Chauvelin à Rouillé. A. A. E., ms. Turin 225, f
3. Rouillé à Chauvelin, 4 août 1755. A. A. E.t ms. Turin 225, f. 110.
4. Sartirane a Ossorio, 1" août 1755, Paris.éd. À.-D. Perrero, p. 362.
Roi Très Chrétien, qui en fait déjà assez en envoyant faire [des excuses] de sa part1. »
Enfin la Cour étant à Compiègne, le choix du roi y fut déclaré, le 4 août : il tombait sur le comte Philippe de Noailles, fils du maréchal de ce nom et lui-même soldat de carrière. Il était, depuis 1748, lieutenant général des armées du roi. D'ailleurs tout chamarré de cordons, de titres et de rubans, grand d'Espagne de la première classe, chevalier de la Toison d'Or, bailli et grand'croix de l'Ordre Saint-Jean de Jérusalem, gouverneur des ville et château de Versailles, « etc., etc. », comme nous disons aujourd'hui. Ce qui devait toucher plus particulièrement le roi de Sardaigne, c'était que le comte de Noailles était le fils du maréchal qui avait combattu avec Charles-Emmanuel en 1735 contre l'Autriche, en Lorabardie. Bien que chargé d'honneurs, le comte de Noailles n'avait pas encore passé quarante ans.
Le 12 août au matin, à Turin, Chauvelin put en communiquer la nouvelle au chevalier Ossorio*.
« Malgré toutes mes représentations, écrit le cardinal de Bernis, représentations qui furent fort vives, tant auprès des ministres que dans mes conversations avec Mme de Pompadour, le Conseil (du roi) opina pour une ambassade extraordinaire et le maréchal de Noailles ne dédaigna pas de solliciter cette commission humiliante pour son fils. On peut dire que, en cette occasion, le Conseil du roi n'a guère eu d'attention pour sa gloire (au roi) et pour celle de la France. Cet État a essuyé de grands revers ; mais jamais il n'avait fait de bassesses. Aussi le maréchal de Belle-Isle, qui parlait quelquefois comme un preux chevalier, disait-il en frappant du pied, qu'il avait honte