Mémoires du marquis d'Argenson, 5 mars
4. Lettre de Saint-Priest, 17 janv. 1755, Montpellier. A. A. B„ ms. France 1347, f. 251.
Déjà plusieurs ministres proposants ont groupé autour d'eux des jeunes gens en armes. L'une de ces bandes en compte deux cents. L'arrivée des contrebandiers est annoncée par eux « comme une ressource certaine », « et je craindrais, dit M. de Saint-Priest, intendant du Languedoc, que leun nouveaux hôtes (les Mandrins) ne leur (aux protestants) fussent d'un grand secours pour les guider et même pour les discipliner, comme ils en sont bien capables, par la façon dont on voit qu'ils se sont défendus contre les troupes du roi1 ».
Le maréchal de Richelieu se multiplie en Languedoc, dans les Cévennes, dans le Velay, pour y exciter le zèle des troupes et calmer les craintes que les récents événements avaient fait naître de diverses parts1.
Le ministre de la guerre répond à l'Hospital : ce Vous avez bien raison de penser qu'il peut y avoir beaucoup de connexité entre les démarches des contrebandiers et celles des religionnaires et que, par conséquent, il ne faut pas avoir moins d'attention sur les uns que sur les autres8. »
La situation générale est exposée dans un rapport qui se trouve parmi les papiers d'État conservés aux Archives des Affaires étrangères et qui fut rédigé à l'époque même où se déroule ce récit. Il est intitulé :
« Mémoire politique et militaire sur la situation présente de la France, par rapport à sa querelle avec l'Angleterre4. »
Déjà l'on est sous la menace des premiers signes qui présagent la terrible guerre de Sept ans. L'auteur de ce mémoire note particulièrement la situation des provinces du Sud-Est,