‹ MandrinChapitre 174 sur 266 · Déposition de Joseph Pionchon, de Joudain · texte numérisé non relu

Déposition de Joseph Pionchon, de Joudain

5. Déclaration du châtelain et des conseillers de Saint-Genix d'Aoste, A. G. ms. 3406, n* 216.

Ils criaient : ce Tue ! tue ! tue ! », une manœuvre empruntée aux Mandrins, mais les Mandrins, eux, n'avaient en pareille circonstance jamais tué ni blessé personne. Jean-Baptiste Berthier a la jambe gauche fracassée. Quelques jours après, on dut lui en faire l'amputation. L'aubergiste Antoine Sales, dit Salomon, est assassiné dans la rue, près de sa maison. Le malheureux tomba « le ventre contre terre ». Claude Chevalier, maréchal à Saint-Genix, se précipita pour lui porter secours, et l'entendit murmurer encore :

« Ah ! mon Dieu, je suis mort ! »

Et Sales expira.

Cependant les deux gâpians qui avaient fait le coup, les nommés Regard et Cochet, dansaient autour du cadavre en chantant :

« Dors ! dors ! dors, mon vieux * ! »

Plusieurs des témoins entendus par les soins du Sénat de Savoie parlèrent ainsi :

« Sales, dit Salomon, était un très honnête homme, obligeant tout le monde. Il est même notoire qu'il a fait plaisir à l'un des Regard pendant que celui-ci a demeuré à Saint-Genix. Ils allaient souvent à la chasse et buvaient ensemble. Regard fit cela parce que Sales avait donné un coup de pied à l'un de ses frères, il y a trois ans*. »

Quand Mandrin avait tué le brigadier des Fermes, Sigismond Moret, pour venger son frère livré au bourreau, il n'avait du moins pas dansé autour du cadavre.

Antoine Guinet, dit Campillon, charpentier, est blessé d'un autre coup de feu, qui lui perce le bras de part en part ; François Perret, tranquillement assis à son huis, est frappé d'un coup de baïonnette.

4. Déposition de Claude Chevalier, maréchale Saint-Genix d'Àoste. 2. Déposition de Antoine Court et de Modeste Jamble.

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