‹ MandrinChapitre 223 sur 266 · Chauvelin à Rouillé, 28 juin 1755. Ibid., t · texte numérisé non relu

Chauvelin à Rouillé, 28 juin 1755. Ibid., t

en sorte qu'il était déjà sur territoire sarde, quand il fut touché par le message qui lui avait été dépêché1.

« M. le chevalier Ossorio me marqua, écrit Chauvelin, que le courrier avait trouvé M. le comte de Sartirane à Suze, où il s'était arrêté ; que, quoique cet ambassadeur lui marquait une grande impatience de le voir, cependant je pouvais être assuré qu'il ne viendrait point à Turin, que, quelque importantes que pussent être les choses qu'il avait à dire, le roi son maître trouvait encore moins essentiel de les entendre, que de marquer ses égards au Roi (de France) en arrêtant M. le comte de Sartirane dans le lieu même où le courrier avait pu le joindre, que cette démarche serait connue de toute l'Europe et que Ton jugerait par là que, le rappel de cet ambassadeur ayant précédé l'offre d'une satisfaction convenable que j'avais faite, le roi de Sardaigne, sur la simple proposition, avait suspendu, autant qu'il était en lui, l'exécution de toutes les mesures qui dénotaient sa sensibilité2. »

Il restait à régler une grave question : la punition des officiers impliqués dans l'expédition du H mai. Ossorio allait jusqu'à insinuer que La Morlière devait être remis entre les mains du roi de Sardaigne8. Mais la Cour de France n'admet même plus que cette question soit soulevée. On s'en remettra sur ce point, purement et simplement, à l'équité de Louis XV. Comme nul ne doutait à Turin que le gouvernement français n'eût ordonné l'attentat, on savait que cette équité consisterait à en récompenser les auteurs. Enfin, le 29 juin, Rouillé envoie au chevalier de Chauvelin des instructions, où la France prend décidément la place que la

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