Marion, Machault d'Arnouvxlle, p
solennelle. « Vous sentirez l'importance que cette conduite soit faite avec une sorte d'éclat, ajoute le Contrôleur, afin qu'on soit informé des véritables intentions du roi '. »
Les quatre pseudo-victimes se nommaient Fournier, Marchand, Moulin et Francheville. L'un d'entre eux se trouvait à Lyon, où il fut arrêté par ordre du gouverneur, M. de Rochebaron ; les trois autres furent conduits, par un détachement de vingt cavaliers sous les ordres d'un capitaine, depuis le Pont-de-Beauvoisin jusqu'à Lyon. Diturbide-Larre en personne, qui avait dirigé l'expédition de Rochefort, signa les lettres de conduite2. Ils furent écroués à Pierre- Encise le 25 mai8.
Cette sensationnelle arrestation fut mise dans les gazettes, de crainte qu'on n'en ignorât*. Le gouverneur de Pierre- Encise qui, au premier abord du moins, prit l'affaire au sérieux, écrit au sujet de ses détenus : « J'ai reçu les capitaines généraux arrêtés d'ordre du roi. Il se présente bien du monde pour voir les prisonniers ; mais je ne leur laisse aucune communication au dehors *. »
La Cour de Turin, malheureusement, n'était pas aussi sotte que se l'imaginait la Cour de France. Aussi bien, celle-ci n'espérait pas parvenir à la tromper. Il ne s'agissait que de gagner du temps pour arriver à exécuter Mandrin.
Le chevalier de Chauvelin fît valoir auprès de la Cour de Sardaigne l'éclatante réparation que devait constituer l'incarcération des capitaines des Fermes à Pierre-Encise. Le chevalier Ossorio répondit :
1. Moreau de Séchelles à Marcieu, 17 mai 1755, A. G., ms. 3406, n» 231.