A.-D. Perrero, p
2. Chauvelin à Rouillé. 7 juin 1755, A. A.B., ms. Turin 224, f. 437.
3. Le même au même, 8 juin 1755. lbid, f. 438. — Ossorio à Sartirane, 8 juin 1755, éd. A.-D. Perrero, p. 348.
le contrebandier immédiatement, et il savait être obéi, lien écrit à son collègue des Affaires étrangères (28 mai) :
« En conséquence des ordres du Roi, que Sa Majesté m'a donnés en votre présence, Monsieur, j'écris à Valence pour qu'il soit sursis à toute exécution jusqu'à nouvel ordre. Ma lettre partira ce soir. Il ne m'était pas possible de me conformer plus promptement aux intentions de Sa Majesté.
Signé : « Séchelles1. »
Rouillé envoya copie de ce document, le 29 mai, à Sartirane et, le 3 juin, à Chauvelin a.
Avec une rapidité inquiétante, les événements tendaient
une rupture ouverte entre les deux Etats. Chauvelin mandait de Turin que « l'animosité », « les clameurs » allaient croissant3. A Paris, Sartirane apprenait de son côté le supplice de Mandrin et se rendait chez Rouillé pour exiger une audience immédiate du roi. Rouillé dut l'accompagner à Versailles. « Le Roi Très Chrétien me parut déconcerté, écrit l'ambassadeur italien. Il toussa et cracha, pendant quelque temps avant de me faire réponse. » ce Enfin, dit Sartirane, il m'a répondu d'une voix tremblante *. »
Quand il se retrouva seul avec son ministre, le roi rentra en possession de lui-même. Pour la seconde fois, il prit alors une décision dans cette affaire et, pour la seconde fois, ce fut la décision juste. Il ordonna à Rouillé de se rendre chez Sartirane pour lui annoncer que le roi de France enverrait à Turin l'un des grands seigneurs de sa Cour, pour y présenter des excuses au roi de Sardaigne.
1. Moreau de Séchelles è Chauvelin, 28 mai 1755. A. A.E., ms. Turin
2! À. A.B., ms. Turin 224, f. 392.
3. Chauvelin à Rouillé, 7 juin 1755. A. A. E., ms. Turin 224, f. 436-37.