‹ MandrinChapitre 221 sur 266 · Chauvelin à Rouillé, 21 juin 1755, ibid. f · texte numérisé non relu

Chauvelin à Rouillé, 21 juin 1755, ibid. f

5. Mémoires de Fr.-Joach. de Pierre, cardinal de Bernis (1715-1758), publ. par Frédéric Masson, I, 200-201.

6. Sartirane à Charles-Emmanuel III, 9 juin 1755 ; éd. A.-D. Perrero, p. 351.

Louis XV offrait au roi de Sardaigne ? Sartirane expose à son maître les motifs du parti auquel il s'arrêta :

« Attendu les propositions que M. Rouillé est venu chez moi me communiquer de la part du Roi Très Chrétien, lesquelles m'ont paru de nature à pouvoir être agréées de Votre Majesté, j'ai pris sur moi de différer l'exécution des ordres qu'EUe m'a donnés concernant mon départ, jusqu'à ce que je reçoive des ordres ultérieurs relatifs auxdites propositions que cette Cour (de France) aura faites à Votre Majesté par M. de Chauvelin. En attendant, dans la situation embarrassante dans laquelle je me suis trouvé, j'ai pris le parti qui m'a paru le plus convenable aux circonstances, qui a été de participer par un billet confidentiel écrit de ma main, et signé, à M. Rouillé, les ordres que je venais de recevoir et la détermination où j'étais de prendre sur moi de suspendre l'exécution desdits ordres. J'ose me flatter que Votre Majesté daignera approuver ma conduite dans une situation des plus critiques où jamais je pusse me trouver1. »

Avec angoisse, Sartirane attendit à Paris les ordres « ultérieurs », dans la pensée que la nouvelle de l'ambassade extraordinaire déterminerait la Cour de Turin à lui faire suspendre son départ ; mais aucune instruction en ce sens ne lui parvenait. A Turin, on croyait évidemment qu'il avait quitté son poste pour prendre le chemin de l'Italie. Enfin, le 23 juin, à Versailles, le ministre des affaires étrangères l'informait dans son cabinet qu'il apprenait par une dépêche de Chauvelin que, nonobstant l'offre de l'ambassade extraordinaire, son rappel était maintenu. Il ne lui restait plus qu'à corder ses malles. Le 24 juin, Sartirane se mettait en route pour l'Italie a. « Ce départ, écrit le duc de

1. Sartirane à Charles-Emmanuel III, 16 juin 1755. A.-D. Perrero,p. 352.

2. Rouillé à Sartirane, 24juin 4755. A. A. B., ms. Turin 224. f. 505.

Luynes, fait une grande nouvelle1. » Les courtisans croyaient à une rupture définitive ; seule, la Gazette de France relata tranquillement, parmi les parades et les cérémonies de Cour, le « voyage » de M. de SartiraneV

Page 1