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Argenson, Mémoin

Au cours d'une nouvelle entrevue avec Chauvelin, le 29 mai , Ossorio revenait sur le même point :

« Toute l'Europe a les yeux ouverts sur cet événement et sur la manière dont il se terminera. »

Chacun assurait à Turin que les quatre capitaines des Fermes ne tarderaient pas à être dédommagés par des récompenses effectives de la punition apparente qui leur avait été infligée. Le ministre de Charles-Emmanuel concluait :

« La seule remise des contrebandiers arrêtés illégitimement peut être une satisfaction incontestable. C'est la seule manière de prouver que le roi votre maître ne veut pas se prévaloir de la supériorité de sa puissance pour exercer, ou au moins pour autoriser, des actes de violence contraires au droit des gens. »

Chauvelin terminait sa dépêche par ces mots :

<r Si cette condition n'est pas remplie, il est difficile de prévoir quelle issue aura cette affaire. »

La Cour de France commençait à comprendre que la comédie de Pierre-Encise et les lettres ce ostensibles » ne produisaient pas un effet suffisant. Sartirane recevait l'ordre d'exiger une satisfaction immédiate i. Rouillé, Argenson et Moreau de Séchelles parvinrent alors à tirer Louis XV de sa torpeur coutumière et à lui faire écrire, de sa propre main, à son bon frère et oncle, le roi de Sardaigne, la lettre suivante :

« Monsieur mon frère et oncle,

« Je n'avais pas attendu les représentations que Votre Majesté a chargé son ambassadeur de me faire, pour ordonner

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