‹ MandrinChapitre 208 sur 266 · Préeit, éd. Simian, p · texte numérisé non relu

Préeit, éd. Simian, p

currence, on aurait eu une raison pour différer davantage encore, puisque la réclamation du roi de Sardaigne était instante. « Cette restitution attire la curiosité de tout Paris, note l'ambassadeur Sarde. On est persuadé que l'exécution de Mandrin étant le but principal des fermiers généraux, ils feront dépendre de là leur triomphe1. » Le président de la Commission de Valence comprit qu'il importait de tuer le jeune contrebandier immédiatement. Il n'avait pu le faire dès le samedi soir, l'arrêt ayant été prononcé trop tard ; le lendemain était un dimanche. Malaval fixa donc au lundi, 26 mai, l'exécution de l'arrêt prononcé le 24. La date était aussi rapprochée que possible. Les fermiers généraux ne pouvaient demander mieux. Quant à Jean Saint-Pierre, le camarade de Mandrin, qui avait été saisi avec lui à Rochefort, et qui était réclamé, lui aussi par la Cour de Sardaigne, il fut supplicié le 27 mai, le jour même où il fut condamné. On pense à sœur Anne qui, penchée au haut de la tour, attend avec une cruelle inquiétude les cavaliers libérateurs. Malaval est au guet avec une égale anxiété ; mais ce qu'il craint, c'est que les cavaliers n'arrivent à temps.

Aussi bien, l'opinion publique, dès cette époque, ne s'y trompa pas, et la plume de Michel Forest, qui rédige les Annales de Valence, s'en exprime clairement.

Le jour de l'exécution, 26 mai, la ville fut envahie par une foule d'étrangers venus de quinze lieues à la ronde. On en compta jusqu'à six mille. Si l'on avait pu prévoir la rapidité que les juges mirent à faire périr Mandrin, il en serait venu bien davantage3.

« Mandrin sortit de sa prison avec une constance et une

1. Lettre (Archives de Turin), citée par A.-D. Perrero, p. 34748.

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