Lettre de Sartirane, publ. par A.-D. Perrero, p
2. Chauvelin a Rouillé, 43 août 1755. A. A. E., ms. Turin 225, f. 146.
d'être Français et que jamais, depuis Hugues Capet, la couronne de France n'avait essuyé pareil outrage f. »
Le comte de Noailles lui-même en arrive à parler du « déchaînement de la Cour et de la Ville » sur sa « commission » et sur sa « personne * ». Aussi demande-t-il d'être mis à couvert par un texte très précis des paroles qu'il aura à prononcer. Il demande que ce discours soit court, « à cause de la timidité dont il est quand il faut parler en public et, de plus, son état de militaire le dispensant des fleurs de rhétorique*. »
L'ambassade devra d'ailleurs avoir aussi peu d'éclat que possible. La Cour de France eût désiré que ce fût presque une ambassade de famille. Elle était une marque de « complaisance » du roi de France pour son bon oncle de Sarcla igné. Le comte de Noailles verrait toute la famille de Charles-Emmanuel III, le duc et la duchesse de Savoie, le duc de Chablais, Benoît-Marie-Maurice, qui avait quatorze ans, et Mesdames de Savoie, pour lesquelles leur cousin, le roi de France, avait une tendresse particulière ; puis il irait à Parme dire à l'Infant et à l'Infante les compliments du roi leur beau-père et père, leur donner des nouvelles de sa santé et les rassurer tous deux sur les hostilités commencées par l'Angleterre4. Bref, il fallait que, parmi ces effusions familiales, le reste se fît le moins « ostensiblement » possible.
Pour les frais du voyage et pour la suite qu'il emmenait, la Cour de France mettait à la disposition du comte de Noailles une somme de 36.000 livres.