A.-D. Perrero, p
5. Chauvelin à Rouillé, 30 mai 1755. A. A. E.t ms. Turin 224, f. 398. — Mémoire du comte de Noailles sur la cour de Turin (1755). A. A. £., m3. Turin 225, f. 41315.
Chauvelin a laissé une relation détaillée de l'entrevue qu'il eut avec Ossorio, le 2i mai, quand il lui alla transmettre la version officielle du gouvernement français1. Ossorio r écouta attentivement, puis, après un moment de réflexion :
a Cette dépêche ne fait mention que des employés des Fermes. Cependant les différentes relations, qui nous sont parvenues, portent que les dragons de La Morlière et môme des officiers déguisés étaient mêlés avec les commis. » — « De plus, poursuivait Ossorio, l'emprisonnement des quatre capitaines des Fermes est une peine peu proportionnée à l'attentat. »
Le ministre italien y voyait clair. L'incarcération des capitaines des Fermes était une « frime », pour reprendre l'expression même du marquis d'Argenson \ Ossorio exigeait :
1° La punition effective des coupables; 2° le dédommagement des pillages, la restitution des effets volés, une indemnité aux veuves et aux enfants des victimes ; 3° enfin, et surtout, la remise de Mandrin et de ses compagnons.
L'abbé de Bernis, esprit délié, rompu aux façons diplomatiques, homme d'église aux formes insinuantes et aimables, se trouvait alors de passage à Turin, trèsheureusementpour seconder le diplomate français.
Le lendemain de cette entrevue, c'est-à-dire le dimanche 25 mai, Chauvelin présentait Bernis au roi de S^^îpe. Le dimanche, il y avait habituellement réceptr Ç»
de la Vénerie, dans les environs de Turin, Emmanuel faisait sa résidence. On parla ei drin et le roi lui-même dit d'un ton tri comptait sur « une réparation entière ».