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3. Correspondance de Valence du 30 mai 1755, Gazette de Hollande, du 17 juin 1755.
4. Jugement souverain qui a condamné à la roue Louis Mandrin, du lieu de Saint-Etienne-dc-Saint-Geoirs en Dauphiné, principal chef des contre* bandiers, qui ont commis les crimes et désordres mentionnés audit jugement, du 24 mai 1755, in -4» de 4 pages, orig. A. A. É. ms. Turin 224, f. 36t. Souvent réimprimé, entre autres par Rochas. Biographie du Dauphiné, article Mandrin, p. 101-105 et par A.-P. Simian, Mandrin, p. 73-80.
lecture avec toute la tranquillité possible, écrit au ministre de la guerre, l'intendant du Daupbiné. On m'ajoute qu'on n'a jamais vu un criminel si doux sur la sellette '. »
La lecture terminée, il se contenta de dire aux juges :
« Je vous prie de m'envoyer le Père Gasparini, pour achever ma confession avant de me faire mettre dans les tourments9.»
En entrant, le Jésuite lui dit qu'il lui apportait les compliments de 1' « employé » trouvé naguère dans le coche du Rhône à Romanèche, auquel lui, Mandrin, avait sauvé la vie, quand ses camarades le voulaient tuer.
« Tiens ! dit Mandrin, je ne m'en souviens pas ! » Il ajouta en souriant : « J'oublie mes bienfaits 3. »
La confession, à la fin de laquelle le Jésuite lui donna l'absolution, dura de huit heures jusqu'à dix. Puis on lui appliqua les instruments du supplice, les brodequins qui devaient horriblement lui comprimer les jambes. Désirant signer son interrogatoire à la question, il prit une chaise et s'assit. La douleur n'avait pas altéré son visage et sa main ne trembla pas. Les bourreaux n'avaient d'ailleurs pu tirer de lui le nom d'aucun de ses complices et camarades, ni aucune accusation, aucune indication de nature à leur nuire.
Les sentences prononcées par la Commission de Valence sont conservées par centaines, ainsi que les dates où elles furent exécutées. On constate invariablement un intervalle de quatre ou cinq jours entre la condamnation et l'exécution des contrebandiers envoyés au supplice. Il en est notamment ainsi, des arrêts rendus par Levet de Malaval. En l'oc-
4. La Porte à d'Àrgenson, i« juin 1755, Paris. A. G., ms. 3406, n* ÎS7.
2. Lettre de Valence du 30 mai 1755, Gazette de Hollande, 17 juin 1755.