaient dans les villes, aux champs, le soir à la veillée, ne sont pas moins caractéris-