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Ibid, p

l'humanité, et, comme la cupidité est le seul mobile de ces tribunaux et de ceux qui les font agir, l'arbitraire est leur seule règle de conduite, et, malheureusement pour le citoyen, la nuit la plus obscure couvre toute leur démarche. Les procédures ne sont jamais revues par aucun tribunal, jamais les procès ne sont instruits sur les lieux et cela contre la loi générale de tout le royaume, qui ordonne que toute cause criminelle sera instruite, en première instance, par la justice des lieux où le délit s'est commis. Enfin, ces tribunaux procèdent en tout comme le tribunal de l'inquisition1. »

Quand il est question de la Commission de Valence dans les délibérations du Parlement du Dauphiné, elle y est appelée ce ce tribunal de sang2 ». Les Etats de Provence flétrissent « les maximes et les formes du sanguinaire tribunal valentinois ». « Ma plume se refuse à nommer ces tribunaux cimentés par le sang », écrit l'avocat Darigrand*. Dans Candide, Voltaire énumère les fléaux de l'humanité : « La vérole, la peste, la pierre, la gravelle, les écrouelles, l'inquisition et la Chambre de Valence. »

A l'époque où se déroule ce récit, la Commission de Valence avait redoublé de férocité et de fureur. Il ne se passait plus de jour que les habitants de la ville, saisis d'horreur, ne vissent pendre ou rompre vifs des contrebandiers.

« De la vie, écrit un bourgeois de Valence, on n'a vu une telle boucherie *. »

Depuis l'institution de la Commission jusqu'en 1738, le président en avait été Jean-Pierre Colleau, précédemment

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