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A.-D. Perrero, p

2. Chauvelin à Rouillé, 9 juil. 1755. A.A.E., ms. Turin 225, f. 9-13.

3. Le même au même, 18 juin 1755. A. A. E.t ms. Turin 224, f. 475.

faute commise par Sartirane et la prépondérance de sa puissance matérielle finissaient par lui restituer :

« Que si, dans l'espace de trois jours, lui écrivait-il en substance, vous n'êtes pas officiellement réintégré dans le rang que vous devez occuper auprès du roi de Sardaigne, vous quitterez à votre tour la Cour de Turin, sans prendre congé1. j>

Chauvelin reçut cette dépêche le 4 juilllet, au matin. Dès onze heures, il était dans le cabinet du ministre des affaires étrangères sarde. Il lui transmit les exigences de la Cour de France, et lui laissa, pour y satisfaire, le délai de trois jours qui était indiqué. Chauvelin prenait un air décidé et résolu. Que si la réponse qu'il attendait n'était pas nette, précise, immédiate, il partirait dans le délai fixé, sans laisser aucun espoir de renouer les relations amicales entre les deux Cours.

<( Je causai à M. le chevalier Ossorio le plus grand embarras, note Chauvelin, et les réflexions les plus sombres ». Le ministre sarde revint sur les conditions dans lesquelles s'était effectué le départ de Sartirane, sur le courrier qui lui avait été dépêché pour l'arrêter à Lyon s'il en avait été temps encore; il ajoutait que le roi de Sardaigne avait le désir le plus vif de maintenir l'union entre les deux couronnes, mais qu'il était difficile de faire ainsi brusquement des démarches aussi a authentiques ». « La prudence mettait quelquefois des bornes aux sentiments... »

« Ce fut alors, dit Chauvelin, — c'est lui-même qui parle — que je crus devoir déployer toute la force et toute la dignité dont un ambassadeur du Roi peut s'armer quand il exige, en son nom, des choses décentes et raisonnables. Je

i. Rouillé à Chauvelin, 29 juin 1755. A. A. £., ms. Turin 224, f. 518.

représentai sans détour et sans ménagement les conséquences fatales que le roi de Sardaigne devait envisager s'il s'aliénait le Roi dans cette occasion, j'entrai dans les détails les plus intérieurs de sa politique, j'allai jusqu'à lui dire que le roi de Sardaigne, sans l'amitié du Roi (de France) était à la merci des puissances les plus intéressées à le ménager. . . » Bref, c'était à présent au roi de Sardaigne qu'il appartenait de donner à son neveu, le roi de France, des preuves de son bon vouloir1.

Le 5 juillet, Ossorio mandait à Sartirane, toujours retenu à Suze, que, toutes les difficultés étant enfin aplanies, il pouvait revenir pour quelques jours à Turin, d'où il repartirait ensuite pour rejoindre son poste à la Cour de France *.

Ce même jour Chauvelin reparaissait à la Cour de Sardaigne \ Le 23 juillet Sartirane reprenait la chaise de poste pour Paris4.

Au moment où il allait falloir exécuter la clause la plus pénible à la Cour de France, l'envoi d'une ambassade d'excuses à Charles-Emmanuel III, humiliation publique aux jeux de toute l'Europe, les ministres de Louis XV éprouvèrent le besoin de rédiger une circulaire pour les divers représentants français à l'étranger, où les faits devaient être exposés par eux sous le jour le moins défavorable.

Cette note, due sans doute à l'abbé Delaville, contient la vieille histoire de l'invasion spontanée des employés des Fermes générales « sans l'aveu de leurs supérieurs », indignés qu'ils étaient de tant d'excès qu'ils avaient eu à supporter de la part des contrebandiers. Quant à l'ambassade

1. Chauvelin à Rouillé, 6juil. 1755. A. A. B., ms. Turin 2*5, f. 15-26.

2. Ossorio à 6artirane. 5 juil. 1755, Turin ; éd. Perrero, p. 360-61.

3. Chauvelin à Rouillé, 6 juil. 1755. A. A. B., ms. Turin 225, f. 15-26.

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