Chauvelinà Rouillé, lOsept. 1755, Turin. Ibid., f
pointilleux des termes qui, d'ailleurs, étaient aussi énergiques que flatteurs et mesurés ». Il suffira, répondit Ossorio, que le discours ne soit pas rendu public, ce Ce sera facile, dit Noailles, car, n'en ayant donné copie qu'à lui (Ossorio) et à M. le chevalier de Chauvelin, il n'y aura qu'à ne pas le donner à la Gazette. »
La Cour de France avait le tort de ne pas comprendre que l'humiliation, à laquelle Louis XV s'était vu réduit, était dans le fait même d'envoyer une ambassade extraordinaire, pour faire des excuses à un ce roitelet », comme on disait à Versailles ; cette démarche consentie, le roi de France n'eût fait que se grandir en exprimant ses regrets franchement et ouvertement.
Le chevalier de Chauvelin mit le sceau à ces maladresses en laissant publier dans la Gazette de Berne du 10 septembre 1755, un texte du discours et qu'il avait altéré 1. « Pas de zèle», diraTalleyrand.
Cette fois Charles-Emmanuel en fut froissé au point qu'il en écrivit de sa propre main à son ambassadeur en France :
« M. de Chauvelin a donné ces jours derniers une petite tracasserie, en communiquant mal à propos, et d'une manière tronquée, le discours que le comte de Noailles nous a tenu dans l'audience. Ledit comte n'y est entré pour rien et nous lui rendons la justice d'avouer qu'il en a ressenti upe véritable peine... Nous les avons fait assurer (Noailles et Chauvelin) que nous voulions bien regarder cette affaire comme non arrivée*. » Cependant la Cour de Sardaigne crut devoir informer de l'incident ses représentants auprès des diverses Cours de l'Europe, en les mettant en garde contre les textes qui pourraient être mis en circulation par les représentants
1. Rouillé à Chauvelin, 14 oct. 1755. A. A. E., ms. Turin 225, f. 333.