Compte rendu, p
raient par de véritables frontières les habitants d'une même patrie.
En 1664, Colbert essaya d'établir un tarif uniforme pour les droits de traite (transit) et d'en reporter la perception aux confins du royaume. Outre l'Ile de France, les provinces suivantes acceptèrent sa réforme : Normandie, Picardie, Champagne, Bourgogne, Maçonnais, Beaujolais, Bresse et Bugey, principauté de Dombes, Bourbonnais, Berry, Touraine, Aunis, Poitou, Anjou, Maine et Orléanais. Ces provinces formèrent de ce jour le territoire « des cinq grosses Fermes ». Treize provinces voulurent conserver leurs anciennes traites, si bien que, dans le système général des douanes, elles en arrivèrent à être assimilées à l'étranger. Ce fut le Lyonnais et Forez, le Dauphiné, la Provence, le Languedoc, le pays de Foix, le Roussi lion, la Guyenne, la Gascogne, la Saintonge, les îles de Ré et d'Oléron, l'Auvergne, le Limousin, le Périgord, l'Angoumois, la Flandre française, l'Artois et Cambrésis, la Bretagne et la Franche-Comté ; provinces qui furent de ce jour « réputées étrangères ». On croit rêver. Un pays où la moitié des provinces sont « réputées étrangères » !
Mieux encore, les Trois Evéchés, la Lorraine, l'Alsace, le Comtat-Venaissin, le territoire de Marseille, le Labour, le pays de Gex, Dunkerque et sa keure, constituaient « l'étranger effectif ». Ces pays demeuraient soumis aux lois de finance qui les avaient régis au temps où ils n'étaient pas encore réunis à la France1.
« Les trois subdivisions qu'on vient de désigner, dit Necker, ne sont pas les seules disparités qui existent dans le royaume relativement aux droits de traite, car les pro-